Et la gauche alors…

Posted on 26 septembre 2009

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Je ne ferai aucun commentaire sur les discours de Monsieur S. Je laisse ce soin à d’autres, et à vrai dire, je ne les ai même pas écoutés. Pas la moindre envie de parler non plus de l’historicisme simplet du « très démocratiquement » élu président iranien – mais je l’ai écouté – et moins encore des questions totalement « orientées » du journaliste* dont je me refuse à croire qu’elles lui ont été dictées par le bureau politique de l’UMP. Rien a dire non plus de l’affaire Clearstream, ça fait la Une people de toute la presse, et d’ailleurs, il semble que les coupables aient déjà été désignés !

Alors quoi de neuf, docteur ?

Rien, justement, alors faute de sujet plus intéressant, j’ai plutôt envie de parler de la « gauche ».

Et bien oui, et la gauche alors ! Laissons de côté le parti socialiste, ses petites querelles d’éléphants, de clochers, et de fraude. Tout le monde en parle, et de toutes façons, de dire que le parti socialiste est encore de gauche, c’est à peu près comme de confondre un dromadaire et une étoile de mer.

Donc, à l’occasion des élections européennes, je m’étais amusé à comparer les clips du Front de Gauche et du NPA.

Commençons par le NPA. Déjà, personnellement, tout ce qui se dit « anti » m’ennuie profondément, cela ne sert généralement qu’à cacher un fourre-tout incohérent… Passons donc, je cite un extrait du clip :

« Ce qu’on préconise nous, ce n’est pas simplement de changer l’Europe, c’est de changer l’Europe tout court. D’en construire une nouvelle, qui soit faite par et pour les peuples. Ce qu’on préconise, c’est de prendre le meilleur de ce qu’il y a dans chacun de nos pays pour en faire profiter à tous, parce qu’au fond, au delà des frontières, la solution, ce serait d’imposer une répartition égalitaire des richesses, pour que la crise du capitalisme soit enfin payée par les capitalistes eux-mêmes. »

Traduit en langage clair, cela signifie que, certes, on veut faire payer les capitalistes. Mais si on veut les faire payer, c’est qu’il faut les conserver ! D’où une petite question toute simple : il est où l’anti-capitalisme, là-dedans ? Je préférais l’époque de la ligue communiste révolutionnaire.

Bon « ligue », ça faisait quelque peu extrême droite, mais avec « communiste » et « révolutionnaire », on pouvait au moins s’identifier à quelque chose. « Anti-capitaliste », moi, je le suis tous les jours, mais ça ne fait pas vraiment avancer le schmilblic !

Bref, voyons du côté du Front de Gauche :
« Chaque nouvelle mesure européenne ne vise qu’un noyau de privilégiés. Cette politique libérale nous a envoyé dans le mur en dévastant au passage notre planète. Nous sommes plus nombreux qu’eux. Nous pouvons changer l’Europe. Un salaire minimum décent dans chaque pays européen. L’arrêt des délocalisations et l’interdiction des licenciements dans les entreprises réalisant des profits. Sauvons et développons les services publics : école, santé, transport, énergie. Une Europe solidaire pour un monde en paix. »

Non seulement, cela ne parle pas de « capitalisme », mais de « politique libérale », et le slogan final « Ensemble, on peut tout changer », me rappelle étrangement quelque chose – ils ont dû partager le scribe de Monsieur S. ! Mais, de même que pour le NPA, il ne semble pas question de s’attaquer au système capitaliste – pardon, « libéral » – mais simplement d’en changer quelques bricoles. Je préférais le temps de Georges Marchais, au moins, il nous faisait rire !


A l’origine, j’avais mis le schmilblic de Coluche, mais la vidéo a été supprimée pour cause de droits d’auteur !

