Effets de manches, ou effets de banques ?

Posted on 21 septembre 2010

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C’est marrant les effets de manches. J’ai appris hier que le président d’un pays imaginaire où tout le monde il est beau, tout le monde il est heureux, s’était rendu spécialement aux Etats-Unis pour proposer de taxer les banques. Et que sa femme, qui tente désespérément depuis des années d’imiter la Callas, l’a accompagné, mais uniquement pour demander des conseils à la femme du président d’un autre pays imaginaire où tout le monde il est encore plus beau et encore plus heureux.

A leur place, je me serais plutôt rendu dans un autre pays imaginaire où tout le monde vit (sous, pardon) dans la botte d’un autre président imaginaire qui préside aussi les médias.

Taxer les banques ! Quelle riche idée pour faire remonter sa cote de popularité quand elle est au plus mal. Surtout lorsque l’on sait pertinemment qu’elle n’a aucune chance d’aboutir, puisque nos présidents imaginaires sont eux-mêmes présidés par les banques.

Au moins, dans le pays en forme de botte, notre imaginaire président taxeur et sa femme auraient pu apprendre à chanter. Certes, sans doute pas comme la Callas, mais c’eut été toujours moins pire que de souffler dans un pipeau.

Bref, notre imaginaire président farceur s’est comporté « comme un petit enfant, pris en faute de mensonge, et qui s’entête à insister qu’il dit la vérité », Ce n’est pas moi qui le dit, c’est le Financial Times Deutschland, pour qui son comportement rappelle le dicton « l’Etat c’est moi ».

L’Etat c’est moi ! Ca ne vous rappelle pas un truc ? Si, une petite phrase qu’aurait prononcé un certain Louis Soleil, roi de France par inadvertance (à l’époque, c’était de père en fils), armé d’un fouet face à la fronde du Parlement.

Et bien non ! Ce n’est même pas vrai ! Ce jour là, Louis Soleil, quatorzième du nom, n’avait pas de fouet ! Et quant à la célèbre petite phrase, « l’Etat, c’est moi », elle fait elle aussi partie de ces gros mensonges de l’histoire que de vilains gauchistes malveillants ont attribué au roi, sans doute pour fronder.

Le coup de taxer les banques, ce doit être un truc du même genre. Une invention de journalistes en peine de scoop, qui tentent de nous faire un poisson d’avril le 21 septembre.

Mais ça ne marche pas. Et d’ailleurs, le 21 septembre, il paraît que c’est la journée internationale de la paix… Alors ça, comme poisson d’avril…

Du coup, je vais vous en faire quelques uns, moi aussi, des petits poissons.

Il paraît que l’on va bientôt pouvoir bouffer du saumon OGM. Que les corbeaux de Nouvelle Calédonie utilisent des petites branches pour pécher les vers de Bancoule. Qu’en Polynésie, il y a « un peu plus » de cancers de la thyroïde à cause des essais nucléaires, mais qu’on n’en sait pas plus à cause du secret défense. Que Tchernobyl est devenu un site touristique à 160 euros la journée. Et que la fuite de pétrole du Golfe du Mexique est définitivement colmatée…

Vous y croyez vous ? Non ? Et pourtant, ils sont bel et bien frais, mes poissons.

Tiens, je vous en fais encore un autre. A New York, sur une population de 8 millions d’habitants, il n’y a que… 60 milliardaires. Si ce doit être vrai, j’ai appris ça hier soir sur France 2, dans une émission où l’on tentait justement de noyer un poisson d’avril. Non, pas Monsieur Woerth, pour lui, c’était plutôt une séance de repêchage…

Et bien que croyez-vous qu’ils aient fait, les 60 milliardaires new-yorkais, en écoutant notre joli président imaginaire parler du taxage des banques ? Qu’ils se sont mis à pleurer, en arrêtant de commercer des devises, des armes, ou tout autre produit destiné à polluer la planète ? Moi, j’aurais plutôt tendance à penser qu’ils ont organisé une visio-conférence pour savoir lequel poussera le plus grand éclat de rire. Je ne sais pas si l’on est payé lorsque l’on rentre dans le grand livre des records, mais au concours de la poilade, ils ont dû exploser tous les records du monde.

Alors oui, taxons les banques, chantons… Et faisons bien rire les riches…

« 2,57 milliards d’habitants des zones urbaines qui vivent dans des pays à faibles et moyens revenus sont exposés à des niveaux de risque inacceptables du fait de l’urbanisation galopante, d’une mauvaise gouvernance locale, de l’augmentation de la population, du manque de services de santé et, dans de nombreux cas, de la montée de la violence urbaine. Une grande partie d’entre eux est particulièrement menacée par le changement climatique. »

Ca, ce n’est pas un président imaginaire qui le dit. C’est la Croix Rouge, à l’occasion de la sortie de son rapport annuel sur les catastrophes dans le monde.

A demain, peut-être… Moi, je vais faire un concours de poilade avec mon banquier luxembourgeois et je l’invite sur mon île en Suisse…

Dis la rouge, c’est pour quand la révolution !

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