Le retour d’Arlette

Posted on 20 septembre 2010

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Non, ne vous réjouissez pas trop vite, travailleuses, travailleurs ! Ce n’est toujours pas le soir du grand jour ! L’Arlette en question, c’est Madame Grosskost, députée UMP du Haut-Rhin.

Mais lorsque les UMpistes adoptent un parler franc plutôt qu’un humour d’auvergnat, il convient de le mentionner :

« l’ambiance est délétère. Nous sommes dans un esprit de cour où les courtisans surenchérissent pour plaire au roi en faisant abstraction des réalités. On crée des divisions dans le peuple en oubliant la cohésion sociale et le bien commun. Nous sommes aujourd’hui dans un jeu de quilles où chacun veut éliminer l’autre (…) Sur le fond, n’importe quel délinquant doit être poursuivi comme délinquant. Mais sur la forme, c’est catastrophique. On exacerbe un populisme primaire qui n’attend que ça. Je n’apprécie pas cette manière de faire que je m’explique par le fait que nous ayons perdu l’esprit d’équipe. »

Ca cest bin vrai ! Comme le disait la Mère Denis. Une équipe dirigée par un roi et ses courtisans, c’est à peu près aussi performant qu’une équipe de France de foot en Afrique du Sud. C’est tellement enveloppé dans sa bulle, que ça ne sait plus où est la boule, pardon, la balle.

Tiens, on devrait inventer un nouveau jeu. Non, pas le lancer de nains, il existe déjà celui-là. Mais le lancer de quilles gouvernemental.

Mais rassurez vous, patrons, patronnesses ! Même si son « gaullisme social souffre », Madame la députée ne rejoindra pas les rangs de Force Ouvrière. Elle restera à l’UMP aux côtés de Philippe Marini, sénateur de l’Oise et maire de Compiègne, si « charnellement » attaché à ses électeurs locaux, qu’il nous explique que dans la cinquième république le parlement pèse très peu par rapport aux « phénomènes de cour ».

Monsieur Marini encore, tant attaché à sa bonne ville de Compiègne qu’il en connaît mêmes les entrelignes de l’histoire, et nous explique qu’il aurait « préféré qu’en 1867 à Compiègne, Napoléon III et Bismarck aient un entretien qui débouche autrement et que le Luxembourg n’existe pas…. C’est la faiblesse de Napoléon III qui a permis à ce pays d’exister, alors qu’il n’avait aucune raison historique d’exister. » Et que d’ailleurs, le Luxembourg, est un « pays qui n’a même pas besoin de recouvrer ses impôts… »

Et moi qui pensais que le Grand Duché était devenu un Etat indépendant en 1867 par le traité de Londres, il va falloir que je révise mon histoire.

Oui, elle restera donc à l’UMP, Madame la députée, aux côtés d’Eric Raoult selon qui « les roms, c’est un peuple sans pays », et que « nous ne pouvons pas permettre qu’ils s’établissent en France comme si c’était leur pays ».

Et moi qui croyais que l’on n’expulsait pas les apatrides. Il va falloir que je révise aussi ma géographie.

Aux Guignols de Canal+ l’autre jour, j’ai entendu un guignol, justement, nous expliquer que la Belgique était représentée par un petit bonhomme qui pisse dans une fontaine. Et comme c’est plutôt bien fait, les Guignols, on ne voit pas qui manipule la marionnette. C’est un peu comme pour le lancer de quilles, sauf que si l’on ne sait pas toujours ce que visent les quilles, on sait toujours sur qui elles retombent.

Sur une autre chaîne, on pouvait voir Eric Zemmour, le comique préféré des historiens de droite, qualifier Mgr Gaillot d’idiot utile du communisme et de l’islam.

Aucun rapport me direz vous, que toutes ces petites phrases !

Certes, mais lorsqu’un parti d’extrême droite fait son entrée au parlement suédois avec 20 sièges et qu’il s’intitule joliment parti des « Démocrates ». Ce n’est plus mon histoire, ni ma géographie,que je dois réviser, mais bien plutôt mon jeu de quilles.

Alors merci Madame la députée, pour votre petite leçon d’abstraction. Elle m’aura permis d’ecrire ce petit texte sans queue ni tête.

Mais malheureusement, la réalité rattrape bien souvent l’abstraction…

Et quant au retour d’Arlette… Ce sera pour une autre fois…

Dis Arlette, c’est pour quand la révolution !

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Posted in: Bof Bof...