Bientôt le charter en commun !

Posted on 1 novembre 2009

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Dans un document adopté à l’issue d’un sommet à Bruxelles, (les dirigeants européens) demandent « l’examen de la possibilité d’affréter régulièrement des vols de retour communs financés par l’agence Frontex », l’agence européenne chargée de la sécurité des frontières externes de l’UE ».

 

Il y a quelques jours, on apprenait que la Grèce voulait faire appel à l’Union Européenne afin de « gérer » l’immigration. Il y a pire aujourd’hui.

Je cite le NouvelObs : « Les dirigeants européens lancent, à l’initiative de la France, un projet de vol charters financés par l’union européenne pour l’expulsion des clandestins. Nicolas Sarkozy s’est félicité de l’initiative, une « façon digne de ramener » les migrants chez eux et veut « aller plus loin ».

Et Monsieur Sarkozy peut en effet se réjouir : « Personne n’aurait pu imaginer, il y a quelques années, que des gouvernements de gauche, de droite, du sud et du nord se mettent d’accord sur le principe que quelqu’un qui n’a pas respecté les règles doit être ramené chez lui par avion, par train ou par tout autre moyen de façon digne ».

Je souligne « … ou par tout autre moyen de façon digne ». Comme s’il pouvait y avoir ici un semblant de dignité ! Evidemment pourquoi ne pas affréter aussi des brouettes !

Qu’on le veuille ou non, la mondialisation capitaliste fait de nous des citoyens du monde. Messieurs Sarkozy, Berlusconi et autres, qui en sont pourtant les fervents défenseurs, devraient être les premiers à le savoir. Mais non ! Plutôt que de repenser le monde en fonction d’une ouverture inéluctable, ils s’obstinent dans une logique de fermeture et d’exclusion.

A quoi bon construire une Europe du tout capitalisme, si elle ne consiste qu’à déplacer des frontières qu’il faudra déplacer et déplacer encore, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de frontières !

Nos chers dirigeant devraient plutôt apprendre le Ouigour, plutôt que de nous parler d’économie ! En matière d’économie, ils ne sont capables que de prendre des pseudo mesures à court terme, telle que renflouer les banques qui, primo, n’en ont pas besoin, et secundo, perpétuent un système de crédits et de valeurs fictives qui nous a directement conduit à la « crise » et qui, s’il n’est pas éradiqué, nous y reconduira inéluctablement.

Je ne pense pas que Monsieur Sarkozy soit un imbécile – loin de là, sans doute – et il doit très bien savoir que les « mesures » qu’il prend en matière d’économie ne valent qu’à court terme, et ne sont, somme toute, que de la poudre aux yeux – si ce n’est du cache misère ! Mais peu importe, l’essentiel reste que le monde de la finance survive. Le long, ni même le moyen terme ne générant pas d’intérêt !

Du coup, l’on ne pose même pas de constat d’échec ! Mais le « populaire » est peut être moins naïf qu’on ne le pense. Lorsque la France votait « non » à l’Europe, s’agissait-il simplement comme certains l’ont dit, d’un retour au poujadisme. Pour quelques uns peut être, mais pour la plupart il s’agissait de dire « non » à une Europe basée sur un système déficient.

Alors que faire ? Lorsqu’on ne peut, ou ne veut rien faire ? Sinon sauvegarder ses intérêts à court terme !

La solution facile est bien évidemment de recourir au poujadisme ! En France, nous dirions aujourd’hui au lepenisme, en Italie au populisme ! La peur de l’autre, même si l’on déplace les frontières, est toujours bien présente, et de plus en plus dans un monde où, paradoxalement, l’isolement et en passe de déterminer notre mode de vivre.

Lorsque c’est utile, l’on n’hésite pas à faire venir la « main d’oeuvre » étrangère, quitte à affréter des charters, mais lorsqu’elle devient superflue parce que l’on n’est même pas capable fournir du travail aux natifs, on ressort rapidement les bonnes vieilles formules du type « ils viennent manger le pain des français » et d’affréter d’autres charters pour les renvoyer là où l’on sait pertinemment qu’ils crèvent de faim – lorsqu’ils ne crèvent pas de guerre !

Alors certes, continuons d’affréter des charters, multiplions les… Et continuons de nous voiler la face ! Continuons de sauver nos banques, plutôt que de redistribuer un peu d’un trop plein de richesse – même s’il n’est qu’apparent !

Et certes, continuons d’expulser… Et peut être qu’un jour nous nous retrouverons seuls, face à nous-mêmes ! Il sera temps alors de nettoyer nos miroirs !

Dis miroir, c’est pour quand la révolution !

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Posted in: Raz-le-bol