La Marianne et le filosofe !

Posted on 20 février 2010

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Lorsque le gouvernement fait sa pub, il ne manque qu’une chanson pour que ce soit aussi nul que le libdub de l’UMP.

Vous n’avez pas pu ne pas la voir. Elle trône partout. Il s’agit d’une Marianne en blanc sur fond bleu, et d’une Marianne enceinte. En soi, cela ne casserait pas une patte au lapin. Mais lorsqu’il s’agit d’une pub pour les investissements gouvernementaux, cela prête plutôt à rire. Bien oui, notre gouvernement a des c…lles, et il sait s’en servir. Il a même réussi à engrosser la Marianne !

Désolé, j’ai mis des petits points, parce que mon Larousse, il dit que c…lles, c’est un « mot grossier, proscrit par le bon usage » (et j’avais même fait une coquille en écrivant « prescrit »). Par contre, on a le droit de parler de testicules, cela fait partie du « bon usage ». Et l’on peut dire « avoir des couilles au cul », ce qui, chez le populaire, signifie être courageux ; ou « c’est de la couille », ce qui veut dire, c’est nul.

Oui, « cul », ce n’est ni grossier, ni même populaire, c’est simplement la « partie postérieure ou inférieure de certaines choses », une bouteille par exemple. Et culbuter Marianne, ce doit être tout à fait légitime. A moins que l’on ne la renomme Marie.

Bref, je ne sais pas si notre gouvernement a des « nouilles au luc » (oui ! ça, j’ai je droit de le dire !), mais sa pub, c’est vraiment de la « nouille » !

Et toujours à propos de « nouilles au luc », il y en a un qui n’en manque pas, notre très humoristique B.H.L. que le botulisme ne fait plus « marrer » (sic) et de nous dire même que ça tourne « un peu pestilentiel » et « glauque », cette histoire ! On se demande parfois où est le pestilentiel !

C’est vrai que lorsque Delfeil de Ton se demande si B.H.L. ne serait pas « un jobard » ou un « menteur », cela a de quoi irriter ! Mais il n’avait qu’à lire ses classiques, le laveur de Kant, au lieu d’écrire n’importe quoi. C’est vrai aussi que lorsque Frédéric Pagès, créateur du botulisme philosophique, le qualifie de lecteur « au ventilateur », dénué d’humour et d’ironie, cela manque un peu de drôlesse. Mais il aurait pu changer de lunettes, notre « filosofe », avant de botuliser Kant. Et c’est vrai encore que lorsque Nicolas Demorand l’accueille sur France Inter en disant « Bonjour Bernard Henri Botul », cela commence à faire « moins rire ». Mais…

Bon, d’accord, Kant, c’est chiant ! Personnellement, je n’ai jamais trouvé de noumène derrière le phénomène, sauf de foire peut être, ou lorsque notre gouvernement engrosse la Marianne ! Comme le dit Michel Onfray (je ne sais plus trop où, il faut que je retrouve*), le noumène fait partie des « grosses machines à mettre le réel à distance pour lui préférer l’idée que l’on s’en fait ». Un peu comme le lavage de Kant par B.H.L. citant Botul, ou comme l’idée que notre gouvernement se fait de la France en repeignant Marianne.

Et pour en revenir à B.H.L., lorsque Nicolas Demorand lui dit qu’on le voit comme « un dandy richissime qui vit dans des palaces et voyage dans des jets privés », notre anti-kantien de répondre, « Et ben je les emmerde. Je les emmerde… » Ca, c’est de la réponse de « filosofe » !

Et lorsqu’enfin Nicolas Demorand demande, « Donc philosophe médiatique ce n’est pas une insulte pour vous ? »

B.H.L. de répondre : « Mais bien sûr que non ce n’est pas une insulte. Je défends des choses qui me tiennent suffisamment à cœur. Je mène des combats depuis 30 ans, depuis 32 ans, qui sont suffisamment importants pour moi, que je ne serais pas obligé de mener, que je mène et heureusement qu’il m’est arrivé d’avoir les médias avec moi et que je les ai le plus souvent avec moi pour mener ces combats. Bien entendu ! »

Lorsque l’on apprend que B.H.L. est né en 1948, c’est à dire qu’il a 61 ans ont peut aussi se demander quelles choses il a défendu pendant les 29 ou 30 premières années de sa vie !

Bref, notre gouvernement a bien fait d’engrosser Marianne, elle nous pondra peut-être un nouveau-nouveau philosophe !

« Mais qu’est-ce donc que la philosophie aujourd’hui – je veux dire l’activité philosophique – si elle n’est pas le travail critique de la pensée sur elle-même ? Et si elle ne consiste pas, au lieu de légitimer ce qu’on sait déjà, à entreprendre de savoir comment et jusqu’où il serait possible de penser autrement ? » C’est de Michel Foucault, et justement dans « L’histoire de la sexualité », comme quoi l’onanisme philosophique n’est pas une nouveauté. Foucault le dénonçait déjà.

PS Aux éditions 1001 nuits, il existe aussi un petit ouvrage de De Quincey, « Les derniers jours de (non pas B.H.L., mais) Emmanuel Kant ». Mais au fait, sur nos timbres, pour la prochaine Marianne, on pourrait mettre Carla Bruni, mais il sera dur de la mettre enceinte sur un timbre !

* J’ai retrouvé, c’est dans « Le corps sent l’organe », texte pour la plaquette 2009/2010 de la Comédie de Caen. Et ce n’est pas du Botul !

Oui, ce n’est pas le top 50, mais c’est marrant quand même !

Dis Arlette, c’est pour quand la révolution !

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