Quelques spécimens…

Posted on 22 mars 2009

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Quelques spécimens de l’humanité des XX et XXIème siecle…

On reconnaîtra peut être l’empereur Bokassa 1er,
Bush père et fils,
Ahmadinejad, tristement célèbre depuis quelques jours,
un vieillard décapotant l’Afrique et sénilisant le christianisme,
la bête humaine et son presque alter-égo Khomeini,
le petit père du peuple – sans autre commentaire,
Pinochet, en triste clone de Franco,
Poutine, l’ami intime de la Tchétchénie et de l’Ukraine,
Pol Pot, un autre petit père du peuple, et son grand frère Mao,
et leur sinistre de l’aviation civile.

Bref, une toute petite partie de « l’élite » qui a fait des XX et XXIèmes siècles les plus sauvages de toute l’histoire humaine.

Si quelqu’un a le temps, il serait bon de compter le nombre de morts dont chacun d’entre eux fut ou est la cause…

Et cette liste est bien incomplète ! Elle montre simplement que la sauvagerie n’omet aucun continent.

J’ai délibérément oublié Monsieur Le Pen. Mais lui, c’est plutôt de par le nombre de morts à nier qu’il se caractérise.

P.S. On peut agrandir l’image et s’en servir comme jeu de fléchettes.
Quant au pape, vu ses appels aux négationnistes, il se rangerait plutôt dans la catégorie des Le Pen, mais son appel à l’abstinence de capotes le range dans celle des tueurs en puissance…

J’ajoute quelques autres petits spécimens, dont certains encore bien vivants…

Après avoir soutenu en 1966 le coup d’état de Milton Obote dont il deviendra chef d’état-major avant d’être déchu, Idi Amin Dada reverse celui-ci et prend le pouvoir en Ouganda le 25 janvier 1971, avec, dit-on parfois, le soutien des Etats-Unis et d’Israël.
Il crée le State Research Bureau, variante ougandaise des escadrons de la mort, destiné d’abord à éliminer les partisans d’Obote, puis tous les opposants au régime.
Milton Obote ayant tenté de reconquérir le pays depuis la Tanzanie en 1972, Amin Dada fait bombarder la Tanzanie et organise des purges systématiques ainsi qu’une épuration ethnique à l’encontre, principalement, des Acholis et des Lango.
Le Nile Mansions Hotel à Kampala devient le sinistre centre d’interrogatoire et de torture du dictateur.

En août 1972, Amin donne aux 50 000 Indo-pakistanais présents en Ouganda un délai de 90 jours pour quitter le pays, suivant ainsi un rêve qu’il dit avoir eu, et dans lequel Dieu lui aurait ordonné de les expulser. Ceux qui restèrent furent déportés des villes vers les campagnes.

Le régime se militarise à outrance. L’armée absorbe tout le budget du pays. Les tribunaux militaires, à la justice expéditive, remplacent les tribunaux civils. Tous les postes du gouvernement et de l’administration sont occupés par des militaires, le parlement est dissout et la haute administration est soumise à la discipline militaire.
En 1975, Idi Amin Dada s’autoproclame maréchal, puis président à vie…
La même année, se tient à Kampala le sommet de l’Organisation de l’unité africaine, dont Amin Dada prend la présidence !

Des 1973, les Etats-Unis ferment leur ambassade à Kampala, suivis, en 1976, par le Royaume-Uni.

Le 27 juin 1976, un Airbus d’Air France reliant Tel Aviv à Paris, est détourné vers la Lybie, puis se pose sur l’aéroport international ougandais d’Entebbe. Feignant de jouer les médiateurs, Amin Dada est en fait le soutien des preneurs d’otages. Le 3 juillet à minuit des commandos israéliens attaquent l’aéroport, libèrent la plupart des otages, et en profitent pour détruire au sol 11 Mig de l’aviation militaire ougandaise.

A partir de 1977, Radio Ouganda diffusera, avant ses messages l’intégralité de son nouveau titre : «Son Excellence le Président à vie, Maréchal Alhaji Docteur Idi Amin Dada, titulaire de la Victoria Cross, DSO, titulaire de la Military Cross et Conquérant de l’Empire britannique».

En 1978, il ordonne l’invasion de la Tanzanie, qui déclare alors la guerre à l’Ouganda.
Le 11 avril 1979, Amin Dada est forcé de fuir Kampala et s’exile en Lybie, puis en Arabie saoudite, où il mourra tranquillement en août 2003.

Son régime aurait fait entre 100 000 et 500 000 victimes, la plupart des observateurs s’accordant aujourd’hui sur un chiffre voisin de 300 000. Il a laissé un pays en ruines : une inflation de plus de 200%, une dette de 320 millions de dollars, une agriculture abandonnée, des usines fermées et une corruption généralisée.

Voir le film de Barbet Schroeder, Général Idi Amin Dada : Autoportrait, de 1974.

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Après la fuite d’Amin Dada, Milton Obote revient au pouvoir. Des élections générales truquées le légitimisent dans un gouvernement au comportement peu éloigné de celui de son prédécesseur. Mais l’Ouganda est en proie à des guérillas qui feront entre 200 et 300000 morts dans un pays déjà exsangue, avec au nord, des milices fidèles à Amin Dada, au sud, la National Resistance Army, dirigée par Yoweri Museveni. Obote sera renversé en 1985 par le général Itto Okello et le brigadier Olara Okelo, eux mêmes renversés en 1986 par Yoweri Museveni.

A ce jour Yoweri Museveni est toujours au pouvoir. Il se fait élire président 1996 avec 74% des voix, en tant que candidat unique. Il sera réélu lors d’élection multipartites en 2001 avec 69,3% des suffrages, puis en 2006 avec 59,3%.

Monsieur Museveni, s’il a su ramener un semblant de paix en Ouganda, s’est ingéré plus ou moins ouvertement dans la plupart des guerres qui ont depuis ravagé l’Afrique ; en particulier au Zaire (redevenu République Démocratique du Congo), riche en mines d’or et de diamant !

De nouvelles élections sont prévues en 2011 !

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Pour élargir un peu le sujet, je cite deux rapports de Human Rights Watch :

Environ 300 000 enfants de moins de dix-huit ans servent actuellement dans des conflits armés touchant approximativement 40 pays dans le monde. Les pays les plus affectés sont l’Angola, la Birmanie, la Colombie, la République Démocratique du Congo, la Sierra Leone, le Sri Lanka et l’Afghanistan. Dans ce dernier pays, des rapports récents évoquent le recrutement et l’utilisation d’enfants comme soldats tant par les talibans que par les forces de l’Alliance du Nord.
« En Colombie, des paramilitaires soutenus par le gouvernement recrutent des enfants de huit ans, » a déclaré Becker. « En République Démocratique du Congo, des enfants sans armes ont été envoyés à l’avant de troupes plus âgées pour essuyer le feu de l’ennemi. Au Sri Lanka, des enfants ont été envoyés dans des missions suicides. Au nord de l’Ouganda, des gamins sont contraints à frapper à mort d’autres enfants qui essaient de s’échapper.

