Vivent les sans culottes !

Posted on 14 février 2010

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J’ai failli appeler cette note « Appelons un chat, un chat ! » ou encore « Des bonnes moeurs dans la police ! » Mais bon ! Mon autocensure a fait que…

Bref, de se retrouver sans culotte au commissariat, cela peut aussi nous arriver. Même si l’on ne traîne pas au bois de Boulogne, et même à 14 ans ! Dommage qu’il n’existe presque plus de cinémas pornos, nos policiers pourraient y faire des ravages.

Mais nos amis de la police britannique font encore plus de zèle que les nôtres. Il semble qu’ils s’amusent aujourd’hui à arrêter des gens sans aucun autre motif de recenser leur profil ADN dans le fichier national. Près d’un million de personnes innocentes seraient ainsi répertoriées dans ce fichier, et évidemment sans aucun a priori… 75 % des personnes ainsi fichées étant des hommes noirs âgés de 18 à 35 ans !

« Grâce aux différentes épreuves intellectuelles qui vous seront administrées (sic), il sera possible de comparer vos performances, vos résultats avec les sujets de votre classe d’âge et déterminer comment vous vous situez par rapport aux autres (en dessous ou au dessus de la moyenne). » Non, ce n’est pas un test pour connaître vos aptitudes sexuelles, mais un test pour devenir officier de police.

Et comme décidément tout fout le camp, j’apprends dans Le Figaro que deux brigadiers-chefs du groupe de répression du trafic de stupéfiants de la Direction interrégionale de la police judiciaire d’Orléans sont accusés d’avoir organisé entre 2007 et 2008 un réseau de revente de stupéfiants en remettant en circulation des scellés judiciaires. Ils comparaîtront bientôt devant le tribunal correctionnel de Saintes. Il paraît qu’ils sévissaient en Charente-Maritime. Pas étonnant si certains charentais confondent le nazisme avec une « dictature du prolétariat » !

Mais La Voix du Nord nous rassure. « Un « guide des bonnes pratiques » dans le recueil du renseignement traditionnel (manifestations, mouvements sociaux) auquel se livrent policiers et gendarmes » vient d’être rédigé. Nos chers policier ne pourront sans doute plus interroger un syndicaliste… sans vérifier qu’il ait mis sa culotte.

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Thiéfaine, Zazie,Léo Ferré

Dis le temps, c’est pour quand la révolution !

Vu sur Rue 89

Coup de téléphone à la rédaction, ce samedi en tout début d’après-midi. C’est la mère d’Anne, la collégienne de 14 ans placée en garde à vue, menottée, et dont l’histoire a été largement médiatisée. Elle nous signale que sa fille a réagi dans les commentaires à une une tribune libre de son avocat Jean-Yves Halimi.

Chloé Leprince, journaliste de Rue89 suivant les questions de société, était déjà en contact avec Anne et avec sa mère avant la médiatisation de son histoire, ce qui nous permet d’authentifier son témoignage. C’est aujourd’hui la première fois qu’elle s’exprime en son nom par écrit dans un média.

Bonjour à tous. Anne, c’est moi. Croyez le ou non. Je suis consciente que n’importe qui peut bien s’inscrire sur ce site en se faisant passer pour moi. J’ai eu envie de réagir à vos commentaires et à cet article, tout d’abord parce que ce site me semble moins entaché de personnes prêtes à déclarer que l’action des policiers a été normale et effectuée dans les règles de l’art que d’autres sites de journaux, et ensuite parce que j’ai eu l’occasion cette semaine de me rendre compte que les médias peuvent facilement diffuser quelques inexactitudes qui prennent de l’ampleur à mesure qu’elles sont répétées et déformées.

