Deux balles !

Posted on 15 février 2010

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Qui a dit ? « Je pense qu’une élection, c’est comme un match de foot, elle n’est pas gagnée tant qu’il n’y a pas eu le coup de sifflet final ». Evidemment, notre secrétaire d’Etat aux sports, mais on aurait pu trouver ces mots sous la plume de n’importe quel politique !

Et il faut bien l’avouer, j’hésite entre l’envie de dire c’est nul, c’est triste, c’est lamentable, ou même, c’est imbécile ! Alors je mets tout en vrac !

Bref, changeons de sujet.

As-tu donné deux balles pour Haïti ?

Moi non ! Et d’un côté, je le regrette, mais de l’autre je l’assume totalement.

Je le regrette face à l’absurdité du monde qui conduit à faire de la misère un inéluctable (et qui se fiche du sifflet de l’arbitre). Mais je l’assume parce que cet « inéluctable » ne l’est pas, qu’il faut sans cesse le répéter, et que la moitié de l’humanité qui donne deux balles pour Haïti s’en fiche totalement, du moment que sa table n’est pas vide.

« Lorsqu’un accident se produit quelque part, un instinct naturel à l’homme le pousse à porter secours et à sauver ce qui peut l’être. Mais, cette nuit, je vais habiller des bébés et tenter de calmer des mères et c’est cela que j’appelle « porter secours ». Je pourrais me maudire. Nous savons très bien que nous abandonnons nos malades, nos pensionnaires sans défense, à la faim, à la chaleur, au froid, au dénuement, à l’extermination et, pourtant, nous les habillons nous-mêmes et nous les conduisons nous-mêmes jusqu’aux wagons à bestiaux de bois nu – au besoin sur des brancards lorsqu’ils ne peuvent pas marcher. Mais que ce passe-t-il donc, quelles sont ces énigmes, de quel fatal mécanisme sommes-nous prisonniers ? »

C’est ce qu’écrivait Etty Hillesum le 24 août 1943 après le départ d’un convoi de déportation du camp hollandais de Westerbork vers Auschwitz, où elle sera elle-même déportée et mourra quelques semaines plus tard.

« Mais que ce passe-t-il donc, quelles sont ces énigmes, de quel fatal mécanisme sommes-nous prisonniers ? »

Je sais, la comparaison entre Haïti, notre « bonne » conscience à deux balles, et la Shoah peut paraître outrancière à certains. Mais la comparaison de la politique à un match de foot, alors ! Dans la bouche d’une femme politique !

Populo vox, j’invente cette expression totalement nulle, et qui n’est même pas du latin, mais qui pourrait traduire, justement, ce que les « élites » romaines voulaient dire en parlant de vox populi : une foutaise totale, dont tout le monde se fiche tant elle est manipulée pour… lui faire dire ce que l’on a envie de dire… C’est à dire rien !… Sauf qu’il faut occuper une place, et si possible la meilleure, alors que pour la plupart, la place à occuper n’est que (si possible) la moins pire !

Et je tombe sur une absurdité à remplir : « Notice d’information. le recensement, chacun d’entre nous y trouve son compte. »

Merci ! Je ne le savais pas ! Ce doit être la vox qui se prend pour la voix du peuple – j’allais dire la voie !

M’est avis que l’on devrait envoyer cette notice édifiante en Haïti où, sous les décombres, l’on trouvera encore quelques mains pour la remplir.

Je sais, mon « humour » est parfois douteux, mais dès lors qu’il joue entre dérision et humanité… Il lui arrive de chercher un terrain de jeu !… Qu’il ne trouve vraiment pas !

Et une petite leçon d’histoire, pour terminer

Lorsque l’UMP refait l’histoire, ça donne « le nazisme était une dictature du prolétariat », dixit Jean-François Douard.

Ah que ! Décidément, on aura tout entendu !

Effectivement, à lire les statuts de l’UMP :

L’Union « entend promouvoir, au service de la France et des Français, la liberté de conscience et la dignité de la personne, la diffusion de la culture et de l’instruction, le développement de la libre entreprise, l’Etat de droit, la justice sociale, le dialogue social, les droits, devoirs et solidarités fondamentales, l’égalité des chances, la sécurité des personnes et des biens, la protection de la nature et de l’environnement, la responsabilité individuelle, l’épanouissement de la famille, l’autorité de l’Etat, la libre administration des collectivités locales. »

Certains devraient peut-être les relire, avant de retourner à l’école. Mais comme il est vrai que l’histoire-géo ne sera bientôt enseignée en terminale, il faut s’attendre à ce que d’ici quelque temps, l’on puisse comparer Hitler à un ours en peluche !

Mais au fait, je ne savait pas que Madame Royal avait adhéré à Lutte Ouvrière. Merci Monsieur Douard de m’informer qu’elle dirige sa région comme une dictature du prolétariat. Demain, je déménage en Poitou Charente !

Dis Charente, c’est pour quand la révolution !

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Posted in: Raz-le-bol