HRW 12 novembre 2001

En novembre 2007 avait lieu à Kampala, capitale ougandaise, la rencontre des chefs de gouvernement du Commonwelth, avec pour thème : « transformer les sociétés du Commonwealth pour assurer un développement politique, économique et humain ».
Le respect de l’Etat de droit en Ouganda impose l’arrêt de l’intimidation des tribunaux civils. En mars, les forces armées de sécurité ont pris d’assaut le bâtiment de la Haute Cour à Kampala pour empêcher la libération des co-accusés du Dr. Kizza Besigye, dirigeant du parti d’opposition Forum démocratique pour le changement. Ces co-accusés avaient été libérés sous caution après 15 mois de détention. C’était la deuxième fois que les forces de sécurité sabotaient la procédure judiciaire dans cette affaire.
Le gouvernement ougandais doit aussi garantir que des poursuites sont engagées contre les crimes les plus graves commis durant le conflit qui s’est déroulé dans le nord-est de l’Ouganda, et exiger que ses soldats rendent des comptes pour les violations des droits humains perpétrées l’année dernière pendant les opérations menées dans la région de Karamoja.

HRW 21 novembre 2007

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Ahmed Sékou Touré, président-dictateur de la République de Guinée depuis son indépendance en 1958 jusqu’à sa mort en 1984.
Oscillant entre le maoïsme et le soviétisme, il fit éliminer des milliers de guinéens, en particulier dans le camp de concentration de Boiro Mamadou.

En 1961, il a reçu le prix Lénine pour la paix, la même année que Fidel Castro.

A lire : Un prêtre dans les geôles de Sékou Touré, de Mgr Raymond Marie Tchidimbo, ancien archevêque de Conakry

Une semaine après sa mort, une junte militaire portera au pouvoir Lansana Conté qui régnera sans partage sur la Guinée jusqu’à sa mort en décembre 2008. Lansana Conté se fera élire président en 1993, puis réélire en 1998 et 2003 lors d’élections largement truqués.

Le lendemain de sa mort, la junte militaire portera au pouvoir Moussa Dadis Camara qui s’auto-proclamera président de la République tout en promettant d’organiser des élections libres et transparentes ! Tout un programme !

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Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu wa Za Banga, second président de la République démocratique du Congo de 1965 à sa chute en 1997, quelques mois avant sa mort.
En 1960, il avait fait éliminer Patrice Lumumba et en novembre 1965, acclamé par les puissances occidentales et les Etats-Unis, il renverse Joseph Kasa-Vubu, premier président du Congo.

En 1969, il fait écraser dans le sang une révolte estudiantine dont les cadavres seront jetés dans les fosses communes.
En 1971, « l’année des 3 Z », il renomme à la fois le pays, le fleuve et la monnaie du nom de Zaire, impose un costume traditionnel, crée une version zaïroise du costume occidental : « l’abacost » (à bas le costume), et oblige les Zaïrois à choisir un nom d’origine africaine, ce qu’il fait lui-même d’ailleurs, en se nommant Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu Wa Zabanga, c’est-à-dire «Mobutu le guerrier qui va de victoire en victoire sans que personne ne puisse l’arrêter».
En 1982, il devient maréchal-président.

Après 25 ans de parti unique, il sera contraint en 1990 d’autoriser le mulipartisme et en 1994, à partager le pouvoir avec le président du parlement.

Renversé en 1997 par Laurent-Désiré Kabila, il laisse un pays économiquement exsangue, avec une dette publique de 13 milliards, en conflit avec de nombreux pays voisins, et en pleine guerre civile.
A sa mort, sa fortune personnelle a été estimée entre 5 et 6 milliards de dollars.

Laurent-Désiré Kabila se proclamera Président et gommera toute référence au Zaire.
Assassiné le 16 janvier 2001, il sera remplacé à la tête de la République démocratique du Congo par son fils, Joseph Kabila.

Joseph Kabila remportera les élections présidentielles d’octobre 2006 avec 58% des voix, contre 42% à son adversaire, Jean-Pierre Bemba, jusqu’alors vice-président.

Rappelons que le Congo a hérité non seulement des réfugiés du génocide rwandais qui a coûté la vie à 800000 personnes en 1994, mais aussi d’une bonne partie des barbares qui en furent la cause. Le nord et l’est du pays sont ravagés par des massacres systématiques perpétrés autant par les « rebelles » rwandais du FDLR (Forces Démocratiques de Libération du Rwanda, Hutu), les « rebelles » ougandais du LRA (Lord’s Resistance Army) de Joseph Kony, les « rebelles » congolais du Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP, Tutsi) de Laurent Nkunda et Bosco Ntaganda, que par les troupes régulières congolaises, encadrées théoriquement par les forces de l’O.N.U., rwandaises ou ougandaises qui tentent d’y éradiquer leurs « rebelles ».
En décembre 2008 le Congo et le Rwanda, ont uni leurs forces pour traquer les « rebelles » du FDLR, qui courent encore, mais Laurent Nkunda a été arrêté en janvier 2009 et le CNDP, pris en main par Bosco Ntaganda, a annoncé la fin de la guerre ! En décembre 2008, les militaires soudanais, congolais et ougandais avaient lancé une opération conjointe contre les « rebelles » ougandais de la LRA.

Selon l’organisation humanitaire américaine International Rescue Committee, (IRC), cette guerre « civile » a causé, directement ou indirectement, près de 4 millions de morts, ce qui en fait le conflit le plus meurtrier depuis la seconde guerre mondiale. (L’Express du 11/2/2009)
Selon les Nations Unies, environ 250 000 personnes ont fui leurs maisons dans l’est du Congo depuis le mois de janvier 2009, venant s’ajouter aux centaines de milliers d’autres qui ont fui les précédentes vagues de violence.

Le « génocide rwandais », qui s’était en principe terminé en juillet 1994, semble encore loin d’être achevé.

Une étrange réhabilitation !

Selon HRW, après qu’avoir déclaré la fin de la guerre contre l’état, Bosco Ntaganda, surnommé Terminator, a été promu au grade de général dans l’armée congolaise en janvier 2009 alors qu’il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crime de guerre, à savoir l’enrôlement d’enfants soldats et leur utilisation dans le cadre d’hostilités. Outre les chefs d’accusation prononcés par la CPI, Ntaganda a été accusé d’avoir commandé les troupes qui ont massacré 150 civils à Kiwanja, dans la province du Nord-Kivu, en novembre 2008.
On peut aussi lire sur Afric.com : l’ex-rebelle Bosco Ntaganda travaillerait avec les forces de l’ONU
Selon le correspondant de la BBC en République démocratique du Congo (RDC), Thomas Fessy, le général Bosco Ntaganda alias « Terminator », ex-rebelle du Congrès national pour la défense du peuple (CND) et bras droit de Laurent Nkunda, prendrait part à la chaîne de commandement de la Mission de l’Organisation des Nations Unies en RDC (MONUC). Le correspondant de la BBC aurait vu un document interne de l’armée congolaise, daté du 4 avril 2009, rapportant cette information. Or Bosco Ntaganda est sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crime de guerre. Il aurait enrôlé des enfants dans les rangs du CNDP en 2002-2003. (Mercredi 29 Avril – 12:31)