Bref…

Monsieur S. peut donc bien continuer à nous raconter ce qu’il veut… Et les journalistes de France.UMP d’orienter leurs questions au gré du vent… Dans l’opposition, il n’y a plus vraiment de Don Quichotte pour lutter contre les moulins à parole, et ni même contre les moulins à eaux.Mais comme je suis de gôche », je fais quand même un nouvel effort, et j’essaie de lire dans l’Humanité une interview de Madame Buffet dont je cite quelques extraits :

« Je ne supporte plus que la gauche ne soit présentée que dans la rubrique des fraudes, des rivalités entre dirigeants, des clins d’oeil au Modem, alors que nous vivons une crise internationale, sociale, démocratique, écologique. »

Jusque là, ça va. Il y en a vraiment marre, en effet ! Mais cela se corse (désolé, les Corses) rapidement :

« Au Front de gauche nous avons commencé à travailler sur un nouveau projet pour l’Europe, les régions, notre pays, débattons, confrontons nos points de vue. »

Mince, ils viennent juste de commencer à travailler… Après les gamelles successives de la gauche, il serait vraiment temps de s’y mettre, si ce n’est pas déjà trop tard.
Continuons quand même :

« Le désir profond du peuple de gauche, c’est que, dans les régions, au gouvernement et au niveau européen, les conditions soient créées pour des choix en rupture avec les logiques libérales, pour de nouveaux droits aux salarié-es, aux citoyen-nes, un pouvoir qui satisfasse leurs revendications. Le front doit être une dynamique. »

Déjà, le « peuple de gauche », ça ressemble un peu au « peuple migrateur », à cette différence quand même que les oies savent se diriger par elles-mêmes. Quant au reste, rien de nouveau par rapport au clip des européennes sinon un petit changement linguistique, il ne s’agit plus seulement de « changer », mais d’être en « rupture ». Progrès notable, en quelques mois ! Je poursuis donc ma lecture :

« La gauche doit se donner comme objectif la mise en oeuvre d’une nouvelle République. Elle doit s’engager de manière claire dans l’esprit des propositions de loi que nous avons déposées au printemps avec le Parti de gauche, visant à donner de nouveaux droits aux salariés et aux syndicats dans la gestion des entreprises. Il y a la question de l’utilisation de l’argent. Quel engagement sur les salaires ? Sur un pôle public du crédit ? Pour être plus net, il faut que la gauche s’engage à nationaliser une partie du secteur bancaire pour développer des politiques du crédit pour la recherche, la protection de l’environnement, de nouveaux progrès sociaux, une nouvelle fiscalité. La gauche doit s’engager à travailler à une nouvelle façon de produire. À une diversification des ressources énergétiques. J’insiste aussi sur l’accès au savoir, toutes les réformes de la droite sur l’école et l’université sont contestées. Engageons des états généraux sur l’école du XXIe siècle.
Enfin, la gauche, une fois au pouvoir, devra adopter rapidement une loi qui interdise aux entreprises de licencier lorsqu’elles distribuent des dividendes. »

Joli programme, certes ! Madame Bruni Sarkozy devrait en faire une chanson tant, à un ou deux mots près, il ressemble à celui de son mari. Même s’il n’en parle pas ouvertement, m’étonnerais pas que ça lui chante, de temps à autres, à Monsieur S. de nationaliser quelques banques en pseudo faillite, il les aurait directement sous sa coupe, voire dans son porte-feuille !

Moralisons la capitalisme, et unissons-nous ! Telle pourrait donc être la devise de Madame Buffet ! C’est vraiment chouette le communisme aujourd’hui ! A défaut de lutte des classes, il faut se dépêcher d’unifier les deux France, celle d’en haut et d’en bas. Et si possible, dans un monde de paix – mais de cela on ne parle plus.

C’est dur quand même, je ne sais même plus pour qui je vais voter, tant les discours d’en haut et d’en bas se ressemblent. Aux prochaines élections, j’irai plutôt me faire un Paris-beurre à Genève pour transférer mes capitaux vers les îles Caïman. A moins que je ne crée une micro-banque de micro-crédit dans la future-nouvelle « jungle » de Calais.

Dis la jungle, c’est pour quand que…
Ben quoi ?
Ben quoi quoi ? Je ne sais plus trop à force… La révolution ?

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Posted in: Les essentiels