Et un prix Nobel de la game-boy ?

Posted on 19 novembre 2010

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J’avais envie de parler d’un truc sympa pour finir la semaine. Une histoire d’amour entre un éléphant et une dromadaire, une aurore boréale dans la savane, la rencontre du petit Poucet avec le petit Jésus. Bref, une histoire gentille et tendre, à vous réconcilier avec le monde et faire sourire les lèvres les plus gercées.

Mais le temps est aussi triste qu’une coquille de moule baignée dans le pétrole. Et plutôt que de lire la presse, j’aurais mieux fait de lire les mémoires de Pinochet, ou les souvenirs intimes de Staline. Je m’y serais peut-être plus amusé.

Pourtant j’ai commencé par ce qui me semblait le moins désespérant : « la remise du prix Nobel de la paix reportée ».

Chacun le sait, le tout récent prix Nobel Chinois Liu Xiaobo est en tôle et sa famille empêchée de sortir de Chine, je pouvais donc penser que, peut-être, les chinois avaient fait un effort. Mais non, évidemment !

Et moi qui croyais que le prix Nobel de la paix était une distinction pour honorer un véritable artisan de la paix dans le monde, quelle ne fut pas ma surprise en apprenant que non. Le prix Nobel de la paix, c’est avant tout un chèque de 1,4 millions de dollars !

Il est vrai que tout se monnaye aujourd’hui, surtout la guerre, alors pourquoi pas la paix.

Bref, dépassant ce petit moment de déprime, je tente de zaper les articles politiques, les histoire de pots de vin, de corruption, de conflits d’intérêts… qui généralement ne parlent que des mêmes choses, et je vais faire un tour côté sciences.

Je tombe donc sur un papier intitulé « cent ans sans énergie ? » Chic alors, cent ans sans énergie, cela signifie que l’on va un peu nettoyer le monde. Bien non ! Je lis que d’ici 2041 (c’est précis) les réserves de pétrole de la planète seront épuisées, ce qui en soi est une bonne chose, on pourra enfin s’occuper des marées noires. Par contre, il n’y aura pas assez d’énergies renouvelables pour remplacer l’essence.

Il nous faudra donc construire des voitures à pédales et nous chauffer avec de la bouse de vache. Pour cuire le bifteck, il nous faudra aussi réinventer l’usage du frottage de cailloux.

En soi, je n’ai rien contre. Mais pour certains, cela va être dur, je ne sais pas comment on va faire fonctionner la game-boy.

Il y a d’ailleurs « un scénario plus optimiste » qui prévoit que les réserves de pétrole ne s’épuiseront qu’en 2054. Génial, n’est-il pas, treize ans de gagnés ! Ca au moins, c’est de l’optimisme !

Mais le plus amusant dans cet article, c’est que pour comparer le déclin des réserves pétrolières et l’évolution des énergies alternatives, les chercheurs sont allés scruter leurs bourses – avec ou sans microscope, ça, je ne sais pas.

Bref, on peut lire que « la valorisation boursière des compagnies pétrolières dépasse de loin celle des compagnies d’énergies alternatives. Selon les chercheurs, cela signifie que les investisseurs croient que le pétrole va continuer à bien se porter dans un avenir proche et surpasser le secteur des énergies renouvelables. »

D’où ma petite question du jour. Si l’on créait un prix Nobel de la sottise, à qui devrait-on l’attribuer ? Aux chercheurs prévisionnistes (on dit aussi projectionnistes), ou aux boursicoteurs qui persistent à faire fi de toutes les projections, en se disant sans doute qu’après tout treize ans de gagnés, c’est toujours ça de pas perdu (vieux proverbe zapothèque).

Je n’y répondrait pas. Et d’ailleurs juste à côté de mon article, je lis que « Royal est en duplex dans la pièce d’à côté ». Ce qui me fait une belle jambe, puisque je me moque de la politique aujourd’hui

Bref, je poursuis donc côté sciences, et comme j’ai déjà parlé des records les plus cons du monde hier, pourquoi ne pas continuer.

Entre janvier et octobre 2010, nous avons battu le « record de chaleur planétaire ». Evidemment, certains vont nous dire que nous n’y sommes pour rien, c’est à cause du soleil qui se réchauffe et fait flatuler les bovins. Et comme entre 1990 et 2008, les émissions de gaz carbone fossile ont augmenté de 41%, soit la population bovine a vachement augmenté, soit les vaches ont laché de sacrées caisses.

A moins que le réchauffement du soleil ne fasse aussi flatuler les boursicoteurs, dont la population a d’ailleurs tendance à augmenter elle aussi – et étrangement, de manière assez proportionnelle à la crise.

Ceci dit, comme en 2041 ou au pire en 2054… on pourra toujours réinventer le chariot tiré par des vaches…

Et quant au prix Nobel de la sottise, si on lui colle 1,4 million de dollars à la clef, j’en connais plein qui vont postuler.


Dis chameau, c’est pour quand la révolution !

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