Je veux une papamobile pour Noël…

Posted on 23 novembre 2010

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Il y a quelques jours, on pouvait lire dans le très sérieux Figaro, organe préféré de nos élites nationales, « la laïcisation accélérée des sociétés occidentales risque de « détruire la liberté religieuse en se proposant comme une vraie dictature », s’est inquiété le pape au Vatican, lors d’une journée de réflexion avec les cardinaux du monde entier. »

Si on prend une moyenne de 70 ans comme âge moyen des cardinaux (et je suis sympa), multipliée par 150, cela donne 10.500 ans, que l’on soustrait de 2010, c’est le retour à l’âge de bronze…

Bref, passons pour le moment sur la « dictature » de la laïcité, et parlons plastic. Tout le monde en a causé en effet, un an après nous avoir expliqué que le préservatif pouvait être un facteur d’infection, notre bon pape semble avoir pris quelques leçons de choses (c’est ainsi que l’on nommait les sciences naturelles de mon temps). Il nous explique donc aujourd’hui que non, mea cupla, le préservatif peut se justifier notamment pour ne pas transmettre le virus du SIDA.

Bon chacun a le droit de se tromper et l’on peut en apprendre tous les jours. Tiens, moi, par exemple, je viens d’apprendre que lorsque le pape fait du modelage, cela ne donne pas une sculpture, cela donne un cardinal. En effet, on ne devient pas cardinal n’importe comment, il faut pour cela que le pape vous crée. Je ne sais pas trop comment il s’y prend, avec de l’argile peut-être, comme l’a fait pour les hommes son patron.

Mais trêve de plaisanteries. En admettant aujourd’hui un certain usage du plastic, le pape va bien plus loin dans sa petite « non-révolution » personnelle, en admettant du même coup la prostitution féminine, masculine, et même transsexuelle, c’est ce que l’on peut lire dans une dépêche de l’AFP publiée par le Figaro. Dans un bouquin publié aujourd’hui, Benoït XVI donne en effet pour exemple d’usage « admis » de la capote celui des « prostitués hommes ». Et lorsqu’on lui demande de s’expliquer sur cette restriction aux seuls prostitués hommes, il répond que la seule chose importante est « cette intention d’être responsable et de prendre en considération la vie de l’autre », donc peu importe que vous soyez « une femme, un homme, ou un transsexuel ».

Avis donc aux prostitués femmes, hommes ou trans, si vous êtes « responsable » et prenez « en considération la vie de l’autre », non seulement vous avez droit à la capote, mais vous êtes « admis » par le pape. Mais pour ce qu’il en est de la justice « laïque »…

Etant donné que je ne lirai pas le bouquin du pape, je me contente des extraits qu’en donne Le Monde. Concernant donc le recours au préservatif, il « n’est pas la véritable manière de répondre au mal que constitue l’infection par le virus HIV. La bonne réponse réside forcément dans l’humanisation de la sexualité. » Mais pour savoir ce qu’est « l’humanisation de la sexualité », il nous faudra attendre une nouvelle leçon de choses.

Concernant la pédophilie, on peut lire « ces terribles révélations ont tout de même aussi été un acte de la providence qui nous humilie, mais force à recommencer à nouveau. » Il est plutôt étrange, l’extrait choisi du Monde. Recommencer quoi ? On peut s’interroger…

Bref, je ne lirai vraiment pas ce bouquin, les extraits étant amplement suffisants. Celui concernant l’honorable Pie XII, par exemple, qui fut pape durant la seconde guerre mondiale, on peut lire :

« Pie XII a sauvé la vie de milliers de juifs en faisant par exemple ouvrir les couvents et les monastères romains. Bien entendu, on peut se poser la question : pourquoi n’a-t-il pas protesté plus clairement ? Je crois qu’il a vu quelles conséquences aurait une contestation ouverte. Je crois qu’il faut réellement reconnaître qu’il a été l’un des plus grands Justes et qu’il a sauvé plus de juifs que quiconque. »

Aucune envie de polémiquer avec notre bon Benoît sur ce sujet, mais il a fallu attendre septembre 1943 et la déportation des Juifs de Rome pour que les couvents et les monastères s’ouvrent à eux. Jusque là, de même que par la suite, il n’y eut pas l’ombre d’une protestation officielle de la part du Vatican. Jusqu’en septembre 1943 pourtant, Rome n’était pas sous domination allemande, mais italienne, ce qui permettait une certaine latitude. En juin 1944, lorsque débuta la déportation massive des Juifs de Hongrie dont le Vatican fut immédiatement informé, pas la moindre protestation non plus, alors que Rome et le Vatican étaient déjà sous la protection des armées alliées.

Bref ! Dans le digest du Monde on peut encore lire à propos de démission, « quand un pape en vient à reconnaître en toute clarté que physiquement, psychiquement et spirituellement, il ne peut plus assumer la charge de son ministère, alors il a le droit et, selon les circonstances, le devoir de se retirer. »

Ce n’est évidemment pas de Pie XII…

Mais au fait qui a dit, « c’est un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’humanité » ? Je vous laisse deviner, mais non, ce n’est pas notre cher Benoît. Et d’ailleurs, l’Eglise vient de l’affirmer l’admission de la capote, ce n’est pas une révolution.

Et pour en finir avec la sexualité version vaticane, « en instaurant une séparation radicale entre sexualité et fécondité, ce qui est fait en utilisant la pilule, alors la sexualité devient arbitraire. Et dans ce cas tous les types de sexualité ont la même valeur. Conviction qui est rapidement suivie par l’idée que l’homosexualité a la même valeur que l’hétérosexualité. » Sans doute une conséquence de la dictature de la laïcité !

Décidément non, je ne lirai pas son bouquin.

Dis papi, c’est pour quand la révolution !

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Posted in: Raz-le-bol