Le CNDP a un site internet, avec pour devise « Notre vision est de restaurer la dignité du Congo et des congolais! (http://www.cndp-congo.org/)

Les FDLR ont également un site internet : (http://www.fdlr.org/)
Les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda -FDLR- sont les Rwandais décidés à défendre leur Patrie et le peuple menacé d’extermination par un régime tyrannique, oligarchique, impopulaire, sanguinaire, usurpateur et belliciste du FPR qui se maintient par le mensonge et la terreur.La création des FDLR est une réponse du Peuple Rwandais au mépris, à l’arrogance, à la répression impitoyable et sanguinaire et au fascisme que le FPR-Inkotanyi a préféré opposer à diverses initiatives faites en vue d’un dialogue politique, l’ouverture démocratique et le respect des droits fondamentaux de la personne humaine au Rwanda. Les FDLR constituent une Organisation politico-militaire de libération du Rwanda qui se veut être pour les opprimés et les exclus, l’espoir d’une nouvelle ère de la paix et de reprise en main, par le peuple rwandais de son avenir meilleur.

Sur le site des FDLR, on trouve un démenti catégorique des accusations portées par HRW concernant les exactions qui leur sont reprochées, j’en cite juste un extrait : « Les FDLR informent le public que leurs membres sont très disciplinés et ont et continuent à entretenir de bonnes relations avec les populations civiles qu’elles ont toujours protégées et ce depuis la création de notre organisation en Mai 2000. « 

Pour une chornologie détaillée des conflits en R.D.C., voir l’Express
(http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/chronologie-1882-2007_496063.html)

Et à propos de la situation actuelle au Congo R.D.C., voir les articles de Human Rights Watch :
du 23 avril 2009 : RD Congo : Des enfants brûlés vifs par des milices hutues rwandaises
(http://www.hrw.org/en/news/2009/04/23/rd-congo-des-enfants-br-l-s-vifs-par-des-milices-hutues-rwandaises)
du 8 avril 2009 : RD Congo : Des viols brutaux sont commis par des rebelles et des soldats
Plus de 180 civils ont été tués, pour la plupart par des rebelles rwandais.
(http://www.hrw.org/en/news/2009/04/08/rd-congo-des-viols-brutaux-sont-commis-par-des-rebelles-et-des-soldats)
du 13 février 2009 RD Congo : Plus de 100 civils massacrés par les rebelles rwandais
(http://www.hrw.org/en/news/2009/02/13/rd-congo-plus-de-cent-civils-massacr-s-par-les-rebelles-rwandais)
du 6 février 2009 : RD Congo : Les ONG craignent pour la sécurité des civils
(http://www.hrw.org/en/news/2009/02/06/rd-congo-les-ong-craignent-pour-la-s-curit-des-civils)

Sur l’Armée de Libération du Seigneur de Josepk Kony, voir plus bas.

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Au Rwanda, selon l’histoire officielle, des extrémistes Hutu auraient abattu l’avion l’avion qui transportait le président Habyarimana et le président du Burundi Cyprien Ntaryamira le 6 avril 1994, revenant de Tanzanie où ils avaient participé à un sommet consacré aux crises burundaise et rwandaise. Dès le lendemain, les extrémistes du Hutu Power (dirigés par Théoneste Bagosara) auraient éliminé les éléments Hutu modérés du gouvernement et créé un gouvernement intermédiaire avec pour président Théodore Sindikubwado et premier ministre Jean Kambanda, afin de pouvoir se consacrer pleinement au génocide des populations civiles Tutsi, ainsi que des Hutu qui s’opposaient au génocide en s’appuyant sur leurs milices armées et notamment les Interahamwe.

Selon un rapport de l’ONU du 15 décembre 1995 :
« Quelque 800 000 personnes ont été massacrées lors du génocide de 1994 au Rwanda. Le carnage dont hommes, femmes et enfants ont été victimes au cours d’une centaine de jours entre avril et juillet 1994 constitue l’un des événements les plus abominables qui entacheront à tout jamais le XXe siècle dans la mémoire des hommes. Les Rwandais ont tué des Rwandais, décimant avec férocité la population tutsie du pays, mais s’attaquant aussi aux Hutus modérés. D’inqualifiables atrocités ont été commises, par les milices et les forces armées, mais aussi par les civils contre d’autres civils.
Outre qu’elle n’a pas empêché le génocide, la communauté internationale n’a pas fait cesser la tuerie une fois qu’il a commencé. Cette défaillance a laissé de profondes blessures dans la société rwandaise et pèse encore aujourd’hui sur les rapports assombris entre le Rwanda et la communauté internationale, en particulier l’Organisation des Nations Unies. »

Désolé, l’image est immonde. J’ai dû m’autocensurer en la passant en noir et blanc.

Cé génocide se déroule sur fond d’une guerre civile opposant les FAR (Forces Armées Régulières rwandaises) au FPR (Front patriotique rwandais), composé essentiellement de Tutsi et dirigé par Paul Kagame depuis la mort de son fondateur Fred Rwigema en 1990. Le FPR, soutenu par l’Ouganda, prend rapidement l’avantage et entre dans la capitale Kigali, le 4 juillet 1994.

Le 19 juillet, un Hutu (mais rallié au FPR), Pasteur Bizimungu devient Président, alors qu’un Tutsi, Paul Kagame est nommé Vice-Président et ministre de la défense. La guerre « ethnique » et le génocide semblent terminés. Paul Kagame devient l’homme fort du régime, Pasteur Bizimungu « démissionne » en mars 2000 et Kagame est élu Président par le parlement en avril 2000.

Il sera élu au suffrage universel en août 2003, avec 95 % des suffrages !

Une partie de la bio officielle de Monsieur Kagame :
« In October 1990, Paul Kagame returned to Rwanda after thirty years in exile to lead the Rwandan Patriotic Army (RPA) in the struggle for the liberation of Rwanda.
On 19 July 1994, he was appointed Vice-President and Minister for Defence in the Government of National Unity.
In 1998, he was elected Chairman of the Rwandan Patriotic Front (RPF), a partner in the Government of National Unity.
On 17 April 2000, Paul Kagame was unanimously elected President of the Republic of Rwanda by the Transitional National Assembly. He took the Oath of Office on 22 April 2000.

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Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, chef des forces armées de la république de Guinée équatoriale depuis 1975, puis vice-ministre des forces armées populaires en 1979, prend la même année le pouvoir en renversant son oncle Franscisco Macias Nguema, et est proclamé Président de la République de Guinée équatoriale.

En 1982, il impose démocratiquement un référendum sur une nouvelle constitution qui est approuvé avec une majorité de 95,38% !

En 1989, il est élu en tant que candidat unique avec 99,99% des suffrages !

En 1996, le président est réélu, lors d’élections multipartites, avec 99,7%, des voix, et réélu à nouveau en 2002 parmi cinq candidats autorisés, avec une majorité de 97,1% !

