Stop !!!

Posted on 16 juin 2009

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Comme ils radotent avec la mort de Michael Jackson, abordons un sujet autrement plus sérieux, la peine de mort.

En 2008, à la connaissance d’Amnesty International, au moins 2 390 personnes ont été exécutées dans 25 pays et au moins 8 864 personnes ont été condamnées à mort dans 52 pays du monde.

Au nombre des méthodes d’exécution utilisées en 2008, on compte la décapitation (Arabie saoudite), l’électrocution (Etats-Unis), la pendaison (Bangladesh, Bostwana, Egypte, Irak, Iran, Japon, Malaisie, Pakistan, Saint Kitts-et Nevis, Singapour, Soudan), l’injection létale (Chine, Etats Unis), le passage par les armes (Afghanistan, Biélorussie, Chine, Indonésie, Iran, Mongolie, Viêt-Nam) et la lapidation (Iran).

En 2008, l’Arabie Saoudite, la Chine, les Etats-Unis, l’Iran, le Pakistan ont été les cinq Etats qui ont affiché le nombre d’exécutions le plus élevé. Ensemble ils ont procédé à 93 % des exécutions qui ont eu lieu dans le monde.

Dans certains Etats, la peine de mort est appliquée secrètement. En Biélorussie, en Chine, en Corée du Nord et en Mongolie des exécutions ont eu lieu en secret ou sans transparence.

Comme les années précédentes, de très nombreuses condamnations à mort ont été prononcées à l’issue de procès n’ayant pas respecté les normes d’équité internationalement reconnues. Il est inquiétant de constater que de nombreuses exécutions ont eu lieu à la suite d’une procédure fondée sur des « aveux » obtenus sous la torture, ce qui constitue une violation du droit international. Par ailleurs, les autorités iraniennes ont continué à exécuter des prisonniers qui avaient moins de 18 ans au moment de l’infraction présumée, en violation flagrante du droit international.

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59 pays maintiennent la peine de mort :

Afghanistan, Antigua et Barbuda, Arabie saoudite, Autorité palestinienne, Bahamas, Bahreïn, Bangladesh, Barbade, Belize, Biélorussie, Botswana, Burundi, Chine, Comores, Corée du Nord, Cuba, Dominique, Egypte, Emirats arabes unis, Etats-Unis, Ethiopie, Guatemala, Guinée, Guinée équatoriale, Guyana, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Jamaïque, Japon, Jordanie, Koweït, Lesotho, Liban, Libye, Malaisie, Mongolie, Nigeria, Oman, Ouganda, Pakistan, Qatar, République démocratique du Congo, Saint Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Sierra Leone, Singapour, Somalie, Soudan, Syrie, Taiwan, Tchad, Thaïlande, Trinité-et-Tobago, Viêt-Nam, Yémen, Zimbabwe.

Les pays suivants ont procédé à des exécutions en 2008 : Chine (au moins 1 718), Iran (au moins 346), Arabie saoudite (au moins 102), Etats-Unis (37), Pakistan (au moins 36), Irak (au moins 34), (au moins 19), Afghanistan (au moins 17), Corée du Nord (au moins 15), Japon (15), Yémen (au moins 13), Indonésie (10), Libye (au moins 8), Bangladesh (5), Biélorussie (4), Egypte (au moins 2), Bahreïn (1), Botswana (1), Emirats arabes unis (au moins 1), Malaisie (au moins 1), Mongolie (au moins 1), Saint Kitts-et-Nevis (1), Singapour (au moins 1), Soudan (au moins 1) et Syrie (au moins 1).

Les 16 pays suivants ont condamnés à mort au moins 7 767 personnes : Chine (au moins 7 003), Pakistan (au moins 236), Bangladesh (au moins 185), Afghanistan (131), Inde (au moins 70), (au moins 59), Japon (27), Malaisie (au moins 22), Indonésie (au moins 10), Taiwan (au moins 8), Singapour (5), Thaïlande (au moins 3), Corée du Nord (+), Corée du Sud (au moins 2), Sri Lanka (2) et Laos (2).

Quatre vingt treize pour cent des exécutions capitales ont eu lieu dans cinq pays : Chine, Iran, Arabie saoudite, Pakistan et États-Unis d’Amérique. A elle seule la Chine a procédé à au moins 1 718 exécutions, soit 72% de toutes celles effectuées dans le monde.

En Asie, 11 pays ont pratiqué la peine de mort : Afghanistan, Bangladesh, Chine, Indonésie, Japon, Corée du Nord, Malaisie, Mongolie, Pakistan, Singapour, Viêt-Nam.

