Une nouvelle voie pour la démocratie !

Posted on 15 décembre 2009

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Etant donné que nos présidents ne sont somme toute que des apologues du camembert, je suggère une nouvelle voie pour la démocratie. Que chacun d’entre nous se présente aux prochaines élections !

Et comme Monsieur Sarkozy souhaite faire entrer Albert Camus au Panthéon, je lui suggère aussi de relire ce texte :

« Depuis un siècle environ, nous vivons dans une société qui n’est même pas la société de l’argent (l’argent ou l’or peuvent susciter des passions charnelles), mais celle des symboles abstraits de l’argent. La société des marchands peut se définir comme une société où les choses disparaissent au profit des signes. Quand une classe dirigeante mesure ses fortunes non plus à l’arpent de terre ou au lingot d’or, mais au nombre de chiffres correspondant idéalement à un certain nombre d’opérations d’échange, elle se voue du même coup à mettre une certaine sorte de mystification au centre de son expérience et de son univers. Une société fondée sur des signes est, dans son essence, une société artificielle où la vérité charnelle de l’homme se trouve mystifiée. On ne s’étonnera pas alors que cette société ait choisi, pour en faire sa religion, une morale de principes formels, et qu’elle écrive les mots de liberté et d’égalité aussi bien sur ses prisons que sur ses temples financiers. Cependant, on ne prostitue pas impunément les mots. la valeur la plus calomniée aujourd’hui est certainement la valeur de liberté. De bons esprits (j’ai toujours pensé qu’il y avait deux sortes d’intelligence, l’intelligence intelligente et l’intelligence bête) mettent en doctrine qu’elle n’est rien qu’un obstacle sur le chemin du vrai progrès. Mais des sottises aussi solennelles ont pu être proférées parce que pendant cent ans la société marchande a fait de la liberté un usage exclusif et unilatéral, l’a considérée comme un droit plutôt que comme un devoir et n’a pas craint de placer aussi souvent qu’elle l’a pu une liberté de principe au service d’une oppression de fait. »

Albert Camus prononçait ces mots lorsqu’il s’est fait nobéliser en 1957. Rien n’a changé, sinon que lorsqu’il parle d’un siècle, on peut aujourd’hui parler d’un siècle et demi.

Et pour en revenir au camembert…

Dis le claque, c’est pour quand la révolution !

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Posted in: Les essentiels