A ce jour, Teodoro Obiang Nguema est toujours président de la Guinée équatoriale, tous les postes à responsabilité sont détenus par des membres de sa famille ou des proches.
Il existe bien une opposition « légale » en Guinée équatoriale, depuis 1996 !
Mais totalement dirigée par les sbires de la présidence
La Guinée équatoriale, modèle de démocratie africaine, a toujours été soutenue par les démocraties occidentales.

Je cite quelques mots tirés de Reporters sans frontières :
« Tout va bien dans le « Koweït de l’Afrique », royaume immobile d’un président que la radio nationale présente comme le « Dieu de la Guinée équatoriale ». Régulièrement réélu avec à peine moins de 100% des voix, Teodoro Obiang Nguema garde un contrôle absolu sur ce petit pays pétrolifère du golfe de Guinée. Aucun média privé ne paraît sur le territoire, si ce n’est le bulletin quasi confidentiel d’un parti d’opposition régulièrement harcelé par les autorités. La mainmise sur l’économie du pays par le chef de l’Etat et sa famille est accompagnée par un culte de la personnalité écrasant. Les rares journalistes indépendants travaillent pour la presse étrangère et sont étroitement surveillés. Malgré cela, les autorités continuent d’affirmer que l’absence de pluralisme s’explique par « la pauvreté », et non par l’intolérance envers ceux qui remettraient en cause le fait que Teodoro Obiang Nguema peut « décider de tuer sans que personne lui demande des comptes et sans aller en enfer », comme l’affirme la radio publique. »

http://www.rsf.org/article.php3?id_article=13597

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Le 23 avril 2004, Blaise Compaoré, président du Burkina Faso, aurait été fait docteur honoris causa par l’université de Lyon II !

En 2008, il est reçu à l’Elysée par le Président S., où il avait déjà été reçu par Messieurs Mittérand et Chirac.

Il dirige le Burkina Faso depuis le 15 octobre 1987, où, lors d’un coup d’état, fut assassiné son prédécesseur Thomas Sankara – très probablement à son instigation !

Thomas Sankara avait rebaptisé l’ancienne Haute Volta du nom de Burkina Faso : « le pays des hommes intègres ». Blaise Compaoré était alors le numéro deux du régime !

Dans le très officiel site de la présidence du Burkina Faso, on peut lire sur la biographie de Monsieur Compaoré à la date du 15 octobre 1985 : « A la faveur du Mouvement de Rectification, Blaise Compaoré devient Président du Front Populaire (nouvelle instance dirigeante) et Chef de l’Etat. »
Le 19 octobre suivant : « Dans son premier discours à la Nation, il annonce l’ouverture politique et appelle toutes les sensibilités politiques à s’exprimer. »
En juin 1991, la Constitution de la Quatrième République du Burkina est plébiscitée à l’issue d’un référendum. En décembre de la même année, il remporte la première élection présidentielle de la Quatrième République, est réélu en novembre 1998 et à nouveau en novembre 2005.
On ne mentionne pas les suffrages !

Sur le même site très officiel, c’est à l’université de Lyon 3 qu’il aurait été fait docteur Honoris Causa, de même qu’en 1992 de l’Ecole des Hautes Etudes internationales de Paris, en 1995 de l’Université japonaise de Soka, et en 2005 de l’Université Ramkhamaeng de Bangkok.

Je regarde sur le site de l’Elysée, même biographie, mais elle s’arrête en 1998 et les données sont de 2004 !
Monsieur Compaoré n’y est donc Docteur de nulle part, mais on y retrouve par contre le Mouvement de Rectification qui l’a porté au pouvoir en 1985 !
Lapsus de l’Elysée ou étrange manque de perspicacité littéraire que cette approbation tacite d’un Mouvement de Rectification ?

A propos des suffrages, en 1991, « le capitaine Compaoré, alors très contesté, avait été candidat unique au cours d’un scrutin boycotté par l’opposition et où il n’avait finalement obtenu que 23% des suffrages avec un taux de participation très bas. L’élection de 1998 avait également été boycottée par la grande majorité de l’opposition qui dénonçait alors le manque de transparence. Compaoré avait alors dû se contenter de deux petits candidats et avait récolté plus de 85% des voix. »

Ce n’est évidemment pas sur le site officiel, mais montre bien qu’entre 1991 et 1998, Monsieur Compaoré avait effectué de très nets progrès en matière de « démocratie » !

Un démocratie élisant son président avec 85% des suffrages est sans doute un peu plus plausible que celles les élisant à plus de 99% !

Et parmi les nombreuses morts énigmatiques du règne très démocratique de Monsieur Compaoré, figure notamment Norbert Zongo, journaliste, assassiné en 1998 pour des raisons toujours officiellement inconnues à ce jour, alors qu’il enquêtait sur le frère du président et la mort de son chauffeur !

Pour plus d’infos, voir les sites :
http://www.afrik.com/article8724.html
http://www.alterinfo.net/Le-senateur-Johnson-confirme-Blaise-Compaore-a-assassine-Thomas-Sankara_a25420.html

Voir aussi un rapport assez édifiant du Comité Catholique Contre la Faim
http://www.ccfd.asso.fr/e_upload/pdf/biens-mal-acquis-profitent-trop-souvent-doc-travail-ccfd-mars2007.pdf

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Omar Bongo Ondimba, né Albert-Bernard Bongo, rebaptisé en 1973 suite à sa conversion à l’islam en El Hadj Omar Bongo, dirige la République gabonaise depuis 1967, date à laquelle il succéda au démocrate-dictateur Léon Mba, alors qu’il dirigeait de fait l’état depuis deux ans déjà.

Installé quasi officiellement par la France à la tête du nouvel état indépendant gabonais, de même que son futur successeur, Léon Mba, mourant, sera réélu président en mars 1967 avec 99,9 % des suffrages ! Il mourra en novembre 1967, laissant constitutionnellement la place à Albert-Bernard Bongo, lequel sera régulièrement réélu pendant quarante ans.

Dernières élections en date à ma connaissance, novembre 2005, avec un résultat officiel de 79,18 % des suffrages ! Plus démocratique, sans doute que les 85 % de Monsieur Compaoré !
Mais il faut dire que Monsieur Bongo avait déjà quarante ans de bouteille(s) présidentielle(s)…
Dans quelques années, il sera peut-être réélu avec un score de 75 % !

Suite à une petit affaire minable de 450 000 et quelques euros, plusieurs comptes de Monsieur Bongo auraient été bloqués en France en février 2009 pour une somme de plus de 4 millions d’euros… Dans un reportage de France 2, on apprendra par la suite que les bien immobiliers en France de Monsieur Bongo et sa famille s’élèvent à ??? 150 millions d’euros. Un petit immeuble en chantier près des Champs Elysées étant estimé à plus de 18 millions, et un autre à 15 millions – et ceci parmi une trentaine d’autres !

