Pour un cèdre brûlé

Posted on 23 novembre 2006

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Il y a un peu de silence dans les mains,
le cri d’une vague, désespérée, qui crève,
et des fleurs noires à la paupière,
ou bien la haine –
un mot qui pleure
et le chien qui regarde l’ombre
devant la porte grande ouverte –
C’est un chien muet!

Passer ses doigts sur la cloison,
il tombe une pluie de nuages
ou le brouillard qui te caresse
d’un œil à l’autre, dessous l’oreille.
C’est un brouillard de l’intérieur,
il mouille un horizon fermé,
celui du chien et de la puce
à jamais pouvoir se défaire.

La caresse!
Ce n’est que celle que tu te donnes,
la main à trembler sur le ventre
et le nez qui pique.

Ailleurs, un enfant meurt et son sang pisse
sur les yeux vides de la nuit…
Elle tire les couvertures et s’endort…
La misère ne lui sert pas de lit…
Elle aussi s’efface peu à peu, et ne reste que le cadavre…

Drôle de bouffonnerie!

Le chien refuse de hurler, il ne sait plus –
et des ombres passent,
avec leurs fusils à paroles, chargés à blanc.

Ailleurs,
un enfant crie sur un jeu d’os,
entre la balle et le fusil,
et reste là, bras ballants,
entre des murs troués d’horreur
et l’œil blanc de la mitrailleuse.

Il doit y avoir un port au loin.
Mais on n’entend plus la sirène des bateaux!
Juste la vague,
et des fleurs noires à la paupière.

Au loin, il doit y avoir une plage,
elle sent l’odeur du poisson frit
et de la terre brûlée –
et la main juste sous l’oreille
à dessiner le bruit de l’eau…
ou bien la haine…

Il pleuvait une pluie de cendres.
Le chien a refermé la porte.

C’est un chien muet!



……………… Pour un cèdre brûlé

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