Difficile d’expliquer à des c… heuh !

Posted on 27 octobre 2010

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Difficile d’expliquer à des cons ? En ce moment, cela semble être une évidence ! Mais va savoir qui sont les cons !

Bref, « difficile d’expliquer à des cons », c’est le bon mot d’un certain ministre de la défense, pour tenter d’expliquer, justement, pourquoi l’on envoie des soldats en Afghanistan. Et en effet, va savoir pourquoi ! Mais cela n’est pas le sujet.

En fait, j’ai bien plutôt l’impression que cette phrase résume la pensée qui préside actuellement à notre bonne gouvernance, et que l’on devrait inscrire au fronton de chaque ministère : « difficile d’expliquer à des cons ! »

Mais pour savoir qui sont les cons, ça, c’est une autre paire de pompes. Certes, c’est nous à l’évidence, les 70% qui ne croient pas ou plus en l’efficience de nos gouvernants. Et dont on se fiche, parce qu’ils ne représentent que la rue, et peu importe si la rue rue (oui, je sais…).

Mais ce n’est pas seulement nous, semble-t-il, puisque nos joyeux ministres en sont aujourd’hui à se traiter mutuellement de cons et de zozos.

Je ne sais si pas si vous avez entendu dimanche un certain ministre des grenelles, nous expliquer (lui aussi) qu’il n’y avait pas de pénurie d’essence. Mais nombre de ceux qui sont passés à la pompe ce matin, ont dû se dire qu’il nous avait vraiment pris pour des cons.

C’est d’ailleurs ce qu’a dû penser son ministre en chef en allant recharger son Zippo. A en croire le Journal du Dimanche, il aurait en effet déclaré, « Borloo est un zozo. Il m’a fait passer pour un con ! »

La connerie à ce point là…
………………………

La connitude serait-elle donc une vertu bien partagée ? Ce sera ma question du jour.

A en croire les droitistes d’ailleurs, nous ferions une « focalisation » sur notre Vénéré que nous prendrions comme un « bouc émissaire », un « petit fétiche sur lequel » nous nous amuserions à lancer « des fléchettes ». Seul notre Vénérable serait donc la cible de nos fléchettes, lui seul l’incarnation de tous nos maux ! C’est ce qui expliquerait que nous soyons 70% à le désavouer, et 69% à soutenir les grèves et les manifs !

Bref, aucun problème avec toutes les affaires qui polluent notre environnement gouvernemental. Aucun problème fondamental vis à vis du saccage des retraites. A lui seul, notre Aimable focaliserait toutes nos angoisses et cristalliserait toutes nos « hargnes », une sorte de nouvelle incarnation (du mâle, pardon) du mal absolu.

Evidemment, ce ne sont les propos que d’un seul droitiste, un certain Denis Tilliniac, pote de Jacques Chirac et néanmoins copain de Sarkozy depuis 20 ans. Mais combien de fois n’a-t-on pas entendu des propos semblables ? En fait, à chaque fois que l’on s’oppose ou que l’on critique les actions de ce gouvernement, on se voit taxé d’antisarkozysme, et généralement primaire.

Et peu importe le sujet, cet antisakozysme « est irrationnel », il « confine à la pensée magique ». En résumé, ne cherchez pas où est le con, il est difficile de lui expliquer. Et le con, c’est vous, bien évidemment !

Les cons ça ose tout…


En lisant cela, le con que je suis, se pose néanmoins une petite question. A quoi sert notre gouvernement ?

Lorsque je critique la « réforme » des retraites menée par Monsieur Woerth, je suis antysarkozyste (primaire).
Lorsque je critique la chartérisation systématique menée par Monsieur Besson, je suis antysarkozyste (primaire).
Lorsque je critique la politique du tout sécuritaire menée par Monsieur Hortefeux, je suis antysarkozyste (primaire).
Lorsque je critique la stigmatisation des Roms menée conjointement par Messieurs Besson et Hortefeux, je suis antysarkozyste (primaire).
Lorsque je critique la paupérisation de l’enseignement ou de la médecine publique au bénéfice du privé, menée par Monsieur ou Madame Xyz, je suis antysarkozyste (primaire).
Et je passe sur le reste.

Donc, si j’en crois la droite, il y a des petits Sarkozy partout, puisqu’il y a partout de l’antisarkozysme.

Il doit avoir un sacré don d’ubiquité notre Vénéré ! A moins que… chaque ministre ne fasse que de l’imitation. Imaginez un portrait de groupe de notre gouvernement où chaque ministre porterait un masque de Sakozy !

Je repose donc ma question autrement. N’aurait-on pas, à droite, un peu trop forcé sur la culture du nombrilisme ?

Je pense, donc je suis, nous disait Descartes. Et vous savez pourquoi qu’il nous disait cela, le bon vieux vieux René. Et bien pour prouver l’existence de dieu ! C’est sans doute ce qui a conduit Spinoza à nous expliquer que dieu est partout. Il faut dire qu’à l’époque, les philosophes n’ayant pas grand public, ils pouvaient raconter n’importe quoi à leur aise. C’est d’ailleurs ce qui a conduit Pascal à nous faire le coup du pari gagnant (l’ancêtre du PMU), pour nous dire que si l’on n’était pas sûr que dieu existait, l’on avait qu’à parier que si – une petite prévention pour le jour du jugement.

Oui, je sais, je digresse encore. Mais ça, c’est parce que j’ai lu que Denis Tilliniac, le pote de Chirac et Sarkozy qui nous prend pour des lanceurs de fléchettes, avait accompagné notre Vénéré au Saint-Siège… pour visiter le pape.

Et du coup, je modifie encore ma question. A force de voir de l’antisarkozysme partout, la droite ne tomberait-elle pas dans une Sarkodéïfication ?

Désolé Messieurs-Dames les droitistes, je n’ai jamais été doué au lancer de fléchettes. Mais s’il est vrai qu’à chaque apparition de notre Vénérable à la télé, j’en profite pour aller aux coin-coins – et que, comme pour la pub, il va falloir que je trouve un truc tellement on nous le montre.

En revanche, lorsque j’entends Messieurs-Dames Woerth, Besson, Hortefeux, Lagarde, Yade… me dire que c’est comme ci, et non comme ça. Et que si je pense comme ça, et non comme si, je… n’ai rien compris… Bref, que je suis un c… j’ai envie de me demander quelle est la différence entre un con-sonnant et un con-trébuchant.

Et je vous laisse avec Brassens… Moi, je vais faire coin-coin à mon lapin et demain, j’apprendrai à ma chatte à jouer aux fléchettes.

P.S. C’est génial, parfois un droitiste, lorsqu’il nous propose des réformes. Pour Monsieur Tilliniac, « Il faut un gouvernement resserré avec des ministres sérieux, probes, pas des marioles et qui ne parlent pas trop. »

Dis demain, c’est pour quand la révolution !

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Posted in: Raz-le-bol