Une éolienne dans mon jardin…

Posted on 13 octobre 2010

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Il paraît que l’on peut s’équiper d’une éolienne de maison pour 5 euro par mois. Cela fait fonctionner un petit frigo, une télé, et même une chaîne hi-fi. Mais pour la cuisine et le chauffage, vous avez intérêt de choisir le feu de bois… Ca, c’est pour la plus petite éolienne. La gamme au dessus est nettement plus chère – on ne donne d’ailleurs pas le prix – puisqu’elle n’est amortissable qu’au bout de dix ans. Et au bout de 10 ans et un jour, comme elle n’est plus sous garantie, bling ! Elle tombe en panne.

Pourquoi je raconte ce truc ? La plus petite, elle fait quand même deux mètres d’envergure, et ne rentre pas sur mon balcon. Donc, je m’en fiche. Non, en fait, c’est parce que je cherchais des infos sur « Lauvergeon » sur Gogole, et je suis tombé sur ce truc d’éoliennes. Il porte vraiment bien son nom Gogole.

Lauvergeon, ce n’est pas un bled de Corrèze, enfin je ne crois pas, c’est le nom de Madame la patronne d’Aréva. Et Aréva, c’est le nom de la boîte qui, pour fabriquer du nucléaire, envoie ses employés se faire dorer la pilule au Niger. Et vous connaissez la suite.

Et pourquoi je cherchais des infos sur la Dame ? Ca je vous le dirais tout à l’heure, si je ne me suis pas perdu en route. Mais rassurez vous, je ne pars pas au Niger.

En fait, lorsque je cherche un truc sur le nucléaire, je tombe sur une pub pour les éoliennes ! Il y a quand même de sacrés paradoxes dans ce monde. Il faudra que j’essaye l’inverse.

Et tiens à propos de paradoxes, j’ai entendu deux choses marrantes hier. On est capable de greffer des cellules souches pour tenter de réparer la colonne vertébrale d’un mec, et on arrive aussi à construire des usines nucléaires sur des bateaux. C’est génial le progrès, non ? Sauf que le mec à qui l’on tente de réparer la colonne, il a dû se la péter dans un accident de bagnole – ce doit être le revers du progrès. Et que le bateau usine nucléaire, il est destiné à aller poubelliser le grand nord – ce que l’on n’a pas pu faire jusqu’à présent, parce qu’il n’y a pas d’électricité là-bas. Et en plus, il n’est pas construit par Aréva, mais par les russes. Personnellement Tchernobyl sur un bateau, moi, j’aurais tendance à me méfier.

Et tiens, une autre chose amusante. Pour tenter de ne pas mobiliser les jeunes contre la réforme des retraites (il faudrait plutôt dire le massacre de la retraite), on leur dit d’aller voir ailleurs si j’y suis. Pourquoi donc s’occuper d’un truc qui ne les regardera que d’ici une cinquantaine d’années ?

Ca au moins, c’est de l’argumentaire choc !

Oui, pourquoi donc s’intéresser à l’avenir ? Dis, le jeune ? Dans cinquante ans, le bateau usine nucléaire sera devenu un bateau poubelle dont on ne saura plus quoi faire, alors ta retraite !…

Tiens un champ d’éoliennes, d’accord, ça ne pollue pas. Mais c’est quand même très moche dans votre jardin, et ça fait du bruit. On ne pourrait pas en coller dans le grand nord, plutôt que des futurs bateaux poubelles ?… Il faudrait quand même demander leur avis aux quelques ours blancs qui parviennent tant bien que mal à survivre – non par manque d’électricité, mais parce qu’on leur a bouffé tout le poisson. Ceci-dit, on ne leur demande pas leur avis pour les bateaux nucléaires, alors pour l’éolien…Dis le jeune, tu ne peux pas faire comme le nounours blanc ?

Oui, je sais, je me suis un peu barré au Niger quand même ! Mais lorsque l’on sait que l’éolienne que vous allez coller dans votre jardin est programmée pour ne durer qu’un jour au delà de sa garantie… Il y a quand même de quoi se poser des questions sur l’avenir !

Dis, le jeune, c’est combien la garantie d’un bateau centrale nucléaire ?

Ca au moins, ce doit-être une question à mille balles. Mais c’est comme l’âge de la retraite… Circulez, ça ne vous regarde pas !

Dans Rue 89, on peut lire encore un truc amusant. La liste des dix entreprises françaises qui financent le plus la campagne électorale… américaine, et le montant des sommes versées. Pour les cinq premières uniquement, cela représente 744.953 euros.

Vous me direz que ces entreprises financent bien les campagnes électorales françaises via des Cercles et autres machins du même genre. Alors pourquoi pas la campagne américaine ? Certes, mais lorsque l’on sait que ces financement n’ont rien de « politiques », mais ne servent (que de pots de vins, pardon) qu’à conquérir des parts de marchés. On est en droit de se demander où cela s’arrête et quel peut être le montant total de tels financements. Bref, combien de retraites cela garantirait !

Alors oui, les jeunes, circulez, il y a vraiment rien à voir ! Et puis dans cinquante ans…

D’ailleurs, ces cinq entreprises sont :

Axa, dont le patron gagnait plus de 3,2 millions d’euros en 2009, soit une hausse de 29,4%,
Vivendi, dont le patron gagnait près de 2,5 millions d’euros en 2009, le pauvre, il a perdu 3% de salaire,
Sanofi-Aventis, dont le patron gagnait près de 3,7 millions d’euros en 2009, en augmentation de 51%,
GDF-Suez, dont le patron gagnait plus de 3,3 millions d’euros en 2009, pour lui, une hausse d’uniquement de 32,2%,

et enfin, je savais bien que l’on allait y revenir, Aréva, dont la patronne Madame Lauvergeon, ne gagne même pas un million, à peine 925 mille balles et n’a eu droit qu’à une toute petite augmentation de 0,8 %.

Alors oui, les jeunes, circulez, il n’y a strictement rien à voir. Et d’ailleurs, le film est interdit aux moins de 18 ans…

Décidément, il ne vaut mieux par chercher « Lauvergeon » sur Gogole. C’est un truc à vous rendre sénile avant l’âge de la retraite ! Bon allez, je vais déloger les pigeons qui squattent mon balcon, et y planter une éolienne.

Et à lire, si vous avez le temps, Le cercle à Toto.

Dis Toto, c’est pour quand la révolution !

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