Sur le site très officiel de Monsieur le Président Omar Bongo Ondimba, on peut lire : « En choisissant le jeune Albert Bernard Bongo comme directeur de cabinet, le Président Léon Mba eut tout le loisirs d’apprécier sa modération et la clairvoyance de ses prises de position. C’est donc tout naturellement qu’il le nomme le 24 septembre 1965 Ministre délégué à la Présidence de la République, puis responsable de la Défense Nationale et de la Coordination. Conformément aux dispositions constitutionnelles, Albert Bernard Bongo devient Président de la République gabonaise le 2 décembre 1967, à l’âge de 32 ans, après le décès de Léon Mba. Le nouveau Chef de l’Etat rallie très vite tous les suffrages en adoptant des mesures de clémence vis à vis des responsables du coup d’Etat de 1964. Il va dès lors s’attacher à donner à son pays une image de cohésion autour d’un parti unique, le Parti Démocratique Gabonais, et à privilégier un développement économique permettant d’améliorer les conditions de vie de tous les Gabonais. »

Un site à voir absolument pour comprendre que le culte de la personnalité existe encore tel et bien, sur :
http://www.omarbongoondimba.com/

Et le reportage du journal de France 2, où, pourtant, Monsieur Pujadas, peut difficilement être taxé de gauchisme !

Le pire, c’est que dans même nos démocraties, ces démocrates-présidents-dictateurs, s’offrent les plus chers et les « meilleurs » des avocats pour les défendre, de telle sorte que personne ne puisse dire ouvertement ce qu’il pense d’eux, sauf à courir les foudres de la « justice », ce qui, presque systématiquement, leur génère à chaque fois, et, à nouveau, du pognon !

Evidemment, comment moi, Monsieur X Plouchard, pourrais-je gagner contre un Monsieur Bongo, avocaté d’un Monsieur Verges, s’il me déclarait un procès, pour avoir simplement voulu lui dire qu’il n’était qu’une v…e f…e et une f…ée c…e !

Et évidemment encore, je m’autocensure pour ne pas être procéduré par le-dit Monsieur Président – et surtout pas dictateur – et par ses avocats !!!

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Denis Sassou-Nguesso, président de la république du Congo-Brazzaville du 5 février 1979 jusqu’à son éviction en 1992 suite à la ruine économique du pays. Candidat à sa propre réélection en juin 1992, il est battu par Pascal Lissouba. En exil, il organise les milices Cobras, et tisse des alliances avec le Gabon, le Tchad et l’Angola, afin de préparer un retour en force à la tête du pays à la faveur des élections présidentielles de juin 1997.

Le 5 juin 1997 débute alors une nouvelle guerre civile qui fera « officiellement » plus de 10 000 morts (mais peut être faut-il ajouter un zéro). À la mi-octobre, avec l’aide de l’armée angolaise, les mercenaires et les milices de Sassou-Nguesso prennent le contrôle du pays et ce dernier s’autoproclame président.

Après avoir fait approuver une nouvelle constitution taillée sur mesure par référendum, il est officiellement élu pour un mandat de 7 ans le 10 mars 2002 avec 89,54% des suffrages exprimés.

En 1999, des centaines de réfugiés de retour de République démocratique du Congo où ils avaient fui la guerre civile ont « disparu » lors de leur arrivée dans le port de Brazzaville. Ceci pour ne citer qu’une des exactions avérées du régime de Monsieur Sassou-Nguesso.

Tout récemment, du 14 au 17 avril 2009 fut organisé un « dialogue républicain » afin de préparer l’élection présidentielle de juillet 2009 où Denis Sassou-Nguesso n’est pas encore « officiellement » candidat à sa succession. Ce « dialogue » fut, selon les termes officiels « boycotté par une vingtaine de formations d’opposition » !

Dans l’Express du 25 mars 2009, on peut lire que si Monsieur Sassou-Nguesso ne semble pas posséder lui-même de compte en France, une enquête menée en septembre 2007 « a permis d’en recenser… 112 aux noms de ses proches! A elle seule, son épouse Antoinette possédait à cette date : trois comptes courants (Crédit du nord, Crédit Lyonnais) ; un plan d’épargne populaire (Crédit lyonnais) ; un compte « titres » (CM CIC Securities) ; un compte épargne logement (Crédit lyonnais) ; un livret B (Crédit lyonnais).
Sa fille Julienne disposait quant à elle de 12 comptes. Idem pour le fils du président, Denis Christel, titulaire de 10 comptes (Société générale et Barclays). »

Et dans le Figaro du même jour : « Mes enfants sont majeurs (…) leur vie n’est pas la mienne », se défendait le leader du Congo-Brazzaville à propos de ses enfants.

Quant aux perspectives du président, toujours dans le Figaro :
« Votre mandat va se terminer dans quelques mois. Quel bilan portez-vous sur votre action de ces dernières années, notamment en termes économiques et d’action sociale et éducative ? 
En 1997, quand j’ai repris en main les affaires de ce pays, Brazzaville était détruite, le chemin de fer de Pointe-Noire à Brazzaville était à l’arrêt. Le pays était sans institution, le système éducatif ne fonctionnait plus ; aucune banque ne marchait et la plupart les magasins et des marchés étaient fermés ; l’insécurité régnait dans tout le pays. Aujourd’hui notre pays a retrouvé la paix et la sécurité. Vous pouvez vous y promener partout sans danger. Nous avons remis en route les institutions de la république. Nous avons reconstruit le pays. Même si tous les problèmes ne sont pas réglés nous avons retrouvé le chemin de la croissance. Les fonctionnaires sont payés régulièrement. Cette année en pleine période de crise, notre budget prévoit 9 % de croissance. Nous avons entrepris de reconstruire nos infrastructures : routes, ports, aéroports, barrages, télécommunications. »

Un bel exemple de langue de bois ! Disons plutôt, un total détournement de l’histoire…

Dans l’Express du 20 avril 2009, on pouvait lire :
« Le parquet de Paris s’est opposé officiellement à l’ouverture d’une enquête sur le patrimoine immobilier en France de plusieurs chefs d’Etat africains, dont les présidents gabonais Omar Bongo et congolais Denis Sassou-Nguesso ».
Vu les relations que la société Total et le président S. entretiennent avec ces dirigeant africains, on pouvait s’y attendre !
Précisons que l’enquête concerne aussi le président Obiang de Guinée équatoriale.
Les trois présidents, démocratiquement élus avec respectivement 79,18% pour Bongo, 89,54% pour Sassou, et 97,1% pour Obiang, sont en effet « suspectés » de détenir des biens immobiliers en France, achetés grâce à des fonds détournées sur les finances publiques des leurs pays.

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/l-affaire-bma-secoue-la-francafrique_740477.html

Rappelons simplement, en matière de chiffres, que Monsieur Chirac, en 2002, n’avait obtenu au premier tour des élections présidentielles que 19,88% des voix – le plus faible score jamais obtenu par un président sortant ! Et n’avait été élu, que grâce à l’aide de Messieurs Jospin et Le Pen, et avec seulement 82,21 % des suffrages !
Un record absolu du fait qu’une bonne partie de la France (79,71%) s’était alors mobilisée, et non seulement en faveur de Monsieur Chirac, mais contre Le Pen !