Certes, l’article de Mr. Halimi est poétique. Je ne suis pas une pauvre enfant traumatisée. Choquée, oui, puisque confortée dans l’image du stéréotype du policier qui va au Mac Do tous les midi et rit grassement aux blagues de ses collègues, sans parler des fautes d’orthographe et de grammaire qui heurtent l’oreille. A cela je n’ai rien à redire, chacun fait comme il peut. Cela dit, la façon dégradante de parler aux gens, enfants ou pas, en usant de son pauvre pouvoir est elle à la fois choquante et révoltante.

Je voulais éclaircir quelques points d’ombre concernant le garçon ayant, lui, porté des coups à la jeune fille qui a porté plainte. Il est à juste titre impliqué dans cette affaire. Je suppose que cela n’est pas un point très important de toute cette histoire mais je veux préciser qu’il n’a jamais eu l’intention de se battre. Il a repoussé la jeune fille qui lui portait des coups jusqu’à ce que la colère prenne le dessus.

Sur le point de sa garde à vue, ce n’est pas à moi de témoigner mais le récit qu’il m’en a fait est effarant. Il n’a pas été gardé 25 heures mais 30 heures. Interpelé le soir même de la bagarre, il a été placé en garde à vue à partir de 20h le soir et interrogé seulement à 1h30 du matin. Il a été insulté de « connard » tout au long des 30h et a eu interdiction d’aller aux toilettes. Bref, des traitements choquant pour quelqu’un de plutôt fragile.

Quelques précisions s’imposent aussi sur le lieux de « l’agression » qui n’est ni DANS le collège, ni AUX ABORDS du collège (comme écrit sur la convocation au tribunal) mais à une dizaine de minutes de marche de là.

Aucune d’entre nous trois n’a été menottées du lieu d’interpellation jusqu’au commissariat, mais nous l’avons été toutes trois du commissariat jusqu’au cabinet médical où nous avons été examinées conformément à la procédure pour les moins de 16 ans et de la même façon pour le retour jusqu’au commissariat. Les mains derrière à l’allée, et devant au retour suite à notre demande auprès des policiers, parce que nous avions du mal à nous tenir dans le fourgon de police, gyrophares allumés et vitesse en conséquence.

J’ai pour ma part été placée dans une cellule relativement propre et spacieuse tandis que mes deux amies étaient elles dans des cellules leur laissant juste la place de s’assoir et sentant l’urine à plein nez, recroquevillées dans un coin pour ne pas avoir l’impression de trainer dans la saleté.

Elles ont cependant eu l’avantage de réussir à communiquer par les voies d’aération, leurs cellules étant l’une à côté de l’autre, ce qui les a aidées à tenir le coup. Telles de gentilles gamines d’école primaire, elles ont joué au « petit bac », comptant leurs points avec les grains de riz du repas de midi qu’elles n’avaient pas pu avaler.

Ma cellule était certes grande mais isolée de celles des autres, je n’ai eu aucun contact pendant des heures à part les quelques policiers qui passaient par là et me demandaient négligemment mon âge. C’est je pense ce qui fut le plus dur, hormis les humiliations verbales et ma tenue à peine décente.

En ce qui concerne la soit-disant « détente » dont j’aurai fait preuve durant la garde à vue, elle est totalement imaginaire. Lorsque j’ai croisé mes deux amies dans un des bureaux où nous avons été interrogées, nous étions toutes trois heureuses de nous retrouver. Je leur ai lancé » Regardez ! j’suis même pas habillée ! j’ai même pas de culotte ! » sur un air d’ironie qui les a fait éclater d’un rire nerveux. Nous n’avons pas ris bien longtemps, vite reprises par l’agent de police « Pourquoi vous riez ? 14 ans et en garde à vue ça vous fait rire ? ? » Bref, si détente il y a eu, elle fut de courte durée.

Hier soir, nous avons fait une soirée pyjama très sympathique, mais sans menottes ! Quelqu’un sait-il où nous pourrions nous en procurer ? : -D

Merci d’avance de m’excuser des quelques fautes d’orthographe que j’ai dû oublier en route, mais chacun sait maintenant qu’il existe pire que moi (cf : dépositions écrites par les policiers) !

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