Nourritures affectives…

Posted on 4 juillet 2009

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C’est carnaval aujourd’hui, alors si nous en profitions pour changer un peu nos moeurs !

« Chez certains Mélanésiens, il faut passer la main sous l’aisselle de l’ami qui s’en va, puis porter ses doigts à son nez pour signifier qu’on garde encore en soi sa trace olfactive. (Il vaut mieux se dispenser de cette bonne manière à Paris : un contesens culturel est si vite arrivé !)

Les Nourritures Affectives, un très beau livre de Boris Cyrulnik pour comprendre un peu pourquoi le monde ne tourne pas très rond. Ceci dit, je préfère tourner carré dans les ronds et n’importe comment dans les triangles, et les triangles ne doivent jamais être fermés pour faire de la musique.

« Savez-vous que la pensée occidentale a modifié le comportement des chiens ?

Depuis quatre mille ans qu’il nous côtoyaient et participaient à nos histoires, ils ont fini par se considérer comme des surchiens ! Notre imprégnation culturelle a modifié leur psychisme. »

Bref, les chiens sociabilisés et « civilisés » aboient beaucoup, alors que les chiens sauvages n’aboient guère. Ainsi débute Les Nourritures Affectives, un texte qui se déguste comme l’on goûtait autrefois de l’eau de source.

Et paru récemment de Boris Cyrulnik, Je me souviens, un émouvant retour sur une enfance éclatée par la barbarie nazie et ses corollaires français pour comprendre comment un homme se construit envers et contre la tourmente.

Voir aussi la page « Le monde vu par… (2), Malheur au vainqueur, paru dans Le Monde le 20/06/2009

Les Nourritures Affectives, en poche chez Odile Jacob
Je me souviens, aux éditions L’Esprit du temps, Textes essentiels

Dis Carnaval, c’est pour quand la révolution !

Et je n’y résiste pas :

« Les vêtements militaires émettent les mêmes signaux que les cravates et les robes du soir. S’ils n’étaient que fonctionnels, les militaires mettraient des chaussures souples et antidérapantes pour mieux courir et se battre alors que toutes les armées du monde obligent leurs soldats à porter de lourds godillots glissants. Ce qui nous fait comprendre que les chaussures des armées organisées ne veulent pas dire qu’elles sont prêtes à sa battre, mais simplement qu’elles veulent donner une impression de puissance par une combinaison de lourdeur et de discipline dans les rangs. C’est même pour ça que les soldats marchent au pas, tous ensemble, en inventant des cadences, comme les oies, en courant ou en frappant le sol pour déclencher une forte émotion. Le discours des godasses est certainement plus important que sa fonction, il vise à impressionner bien plus qu’à combattre (je viens de comprendre ce qu’est la force de dissuasion !) »

Les Nourritures affectives

Bref, c’est de l’esbrouffe les godasses à clou !
C’est bon à savoir pour le 14 juillet ! Et d’ailleurs, vous savez combien ça coûte un défilé de 14 juillet ? Moi non plus ! Mais de quoi nourrir bon nombre de crèves-la faim !

Dis la grolle, c’est pour quand l’anarchie !

Et mon Larousse, il me dit qu’on peut mettre un « l » ou deux à grolle, vu que c’est familier !

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