Hormis ce genre de cas exceptionnels, une « démocratie » approuvée à quelques 80% ou plus, ne peut guère avoir de « démocrate » que le mot, pas même l’apparence !

Pour conclure sur la langue de bois, je cite la version officielle du retour au pouvoir de Monsieur Sassou-Nguesso, à voir sur le site de la présidence du Congo :

2 juin 1992. Candidat à sa propre succession, Denis Sassou Nguesso arrive en troisième position à l’élection présidentielle, derrière Pascal Lissouba et Bernard Kolélas. Il choisit de soutenir Pascal Lissouba du fait de son expérience d’homme d’Etat (il a été plusieurs ministres).
11 août 1992. Signature d’un accord avec Pascal Lissouba en vue d’élaborer un programme commun de gouvernement.
31 août 1992. Denis Sassou Nguesso quitte la Présidence et redevient un citoyen ordinaire, inquiet pour son pays car aucune des promesses ne sont tenues par Pascal Lissouba qui jour après jour porte atteinte à la Constitution (dissolution de l’Assemblée Nationale, violations répétées de l’Etat de droit, institution de milices privées…).
1992-1994. Poursuivi par les milices de Pascal Lissouba, Denis Sassou Nguesso s’installe dans son village d’Oyo, dans le nord du Congo.
Novembre 1993-janvier 1994. Première guerre civile du Congo. Pascal Lissouba attaque avec ses milices Bernard Kolélas et ravage le quartier de Bacongo à Brazzaville. Le conflit fait 3.000 morts.
1994-1996. Denis Sassou Nguesso se réfugie à Paris avec sa famille.
Janvier 1997. Dans la perspective des élections présidentielles, prévues pour juin, Denis Sassou Nguesso rentre au Congo.
5 juin 1997. Encerclement de sa villa de MPila , à Brazzaville, par les troupes de Pascal Lissouba. Cette agression marque le début de la deuxième guerre civile du Congo qui fera plus de dix mille morts.
11-14 octobre 1997. Les forces patriotiques de Denis Sassou Nguesso prennent le contrôle de Brazzaville.
15 octobre 1997. Denis Sassou Nguesso énonce un message de réconciliation nationale afin que cessent les combats et que le Congo puisse se reconstruire.
25 octobre 1997. Denis Sassou Nguesso est investi Président de la République.

A voir aussi un site intéressant :
http://www.denisassou.com/
La devise de Monsieur Sassou est « Ensemble tout est possible ».

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José Eduardo Dos Santos, succède au « père de l’indépendance » angolaise, Agostinho Neto en 1979 et devient secrétaire général du Mouvement Populaire de Libération de l’Angola, c’est à dire Président de fait.

Pratiquement depuis l’indépendance du pays, en 1975, l’Angola est ravagée par une guerre civile qui oppose le MPLA, de tendance marxiste et l’UNITA soutenue notamment par les Etats Unis.

Les premières élections présidentielles sont organisées en 1992, mais José Eduardo Dos Santos n’obtient pas la majorité absolue face à son rival Jonas Savimbi, l’un des principaux fondateurs de l’UNITA, et la guerre civile devient presque totale. Elle ne s’achèvera qu’en 2002, avec la mort de Jonas Savimbi.

En 2004, le président José Eduardo Dos Santos annonce la tenue d’élections législatives pour 2006, repoussées en 2007, elles auront finalement lieu en septembre 2008 et son parti remportera plus de 81% des suffrages !

Des élections présidentielles sont prévues en 2009 où Monsieur de Santos sera candidat à sa succession.

Après avoir contribué à une totale dévastation de son pays pendant plus de 20 ans, Monsieur de Santos à profité depuis 2002 de l’envolée des cours du pétrole – avec une production de 2 millions de barils par jour , l’Angola concurrence le Nigeria en tant que plus grand producteur de pétrole africain.

Les caisses de l’état sont pleines, mais comme presque partout en Afrique, le peuple crève de faim !

Même le Pape Benoît, après son imbécile discours prononcé au Cameroun sur le bon usage des capotes anglaises pour se voiler l’esprit, « a regretté qu’en Angola, pays riche en pétrole où les deux tiers de la population vivent avec moins de deux dollars par jour, « il y ait malheureusement encore tant de pauvres qui demandent le respect de leurs droits ».
« Il n’est pas possible d’oublier la multitude d’Angolais qui vivent en dessous du seuil de pauvreté absolue. Ne décevez pas leurs attentes », a-t-il lancé au président angolais José Eduardo dos Santos.
Combattre la pauvreté est « une immense entreprise qui requiert le plus grand civisme possible de la part de tous », a ajouté le pape, qui a ensuite poursuivi sur ce thème lors d’un discours à la présidence.
Appelant l’Afrique à se libérer « du fléau de l’avidité, de la violence et du désordre », il a exigé une « ferme détermination » pour éradiquer une fois pour toutes la corruption ».
Je cite Le Point du 20 mars 2009

Monsieur Dos Santos, au pouvoir depuis 30 ans en Angola, retiendra-t-il la leçon ? Et avec quel pourcentage sera-t-il élu?

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Le Tchad, depuis son indépendance le 11 août 1960, fut d’abord dirigé par François Tombalbaye.

Assassiné en 1975, il fut remplacé par Félix Malloum avec Hissen Habré pour premier ministre. En 1979 suite à la première bataille de Ndjamena Félix Malloum est chassé du pouvoir par Goukouni Oueddei. La seconde bataille de Ndjamena, en 1980, menée avec l’aide de la Lybie permettra à ce dernier d’évincer son rival, Hissen Habré.

En 1982, un coup d’état, soutenu en sous-main par les Etats-Unis de Ronald Reagan, ramène Hissen Habré au pouvoir. Une partie du Tchad sera occupé par la Lybie jusqu’en 1987, la bande frontière d’Aozou, jusqu’en 1994. En soutenant Hissen Habré, les Etats-Unis et la France prétendaient faire front contre la Lybie de Mouammar Khaddafi.

Dès son arrivée au pouvoir, il supprime le poste de premier ministre, et fait exécuter plusieurs opposants politiques.

En 1990, Hissen Habré est à son tour renversé par l’un de ses anciens comparses, Idriss Déby Itno, toujours au pouvoir aujourd’hui.

Condamné à mort par contumace, inculpé de crimes contre l’humanité, crimes de guerre et actes de torture, Hissen Habré est actuellement réfugié au Sénégal. Il est soupçonné d’être responsable de la mort de près de 40000 personnes. En novembre 1990, à la veille du renversement du régime, 300 détenus politiques furent exécutés sommairement. En janvier 1992 ,après le renversement du régime Habrè, plusieurs fosses commune ont étés découvertes a 25 km de N’djamena. Certaines fosses contenaient jusqu’a 150 squelettes des détenus exécutés par la tristement célèbre police politique. Pour information, cette police se nommait la Direction de la Documentation et de la Sécurité. Le rapport de la commission d’enquête tchadienne comptabilise quelques 80 000 orphelins produit par la terreur du régime Habré.
Le Sénégal, qui l’héberge depuis bientôt trente ans, a jusqu’à ce soir reporté le procès du président-dictateur arguant de ne pas pouvoir en supporter les frais estimés par lui à 27 millions d’euros !