Le Moyen Orient et l’Afrique du Nord sont la région avec le plus grand nombre d’exécution (508) après l’Asie. En Iran, lapidation et pendaison ont été utilisées pour tuer au moins 346 personnes y compris 8 mineurs délinquants. En Arabie saoudite, au moins 102 personnes ont été décapitées.

Aux Amériques, seuls les États-Unis persistent à exécuter régulièrement. Le Texas a procédé à 18 des 37 exécutions du pays. Quatre condamnés à mort ont été innocentés. Le seul autre pays à avoir appliqué la peine capitale est Saint-Kitts-et-Nevis avec une exécution fin 2008.

En Afrique subsaharienne, il y a eu deux exécutions, mais au moins 362 personnes ont été condamnées à mort. En outre, le Liberia a réintroduit la peine capitale pour vol, terrorisme et enlèvement.

A l’exception de la Biélorussie qui a exécuté quatre personnes en 2008, l’Europe est un continent sans peine capitale.

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Un cas peu connu, celui du Japon :

En 2008, le Japon a procédé à 15 exécutions au total (il s’agit du chiffre le plus élevé connu depuis 1975). On estime qu’environ 100 personnes se trouvent dans les quartiers des condamnés à mort de ce pays. L’administration pénitentiaire procéderait aux exécutions par pendaison et généralement en secret. Trois hommes ont été exécutés en juin (2008). L’un d’eux, Tsutomu Miyazaki, souffrait d’après son avocat de troubles mentaux et recevait des soins psychiatriques depuis plus de dix ans dans le centre de détention où il avait été placé. Les condamnés à mort ont continué d’être enfermés de jour comme de nuit dans des cellules individuelles et ne se voyaient que très rarement accorder la possibilité de faire de l’exercice ou de rencontrer d’autres détenus. En règle générale, ils étaient informés de leur exécution le matin même de celle-ci et leur famille n’était prévenue qu’une fois la sentence appliquée.

Et pour reparler de l’Iran :

Amnesty International reste préoccupée par le recours à la peine de mort en Iran. Des méthodes cruelles et inhumaines, dont la lapidation et la pendaison, ont été utilisées pour exécuter au moins 346 personnes en 2008. Le nombre des pendaisons publiques a diminué en 2008, après que le responsable du pouvoir judiciaire a interdit cette pratique.

Amnesty International a appris que le 26 décembre 2008 ou vers cette date, deux hommes avaient été lapidés à mort dans le nord-est de l’Iran.

Amnesty International s’inquiète également des propositions des autorités iraniennes allant dans le sens d’un élargissement du champ d’application de la peine de mort déjà considérable. En 2008, les autorités ont en effet adopté une nouvelle loi qui permet de requérir la peine de mort contre des personnes reconnues coupables d’activités audiovisuelles illégales (pornographie). De plus, elles ont rédigé un projet de loi qui prévoit la peine de mort pour apostasie, hérésie et sorcellerie, ainsi que pour un certain nombre d’infractions liées à Internet qui « encouragent la corruption et l’apostasie ».

En juillet 2008, Amnesty International et neuf autres organisations de défense des droits humains ont publié une déclaration commune dans laquelle elles demandent à l’Iran de mettre un terme aux exécutions de mineurs. En Iran, de nombreux défenseurs des droits humains continuent à militer énergiquement contre ce type d’exécution et pour l’abolition des exécutions par lapidation. Malgré leurs efforts, en 2008, les autorités iraniennes ont exécuté huit mineurs délinquants, en violation flagrante du droit international. L’Iran est le seul pays au monde où l’on sait que des mineurs délinquants ont été exécutés en 2008.

En Arabie saoudite :

En Arabie saoudite, la forte augmentation du nombre des exécutions qui s’est produite en 2007 s’est poursuivie en 2008. Au moins 102 exécutions ont eu lieu, au moins 102 exécutions ont eu lieu, au rythme moyen de deux par semaine. Près de la moitié de ces exécutions concernent des étrangers originaires de pays pauvres ou en développement. Un nombre disproportionné par rapport à la composition de la population. Dans ce pays, les prisonniers sont condamnés à l’issue de procès le plus souvent secrets et iniques, et les accusés, en particulier s’il s’agit de travailleurs migrants sans ressources originaires de pays d’Afrique et d’Asie, n’ont souvent pas d’avocat pour les défendre et ne comprennent pas la procédure, qui se déroule en arabe. Ces étrangers, ainsi qu’un grand nombre des Saoudiens qui sont exécutés, n’ont ni argent ni possibilité d’entrer en contact avec des personnes influentes, telles que les autorités gouvernementales ou les chefs de tribu, susceptibles d’intercéder en leur faveur et indispensables pour obtenir une grâce.

