Un ch’ti moment de reflex-tion !

Posted on 27 septembre 2010

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Oui, je sais ! Ce n’est pas d’usage de faire des fôtes dans un titre, mais ce n’est pas une faute, et vous comprendrez pourquoi si vous me lisez jusqu’au bout. Et d’ailleurs, lorsqu’une ex-ministre de la justice tente de nous expliquer qu’en économie contemporaine, l’inflation est une fellation, on peut tout se permettre.

Bref, ceux qui me lisent un tantisoi le savent, je suis un adepte de la non votance. Non par principe, bien au contraire. Mais disons simplement par dépit. Communiste je reste par utopie, anarchiste je suis par réalisme. Et si je ne vote pas, c’est tout simplement parce que je ne vois personne, ni aucun parti, à gauche, mu par une réelle volonté de changer le monde.

L’écologie, c’est plutôt sympa, mais telle qu’elle se pratique dans les partis, ce n’est rien d’autre qu’une politique du moins pire. Le parti socialiste ? Mouais ! Remplacer un président qui se prend le plus souvent pour celui du MEDEF, par le président du FMI ! Pour moi c’est Kif Kif. Le Front de gauche ou le Parti Communiste ? Désolé, mais ils ont oublié que la lutte des classes, cela existait encore. Et que le communisme est l’utopie d’un monde où nous serions devenus nos propres patrons, mais je n’en vois pas la moindre trace dans leur programme. Le NPA ? Anticapitaliste, oui ! Je le suis tous les jours depuis que ma petite comprenette s’est mise à fonctionnier. Et comme l’on dit, cela me fait une belle jambe sur laquelle je peux compter les poils et même en faire des tresses. Donc…

Je suis allé voter une seule fois dans ma vie, lors des élections européennes de 1984. Alors que, de gauche à droite, l’on avait tant fait monter en sauce le Front National, que tout le monde faisait mine de redouter sa percée. Mon vote n’a sans doute pas servi à grand’chose, le FN a fait 11 %. Ce qui est d’ailleurs banal aujourd’hui.

En 2002, après la lamentable défaite de Monsieur Jospin et l’arrivée de Le Pen au second tour, j’ai appelé à ne pas voter. Pour moi, appeler à plébisciter Jacques Chirac, c’était tracer une voie royale pour que la droite s’installe au pouvoir pendant au moins vingt ans. Ca n’a pas loupé ! Si la gauche s’était abstenue, Chirac serait passé avec 20% et quelques, et pas avec 82%. L’affaire eut été différente alors ! Et si, ce qui était totalement improbable, c’est Le Pen qui était passé, gageons que l’on aurait vu la droite et la gauche dans la rue, et main dans la main… (Une « bonne » partie de la droite au moins)…

Mais aujourd’hui, il faut bien le dire, je m’interroge. Non pas pour savoir pour qui j’irai voter. Si je le fais, j’irai voter « utile » comme on dit, c’est à dire, pour un moindre pire, pour ce parti socialiste dont on a vu que, lorsqu’il était au pouvoir, il n’a rien fait d’autre qu’une politique de droite. Aucune raison donc, pour qu’il fasse autre chose aujourd’hui. Sans plus parler de DSK, je vois mal Martine Aubry ou Ségolène Royal se coller le couteau entre les dents pour se transformer en révolutionnaires.

Non, je m’interroge simplement sur le fait de savoir si oui ou non, j’irai voter aux prochaines élections, et surtout pourquoi.

Beaucoup font en effet aujourd’hui de l’antisarkozysme primaire, c’est leur droit. Moi, je fais plutôt dans l’antisarkozysme secondaire.

Certes sa politique du tout pour le capital me révolte. Certes, sa parentelle avec l’extrême droite me donne des indigestions – ceci-dit pour faire poli. Mais tout cela, nous le savions, pour peu que nous ayons prêté attention à ses discours de ministre de l’intérieur, ou simplement à son parcours politique. Il n’y a donc aucune surprise, sauf pour ceux qui se sont mépris en le prenant pour un Jaurès de droite.

Tout cela, on peut taper dessus tous les jours, ce que je ne me prive pas de faire. Mais – et cela n’est en rien péjoratif – c’est ce que j’appelle l’antisarkozysme primaire.

Non, ce qui me heurte au plus haut point et qui me poussera peut-être à aller voter, c’est cette politique du mépris total des autres à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui. Et c’est là que se situe mon antisarkozysme secondaire.