Je cite Human-Rights-Watch :
« Son régime de parti unique a été marqué par de graves et constantes violations des droits de l’homme et des libertés individuelles et de vastes campagnes de violence à l’encontre de son propre peuple. Habré a persécuté, par périodes et en procédant à des arrestations collectives et des meurtres en masse, différents groupes ethniques dont il percevait les leaders comme des menaces à son régime, notamment les Sara et d’autres groupes sudistes en 1984, les Hadjaraï en 1987 et les Zaghawa en 1989.

Le nombre exact des victimes de Habré reste à ce jour inconnu. Une Commission d’Enquête du Ministère Tchadien de la Justice, établie par son successeur, a accusé en 1992 le gouvernement Habré de 40 000 assassinats politiques et de torture systématique. La plupart des exactions furent perpétrées par sa terrifiante police politique, la Direction de la Documentation et de la Sécurité (DDS), dont les directeurs, qui rendaient des comptes exclusivement à Hissène Habré, appartenaient tous à sa propre ethnie, les Goranes. »

http://www.hrw.org/legacy/french/themes/habre.htm
http://www.hrw.org/legacy/french/themes/habre-police.htm

Idriss Déby Itno, avait participé en 1982 à la prise de N’jamena et au coup d’état d’Hissen Habré, avant leur rupture violente en 1989. Réfugié au Soudan, il crée le Mouvement Patriotique du Salut, véritable force militaire, qui s’empare de N’djamena le 1er novembre 1990 et renverse le régime d’Habré, avec le soutien du Soudan et, revirement de l’histoire, de la France Mittérandienne. En février 1991, son parti l’investit Président de la République tchadienne après l’adoption d’une charte républicaine lui accordant tous les pouvoirs.

En février 1992, Joseph Behidi, Vice-Président de la Ligue tchadienne des Droits de l’Homme, est assassiné
Il sera finalement élu en 1996, réélu en 2001 puis en 2006, avec 64,67% des suffrages lors d’élections largement contestées. En 2006, il avait d’abord été crédité de 77,53% des voix, avant que ce score ne soit réduit à la baisse de 13 points !

http://www.droitpublic.net/spip.php?article1227

Le 7 mars 2004, lors de son 35ème congrès, la FIDH publiait une résolution d’urgence sur le Tchad : « La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme, réunie en son 35ème Congrès à Quito les 5 et 6 mars 2004, exprime sa vive préoccupation quant à la situation des droits de l’Homme au Tchad… »
En février 2008, Idriss Déby est victime d’une tentative de coup d’état violemment réprimée. La FIDH publie le 3 février 2009 un appel urgent : « …nos organisations demeurent préoccupées par la situation d’impunité qui prévaut au Tchad pour les auteurs de violations des droits de l’Homme en dépit des conclusions de la Commission d’enquête sur les événements de février 2008. Celle-ci avait pourtant établie que la majorité des exactions et des graves violations des droits de l’Homme perpétrées lors de l’offensive et surtout après le retrait des forces rebelles étaient le fait d’action de représailles par l’Armée nationale tchadienne (ANT) et recommandait, entre autre, la poursuite des enquêtes et le jugement des responsables. »

http://www.fidh.org/Ibni-Oumar-Mahamat-Saleh-est

Assez peu de changements, semble-t-il, entre le régime d’Hissen Habré et celui d’Idriss Déby !

On comprend peut-être mieux le peu d’empressement que marquent les autorités africaines en général à juger le président-dictateur Habré. Sauf à l’occasion d’un jugement expéditif comme celui d’un Saddam Hussein ou d’un Caeusescu, beaucoup y risqueraient d’être compromis.

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François Bozizé Yangouvonda, président de la République Centrafricaine depuis le coup de force qui l’a conduit au pouvoir le 15 mars 2003.
Devenu général de brigade sous le régime de Bokassa, il tente un coup d’état en 1982 avec Ange-Félix Patassé pour renverser David Backo qui, avec l’aide de l’armée française, avait lui-même renversé l’empereur Bokassa 1er en 1979. Ce coup d’état est un échec et les deux hommes se réfugient au Togo.
David Backo est évincé par un coup d’état militaire en 1981, qui met en place André Kolingba. François Bozizé, à nouveau en faveur devient Ministre de l’Information et de la Culture. Mais en mars 1982, il est contraint de prendre le chemin de l’exil… suite à une tentative de coup d’état manquée.
En 1993, André Kolingba organise des élections présidentielles multipartites, Ange-Félix Patassé est élu président, il sera réélu en 1999. François Bozizé deviendra l’un des hommes forts du régime.
En 2001, un putsch échoue contre le président Patassé, François Bozizé est vivement attaqué pour un certain laisser-faire, il se réfugie au Tchad. Une nouvelle tentative de coup d’état échouera en octobre 2002.

Mais en mars 2003, alors qu’Ange-Félix Patassé est en voyage au Niger, Bozizé rentre au pays et s’empare de la capitale, Bangui. Patassé s’exile au Cameroun, puis au Togo. Bozizé devient chef de l’état.
Spécialiste des coups d’états manqués, François Bozizé, âgé de 57 ans, a enfin réussi.

Des élections ont été organisées en mai 2005. Il est élu Président avec 64,6 % des suffrages.

Dan un comunniqué de l’AFP du 25 avril 2003, on pouvait lire : « Le général Bozizé ne sera pas candidat à la présidence en Centrafrique (…) Le président centrafricain autoproclamé, le général François Bozizé, a indiqué vendredi à Libreville qu’il ne serait pas candidat à l’élection présidentielle en Centrafrique à l’issue de la période de transition qu’il dirige.
« Je dis simplement non », a répondu le général Bozizé à un journaliste qui lui demandait s’il se présenterait à la future élection présidentielle, lors d’une conférence de presse organisée à l’issue d’un entretien privé avec le président gabonais Omar Bongo.
« Je me suis fixé comme mission de sauver le peuple centrafricain et d’assurer la transition. Après, je m’arrête là », a assuré le général Bozizé, qui a renversé le président élu Ange-Félix Patassé le 15 mars dernier à la faveur d’un coup d’Etat.
Le général Bozizé a répété que la période de transition engagée en Centrafrique devrait durer de son point de vue « entre 18 et 30 mois ». »

Le 11 décembre 2004, une autre dépêche de l’AFP annonçait la candidature de Monsieur Bozizé : « Le président centrafricain François Bozizé a annoncé samedi sa candidature à la présidentielle de janvier et février prochains, qui mettra fin à la période de transition mise en place depuis le coup d’Etat du 15 mars 2003 qui l’a porté au pouvoir.
« En ma qualité de soldat, je suis au service du peuple. Il m’appelle, je n’ai d’autre choix que d’obéir. Je me présente donc à l’élection présidentielle de janvier 2005″, a déclaré le général Bozizé, ancien chef d’état-major de l’armée centrafricaine, au cours d’une marche organisée samedi à Bangui en faveur de sa candidature. »

De nouvelles élections sont prévues en 2010…

La Convergence nationale, Kwa na Kwa, qu’il dirige se traduit par « Le travail rien que le travail »… Tout un programme !

