En guise de manifeste

Posted on 20 mars 2009

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En guise de manifeste, Brel, Brassens et Férré, parlant de l’anarchie, et une version des Anarchistes de Férré en italien. Sur des images volées au Père Lachaise.


Le texte de Léo en Français :

Y’en a pas un sur cent et pourtant ils existent. La plupart Espagnols allez savoir pourquoi.

Faut croire qu’en Espagne on ne les comprend pas. Les anarchistes…

Ils ont tout ramassé. Des beignes et des pavés. Ils ont gueulé si fort, qu’ils peuv’nt gueuler encore.

Ils ont le cœur devant. Et leurs rêves au mitan. Et puis l’âme toute rongée. Par des foutues idées…

Y’en a pas un sur cent et pourtant ils existent…

La plupart fils de rien ou bien fils de si peu. Qu’on ne les voit jamais que lorsqu’on a peur d’eux..

Les anarchistes..

Ils sont morts cent dix fois. Pour que dalle et pour quoi ?

Avec l’amour au poing. Sur la table ou sur rien. Avec l’air entêté qui fait le sang versé.

Ils ont frappé si fort, qu’ils peuvent frapper encore…

Y’en a pas un sur cent et pourtant ils existent…

Et s’il faut commencer par les coups d’pied au cul, faudrait pas oublier qu’ça descend dans la rue…

Les anarchistes…

Ils ont un drapeau noir, en berne sur l’Espoir, et la mélancolie pour traîner dans la vie.

Des couteaux pour trancher le pain de l’Amitié, et des armes rouillées pour ne pas oublier

qu’y’en a pas un sur cent et pourtant ils existent…

Et qu’ils se tiennent bien, bras dessus bras dessous…Joyeux…

et c’est pour ça qu’ils sont toujours debout…

Les anarchistes……


Ceci en regard de ce qui s’est récemment passé en Guadeloupe où, malheureusement, même si la révolte avait abouti, rien n’aurait changé !
C’est le système capitaliste dans son ensemble qu’il faut détruire…


Malheureusement, pour avoir tenu des propos bien en deça des miens, on menace de prison le leader du LKP ou du LPK – j’imite un moustachu de gauche shooté au kérozène OGM…
En paralysant l’île pendant plus d’un mois, les guadeloupéens se sont donnés les moyens d’une révolution. Et à ce titre, bravo !


Mais merde ! Tout cela pour se résigner au gain d’une poignée d’Euros, et trois petits tours, et l’on recommence… …Et le système de rester bien en place tel, qu’avant – comme en pléonasment de jubilation les journalistes et le MEDEF…On comprend pourquoi un certain président S. a fait silence pendant toute la crise. Au final comme ils disent : « Circulez, il n’y a rien à voir ! »

Je dis merde encore et le manifeste !
Pour changer un tant soit peu les choses, il faut bel et bien foutre les becquets – et tout ce qu’ils représentent – à la flotte, et souhaiter très fort que les requins soient affamés…


Et pour n’en pas totalement finir avec la néantisation de la pensée : une certaine « Ligue Communiste Révolutionnaire » s’autoréforme en « Nouveau Parti Anticapitaliste ».

Comme si le label rouge ne payait plus ! Pourtant on le décerne encore à des poulets.Passons sur la suppression du mot ligue dont les relents cagoulards fleurent mauvais.
Mais de remplacer communiste et révolutionnaire par nouveaupartianticapitaliste (et j’amalgame tellement c’est con) revient à dire suivez-moi parce que j’suis plus à gauche que la gauche… mais j’ai rien à dire… sauf que j’suis anti…

Par écrit, malheureusement, cela ne traduit pas l’accent de vérité du facteur. Peu importe, cela n’a aucun sens. S’il avait été témoin d’une telle néantisation, je pense que tonton Marx se serait rallié, par mépris ou par dérision, à notre nouveau petit père du peuple français, Monsieur le futur Maréchal Sarkotruc – qui doit bien se marrer aussi, d’ailleurs.Personnellement, j’en pisse de rire.

Lorsque l’on a été communiste « pour de vrai » pendant cinq minutes, on le reste et le restera durant toute sa vie. Même lorsque, n’ayant plus aucune illusion, l’on se revendique de l’anarchie.

