Ca révolutionne même dans les crèches.

Posted on 4 novembre 2010

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Dans le Nouvel Obs, je lis à propos de l’affaire Bettencourt que « le parquet maintient la demande de dépaysement, comme prévu ».

J’ai d’abord cru que l’on allait envoyer la vieille dame sur son île d’Argos. Mais non, il s’agit de renvoyer l’affaire d’un tribunal vers un autre… Et si quelques documents se perdaient pendant le transfert, après tout…

Bref, j’ai envie de parler « terroir », aujourd’hui.

En lisant le compte rendu de l’interview d’un certain ministre du bon à tout à faire (surtout avec les auvergnats), j’avais en effet d’abord lu que trois formes de « terroirisme » menaçaient la patrie des droits de l’homme (surtout lorsqu’ils sont auvergnats) : les séparatistes basques de l’ETA, l’ultra-gauche, et l’islamisme radical.

Vous aurez rectifié par vous-même, il s’agissait en fait de « terrorisme ».

Mais notre bon ministre oublie une menace terroriste autrement plus grande, celle des bébés.

Son copain Jean-Marie Bockel vient en effet de remettre à notre Vénéré un rapport sur la délinquance juvénile. Et il a sacrement planché sur son rapport, le secrétaire à la justice, 93 pages qu’il fait le pavé, et il commence par une citation de Socrate : “Nos jeunes aiment le luxe, ont de mauvaises manières, se moquent de l’autorité et n’ont aucun respect pour l’âge. À notre époque, les enfants sont des tyrans.”  M’est avis qu’il l’a trouvée sur Wikimachin, sa citation de Socrate, il n’en donne pas la référence.

A priori donc, rien de nouveau dans ce rapport. Sauf que Socrate a été condamné par les grecs à boire la ciguë, précisément pour avoir voulu corrompre la jeunesse. Mais bon, un secrétaire d’Etat à la justice n’est pas sensé connaître l’histoire de la philosophie, à moins que comme Platon, il ne veuille réhabiliter Socrate. Je pense, donc j’essuie, aurait pu nous dire Descartes revu par Pierre Dac.

Sauf que Libération relève un truc. Dans son rapport sur la délinquance juvénile, notre joyeux secrétaire justicier prône un repérage des troubles de comportement de l’enfant dès deux à trois ans.

Je m’empresse donc d’aller jeter un (mauvais) oeil sur le rapport en question. Et en effet, page 44, je tombe sur une proposition nommée « numéro 7 » qui nous dit que « ces éléments militent aujourd’hui pour la mise en place d’un repérage précoce des enfants en souffrance. »

Bon, des éléments qui militent, moi, je n’en connais pas beaucoup. Même au bon vieux temps où le Parti était encore communissss… on ne s’appelait pas « éléments ». Mais s’ils militent pour un repérage précoce de la souffrance de l’enfance, je n’ai rien contre.

Sauf que non, il s’agit bien d’un « repérage précoce des enfants en souffrance ». Et la nuance est d’importance.

Je cite notre bon secrétaire : « Sans volonté de relancer la polémique sur ce sujet, une prise en charge précoce des difficultés des enfants ne serait-elle pourtant pas préférable à l’attitude actuelle qui consiste à attendre les passages à l’acte pour agir ? »

C’est évidemment moi qui souligne. Mais on n’explique pas de quels « passages à l’acte » il s’agit. Peut-être ceux de la rébellion. Dès deux ans, il convient donc « de détecter et de répondre à des comportements d’enfants difficiles ».

Du fait de toutes les difficultés que l’on a à repérer Ben Laden en dépit du nombre de satellites qui focalisent sur lui, je ne lui poserai pas la question de savoir s’il était un enfant « difficile » dès deux ans. Mais notre secrétaire et son ministre des auvergnats pourraient peut-être la poser aux ultra gauchistes qui nous menacent.

Après le fichier « base élèves », ils pourraient ainsi constituer un fichier « base crèches » pour savoir qui seront les anarchistes de demain.

« Il faut dire la vérité à nos compatriotes (…) avec le souci d’informer (…), mais encore une fois, il ne faut pas alarmer inutilement: nous sommes actifs. »

Ca, ce n’était pas dans le rapport, ce sont juste quelques uns des récents propos de Brice Hortefeux.

Mais j’ai encore tout mélangé. Alors oui, vivement la retraite.

Dis ma chatte, tu me passes ma poupée Barbie.

Quelle idée d’appeler une poupée « Barbie ». Son bonhomme ne s’appellerait pas Klaus. Qu’elle répond ma chatte.

Qu’est-ce que tu veux répondre à ça !

Et pour la visite du terroir, ce sera pour une autre fois.

 

Dis Barbie, c’est pour quand la révolution !

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Posted in: Raz-le-bol