L’Arabie saoudite est l’un des rares pays au monde où les autorités continuent d’exécuter des femmes et où des mineurs délinquants ont été exécutés ces dernières années, même si aucune exécution de délinquant mineur n’a été signalée en 2008. En règle générale, la méthodes employée est la décapitation, et les exécutions se déroulent en public. Dans certains cas, l’exécution est suivie d’un crucifiement.

Aux Etats-Unis :

Aux Etats-Unis, les autorités ont procédé à 37 exécutions dans neuf Etats : le Texas (18), la Virginie (4), la Géorgie (3), la Caroline du Sud (3), la Floride (2), l’Ohio (2), l’Oklahoma (2), le Mississipi (2) et le Kentucky (1).

En Biélorussie :

La Biélorussie est le dernier pays d’Europe et de l’ancienne Union soviétique qui procède encore à des exécutions. Toutes les informations sur la peine de mort y sont tenues secrètes. Il n’existe pas de statistiques disponibles concernant le nombre d’exécutions, mais Amnesty International estime qu’au moins 400 personnes en ont été victimes depuis que la Biélorussie a accédé à l’indépendance en 1991. Amnesty International sait qu’au moins quatre personnes ont été exécutées en 2008 et une autre condamnée à mort.

Les condamnés sont exécutés d’une balle dans la nuque. Les proches ne sont pas officiellement informés de la date de l’exécution, ni du lieu où le corps est inhumé.

En Biélorussie, un système pénal défaillant qui applique cette sentence dans des conditions non conformes aux lois et normes internationales relatives à la peine capitale, vient encore accentuer les problèmes posés par le recours à cette peine. Des preuves dignes de foi indiquent qu’un certain nombre de mauvais traitements, dont la torture, sont utilisés pour arracher des « aveux » ; les prisonniers condamnés peuvent ne pas avoir accès à des voies de recours effectives ; la peine de mort constitue déjà en soi un traitement cruel, inhumain et dégradant pour les prisonniers se trouvant dans les quartiers des condamnés à mort et leurs familles, le secret qui entoure cette peine ne fait que l’aggraver. Ni les prisonniers ni leurs proches ne sont officiellement informés de la date de l’exécution : les prisonniers vivent dans la peur d’être emmenés pour être exécutés à chaque fois que la porte de leur cellule s’ouvre.

Les conditions dans lesquelles sont maintenus les prisonniers exacerbent encore le caractère cruel, inhumain et dégradant inhérent au fait même d’attendre une exécution. Les prisonniers condamnés à mort en Biélorussie sont semble-t-il détenus dans des cellules situées au sous-sol du centre de détention au secret pour enquête (SIZO n° 1) à Minsk, mais les autorités refusent de confirmer cette information à Amnesty International.

En plus d’utiliser la peine de mort comme sanction – inscrite dans le Code pénal – les autorités ont également recours à la menace d’exécution pour étouffer les activités politiques. En mars 2006, à la suite des élections présidentielles, le directeur des services de sécurité de l’Etat (KGB) a menacé de la peine de mort des personnes qui voulaient manifester en ces termes : « Les actes des personnes qui se rendent sur la place [pour manifester] seront considérés comme des actes de terrorisme qui, aux termes de divers articles, sont passibles de peines allant de huit ans d’emprisonnement à la peine capitale. »

Et j’en passe… Mais pour tout savoir, Amnesty :
http://www.amnesty.fr/index.php/amnesty/agir/campagnes/peine_de_mort/qu_est_ce_que_la_peine_de_mort/etat_des_lieux_en_2008

http://www.dailymotion.com/swf/x44r5b_amnesty-international-signatures_creation&related=0

Un simple rappel : le Vénézuela est abolitionniste depuis 1863, Saint Marin depuis 1865, le Costa Rica depuis 1877, l’Uruguay depuis 1907, la Colombie est abolitionniste depuis 1910, Panama depuis 1922 et l’Islande depuis 1928.

Et, pour ceux qui, comme moi, ne le savaient pas Saint Kitts-et-Nevis sont deux îles des caraïbes, situées entre Puerto Rico et la Guadeloupe.

Dis l’abolitionniste, c’est pour quand la révolution !

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