Malheureusement, mais c’est un fait, le communisme – le vrai – s’apparente à une religion, et à ce titre à une drogue. Si l’on peut devenir abstinent, l’on n’en sort jamais !Je m’adresse donc pour finir à ces messieurs du NPchose : avez-vous été communistes ? ou simplement tété du communisme comme d’un roudoudou ou d’une fraise à deux sous ?

Décidément, le capitalisme a encore de beaux jours devant lui !

Messieurs les présidents, avec de tels opposants, vous pouvez sans soucis continuer à sponsoriser nos banques.
P.S. J’ai écrit « nos » banques. Désolé, je me suis trompé de lunettes. Il fallait lire « vos » banques.

Mais pour ne pas finir avec une note que l’on qualifierait de pessimiste : It’s wondefull et Paolo Conte.

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Et une autre note d’optimisme, avec Prévert :
À la pêche à la baleine, à la pêche à la baleine,
Disait le père d’une voix courroucée
À son fils Prosper, sous l’armoire allongé,
À la pêche à la baleine, à la pêche à la baleine,
Tu ne veux pas aller,
Et pourquoi donc?
Et pourquoi donc que j’irais pêcher une bête
Qui ne m’a rien fait, papa,
Va la pêpé, va la pêcher toi-même,
Puisque ça te plaît,
J’aime mieux rester à la maison avec ma pauvre mère
Et le cousin Gaston.
Alors dans sa baleinière le père tout seul s’en est allé
Sur la mer démontée…
Voilà le père sur la mer,
Voilà le fils à la maison,
Voilà la baleine en colère,
Et voilà le cousin Gaston qui renverse la soupière,
La soupière au bouillon.La mer était mauvaise,
La soupe était bonne.
Et voilà sur sa chaise Prosper qui se désole :
À la pêche à la baleine, je ne suis pas allé,
Et pourquoi donc que j’y ai pas été?
Peut-être qu’on l’aurait attrapée,
Alors j’aurais pu en manger.Mais voilà la porte qui s’ouvre, et ruisselant d’eau
Le père apparaît hors d’haleine,
Tenant la baleine sur son dos.
Il jette l’animal sur la table,
une belle baleine aux yeux bleus,
Une bête comme on en voit peu,
Et dit d’une voix lamentable :
Dépêchez-vous de la dépecer,
J’ai faim, j’ai soif, je veux manger.Mais voilà Prosper qui se lève,
Regardant son père dans le blanc des yeux,
Dans le blanc des yeux bleus de son père,
Bleus comme ceux de la baleine aux yeux bleus :
Et pourquoi donc je dépècerais une pauvre bête qui m’a rien fait?
Tant pis, j’abandonne ma part.
Puis il jette le couteau par terre,
Mais la baleine s’en empare, et se précipitant sur le père
Elle le transperce de père en part.Ah, ah, dit le cousin Gaston,
On me rappelle la chasse, la chasse aux papillons.Et voilà
Voilà Prosper qui prépare les faire-part,
La mère qui prend le deuil de son pauvre mari
Et la baleine, la larme à l’oeil contemplant le foyer détruit.
Soudain elle s’écrie :
Et pourquoi donc j’ai tué ce pauvre imbécile,
Maintenant les autres vont me pourchasser en moto-godille
Et puis ils vont exterminer toute ma petite famille.
Alors éclatant d’un rire inquiétant,
Elle se dirige vers la porte et dit
À la veuve en passant :
Madame, si quelqu’un vient me demander,
Soyez aimable et répondez :
La baleine est sortie,
Asseyez-vous,
Attendez là,
Dans une quinzaine d’années, sans doute elle reviendra…

C’est pas joli un Béluga !



ou une autre version du final,nettement moins optimiste, par Boris Vian


Et pour finir, Noir Désir chante Des Armes, de Léo férré

………………………

Et à nouveau Léo férré

………………………

Sans autre commentaire !

Merde alors !

………………………

Sans commentaire non plus !

Chercher l’erreur … Il n’y en a pas !… Mais en cherchant bien… Il manque le président d’honneur.

Dis l’honneur, c’est pour quand la révolution !

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