On le sait, l’écoute de l’autre n’a jamais été l’apanage des politiques. Entre deux campagnes et les promesse électorales qui les accompagnent – mais qui ne seront que rarement tenues – le politique installe généralement son petit pouvoir de clocher. Quant au reste… Circulez, il n’y a rien à voir…

L’essentiel étant surtout de conserver la place tant qu’elle est chaude. On l’a bien vu, par exemple, lorsque François Mitterrand était au pouvoir. Après à peine deux petites années d’une politique vaguement teintée de rose, grand virage à droite et passage à une politique du MEDEF. Du coup, exit les socialistes et retour de la droite. On l’a mieux vu encore lors du brillant passage de Monsieur Jospin à Matignon. Il nous a fait un tel gauchisme que hop ! Même pas présent au second tour…

Avec la droite au pouvoir, au moins, on sait généralement à quoi s’en tenir ! Et je ne vous expliquerai pas comment lancer les pavés… dans la marre.

« Gouverner c’est écouter chacun, gouverner c’est respecter chacun », c’est l’un des derniers bons mots de François Fillon, notre bon Premier Ministre ! Et elle est bien bonne celle-là, je trouve !

C’est amusant comme certains politiques se transforment en utopistes par moments. Comme Madame Dati, par exemple, lorsqu’elle nous lapsusse que l’inflation est une fellation. Et moi qui ai toujours pensé que l’inflation, c’était plutôt un coup de pied mal placé (Non, je n’ai pas dit dans les…urnes) !

Bref ! Gouverner, c’est écouter et respecter chacun ! Certes, mais j’ajouterais, uniquement quand cela vous arrange. Et d’ailleurs, l’écoute et le respect ne nous obligent en rien…

Je ne me fatiguerai donc pas l’esprit aujourd’hui à énumérer toutes les petites « affaires » qui ont parsemé depuis trois ans notre vie politique tant elles balaient large. D’un petit dîner de fête au Fouquets, à une histoire de cigares à 12.500 euros, en passant par une petite ballade en jet privé en Haïti pour 116.500 euros, ou par un « dédommagement » de 30, non pardon, 210 millions d’euros, ou encore par tout ce que l’on découvre dans les « affaires » traitées par Monsieur Woerth… J’en oublierais fatalement ! Et d’ailleurs, on en découvre presque tous les jours.

Mais ce qui me choque, c’est qu’en dépit de toutes ces « petites affaires », on continue, comme si de rien n’était la politique du doigt d’honneur, de la plaisanterie d’auvergnat, des lois passées au forceps, et de la pure et simple gironille.

« Ensemble, tout devient possible », nous avait prévenu un certain candidat. Nous avons dû l’oublier trop vite.

Et pourtant, ce n’est plus un simple slogan ! Oui tout semble devenu possible aujourd’hui, du moins pour certains. Et peu importe ce que les autres en pensent, peu importe ce que les autres en disent, peu importe leur nombre. Peu importe même qu’il y ait des « autres », puisque de toutes façons lorsqu’un certain parle, c’est LA France qui parle ! Et lorsque LA France parle, plus personne n’a plus son mot à dire.

Oui, je sais « la France, c’est moi », ce n’est pas très original. Mais lorsque cela se double d’un, avec moi, « tout devient possible ». En termes sémantique, cela ouvre les portes à tout et n’importe quoi.

Pourquoi donc s’en priver ! Comme l’on dit dans ma basse cours, « chose promise, chose due ».

Alors merci, Madame Dati, de m’avoir fait rêver en pensant que l’inflation pouvait être une fellation – ce qu’elle est peut-être pour certains d’ailleurs. Et merci Monsieur Fillon, de m’avoir réappris les adages de la bonne gouvernance, dès demain, je penserai à me racheter des coton-tiges.

Ceci-dit, lorsque j’enlève le bâtonnet du coton-tige, le coton peut prendre une toute autre fonction, celui de la boule Quies… Cette petite boule que je vais bientôt être obligé de me coller dans les oreilles si je ne veux pas sombrer dans l’antisarkozysme tertiaire, à force d’entendre chaque jour que l’on découvre un nouveau pot aux roses, mais que les roses n’ont plus qu’une odeur de carottes…

Et merci surtout, Monsieur Fillon, d’avoir ajouté à votre petite tirade sur l’écoute et le respect, que « gouverner, c’est aussi parfois savoir dire non ».

Pour votre gouverne, non, c’est sûr, si j’ai vais voter aux prochaines élections, ce sera pas pour vous, ni pour cette politique de La France où tout devient possible. Ni pour ceux qui se disent contre vous, mais ne rêvent qu’à prendre votre place pour faire sensiblement la même politique.

NON ! Comme l’on dit encore dans ma basse cours, ce sera pour pisser dans un violon et dire NON à cette politique où l’écoute et le respect ne sont plus que des mots qui peuvent s’acheter sur Gogole, et en espérant – mais le violon crie – que cela servira de leçon aux autres.

Et merci enfin pour m’avoir fait hésiter un peu entre le réflexe et la réflexion… A Madame Dati surtout, pour nous avoir pris pour des b…tes, et à Monsieur Fillon pour nous avoir fait passer pour des Th..ons.

Et pour savoir ce qu’est une gironille, cliquez zici !

Dis le thon, c’est pour quand la révolution !

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