Vers une privatisation de la guerre ! (suite)

Posted on 22 décembre 2009

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J’ai mentionné les Etats Unis et le Canada. Ils ne sont pas les seuls, parmi les grandes puissances occidentales à « privatiser » la guerre. Ainsi, sur le site de la société Saladin, employée notamment par le gouvernement canadien, on peut lire : « Early years saw Saladin providing protection for many overseas governments, and for the British Foreign & Commonwealth Office. »

 

Et la vocation de cette société : « to provide discreet and highly professional security services for governments, non-government organisations, corporations and prominent individuals. »

En France, une loi sur la répression de l’activité de mercenariat à été adoptée par l’Assemblée nationale le 3 avril 2003.

Cela n’empêche pas, semble-t-il, l’existence de Sociétés Militaires Privées. Ainsi pouvait-on lire, dans 20 minutes du 21 septembre 2007, une interview de Pierre Marziali, directeur de Secopex, Société d’Appui Stratégique et Opérationnel. Une appellation qui a le mérite d’être claire, même si Pierre Marziali se défend de faire du mercenariat.

Mais entre mercenariat et non mercenariat, où se trouve la différence ?

Ainsi, lorsqu’on lui pose la question de savoir ce que fait sa société « concrètement », Monsieur le directeur de répondre : « Nous entraînons des troupes, les conduisons, les soignons, faisons de la protection rapprochée, sécurisons des sites sensibles… Nous ne combattons pas, même si nos agents sont habilités à se défendre par les armes. »

Mais plus intéressant encore, et la citation s’impose tant elle ne mérite pas de commentaire :

« L’Etat français sous-traite-t-il des missions, comme les Etats-Unis?
Pas encore mais des discussions sont en cours. Car la réduction des effectifs militaires va contraindre l’Etat à faire appel à nous. (…) Au niveau financier également, l’Etat a intérêt à passer par nous pour des missions limitées dans le temps. Font donc l’objet actuellement de consultations la possibilité de nous attribuer la sécurisation d’ambassades mais aussi le raccompagnement aux frontières de sans-papiers ou l’accompagnement de prévenus aux tribunaux en France même.

Les SMP, un secteur d’activités qui a donc de l’avenir?
En 1991, lors de la guerre du Golfe, il y en avait un agent privé pour 50 militaires. En 2003, au début de la seconde guerre d’Irak, il y en avait un pour dix. Le marché est aujourd’hui de 100 milliards de dollars dans le monde. D’ici 2010, il aura doublé. »

Un marché d’avenir certes ! Très juteux en tout cas, où l’on apprend au passage que « le raccompagnement aux frontières de sans-papiers » pourrait aussi faire fructifier les SMP !

Et sur le site de Secopex, on peut aussi visionner une vidéo intéressante :

http://www.secopex.com/index.php/video_audition

Et l’on peut aussi lire :
« Les Sociétés Militaires Privées (SMP) ont changé le paysage stratégique mondial. En France, SECOPEX, porteur du concept SMP dès 2003, a été la première société française à entrevoir l’intérêt que les «soldats privés» pourraient apporter comme solution pour l’avenir, notamment dans les opérations de stabilisation et de reconstruction. »

En d’autres termes, vivent les guerres qui nous font riches !

http://www.20minutes.fr/article/182620/France-L-Etat-francais-pourrait-faire-sous-traiter-des-operations-militaires.php

A lire aussi
http://www.afrik.com/article6393.html

Dis le privé, c’est pour quand la révolution !

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