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Je fais l’impasse sur celui présenté aujourd’hui par presque tous comme la « caricature » des dictateurs africains (dixit Desmond Tutu), alors que beaucoup d’autres n’ont franchement pas grand chose à lui envier : Robert Mugabé, président du Zimbabwé (ex Rhodésie du Sud) depuis 1990, mais qu’il dirige en fait depuis 1980.

Dans ce monde dirigé par des sauvages, soutenus et le plus souvent mis en place par les puissances consommatrices qui, seules (et avec les sauvages au pouvoir), profitent des ressources de l’Afrique au détriment des africains, il faut bien pointer quelquefois un bouc émissaire, histoire de se dédouaner !
Monsieur Mugabé en fait partie, comme le fut Saddam Hussein.

Certes, d’être un bouc émissaire parmi tant de brutes, ne diminue en rien l’aberration que constitue Monsieur Mugabé ! Il prétendrait d’ailleurs que « seul dieu peut me retirer le pouvoir qu’il m’a donné ».

Mais si l’on « relativise » à la manière d’un Le Pen, il ne constitue qu’un « détail » dans l’histoire contemporaine de l’Afrique – et du monde de la faim, en général !

Un détail ? Mais surtout un prétexte aussi pour voir le film difficilement soutenable, mais combien édifiant de Hubert Sauper, Le Cauchemar de Darwin…

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A la décharge de certains présidents-dictateurs africains, il faut rappeler qu’une bonne partie de l’Afrique centrale est ravagée par des guerres incessantes menées par des barbares dont le seul rêve est de remplacer tel ou tel dictateur.

Parmi eux, Joseph Kony, dirigeant de la LRA (Lord’s Résitance Army, ou ARS, Armée de Résistance du Seigneur) qui, en guerre ouverte contre l’Ouganda depuis 1987, s’attaque aujourd’hui au nord de la République Démocratique du Congo où ses combattants, selon HRW, « ont férocement massacré au moins 620 civils et enlevé plus de 160 enfants entre le 24 décembre 2008 et le 13 janvier 2009 ».
Je cite encore HRW, « Les combattants de l’ARS se sont livrés à des meurtres, des enlèvements, des viols et autres lésions corporelles, au recrutement forcé au sein de leurs rangs, ainsi qu’à des pillages généralisés et à la destruction de biens civils. » Ce à quoi d’ailleurs les soldats ougandais ont répondu sensiblement de la même manière.
Joseph Kony, sorte de médium spirituel autoproclamé, prétend avoir reçu l’ordre de constituer son Armée du Seigneur, de l’Esprit-Saint lui-même, afin de libérer le peuple Ougandais de « la corruption, des péchés et des pensées immorales » et viserait à mettre en place en Ougouda une théocratie basée sur les 10 Commandements. Il a de qui tenir, étant le neveu d’Alice Auma, dite Alice Lakwena, du nom de l’esprit qui l’aurait éclairé, une guérisseuse-médium-mystique qui aurait reçu l’ordre de lever une armée afin de combattre le mal, en l’occurrence, le gouvernement Ougandais. Ce qu’elle fit jusqu’en 1987 à la tête du Mouvement de l’Esprit-Saint, jusqu’à l’écrasement de la rébellion… Et sa reprise en main par Joseph Koni.
La Cour Pénale Internationale a lancé en 2005 des mandats d’arrêt contre cinq des chefs de la LRA dont Joseph Kony.
Alice Lakwena est morte en janvier 2007 dans un camp de réfugiés au Keyna où on la nommait « Votre Sainteté ».
Le mandat d’arrêt délivré contre Joseph Kony énumère 33 chefs d’accusation au titre de sa responsabilité pénale individuelle, à savoir :
– Douze chefs pour crimes contre l’humanité : meurtre ; réduction en esclavage ; esclavage sexuel ; viol ; et actes inhumains causant de grandes souffrances ou des atteintes graves à l’intégrité physique ; et
– Vingt-et-un chefs pour crimes de guerre : meurtre ; traitements cruels infligés à des civils ; le fait de diriger intentionnellement une attaque contre la population civile ; pillage ; incitation au viol ; et enrôlement d’enfants par la force.

La caractéristique principale de la LRA est qu’elle est constituée à 85% d’enfants âgés entre 11 et 15 ans. Afin de remplir ses rangs, les troupes de la LRA enlèvent de manière systématique des enfants, les utilisant en tant que soldat, porteurs ou esclaves sexuels. Selon les estimations, environ 20’000 enfants ont ainsi été enlevés. Les enfants enlevés sont souvent forcés de tuer leurs propres parents afin de détruire toute perspective de retour dans leur maison. Par ailleurs, afin d’empêcher les enfants enlevés de s’échapper, la LRA oblige les enfants à tuer ceux qui tentent de s’échapper.
(http://www.trial-ch.org/fr/trial-watch/profil/db/legal-procedures/joseph_kony_358.html)

Il faudra aussi rappeler que le découpage étatique de l’Afrique est une aberration née de la colonisation, de même que le découpage ethnique. Mais un très bon prétexte pour entretenir les dictatures et les guerres qui les confortent.

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J’ai commencé par l’Afrique, mais la liste est bien trop longue de tout ces façonneurs de cimetières que je ne la terminerais pas ce soir, et peut être jamais (Algérie, Cameroun, Centrafrique, Lybie, Soudan…).

Et pour en finir très provisoirement avec l’Afrique, à lire un livre très beau et très édifiant d’Ahmadou Kourouma, Le Soleil des Indépendances, qui éclaire parfaitement sur la manière dont ces peusdos démocraties-dictatoriales furent mises en place par les autorités coloniales (surtout françaises d’ailleurs) afin de s’assurer la main-mise sur ces régions, après l’indépendance.
Un peu difficile à comprendre peut-être si l’on ne connaît pas les dessous de l’histoire, mais plein d’humour et de dérision.

Et toujours d’Ahmadou Kourouma, à lire aussi sur les enfants-soldats Allah n’est pas obligé et Quant on refuse on dit non.

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Je mentionne encore quelques spécimens, uniquement parce qu’ils sont vivants :

Au Soudan, Omar al Bachir.
En Birmanie, Than Shwe.
En Corée du Nord, Kim Jong II.
En Biélorussie, Alexandre Loukachenko, démocratiquement élu, lui aussi.
Mais j’oublie les Philippines ou le Yemen… et bien d’autres encore…

En guise de conclusion provisoire :

« Le Rapport 2008 d’Amnesty International montre qu’aujourd’hui, soixante ans après l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme par les Nations unies, il existe encore 81 pays au moins où des hommes et des femmes subissent des actes de torture ou d’autres mauvais traitements, 54 pays au moins où les procès ne sont pas conformes aux normes d’équité, et 77 pays au moins où il est impossible de s’exprimer librement. »

A suivre… Peut être…

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