Lorsque les poules auront des…

Posted on 25 novembre 2010

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Lorsque les pandores se lâchent, cela donne une série de petits web témoignages réalisés par Marc Louboutin, Hiwater et Chris Pignon, FPC briser le silence. Avec pour description, « FCP libère la parole des policiers ».

Personnellement, je ne suis pas un grand amateur de poulet, même élevé au grain et en plein air, sauf s’il est pimenté avec au moins quatre épices et avec un sot-l’y-laisse très poivré. Mais chacun son truc. Paraît qu’il faut de tout pour faire un monde, comme disait mon ami Jésus, juste avant de se faire reconduire à la frontière roumaine.

Ceci-dit, un poulet qui cause, c’est un phénomène de foire. J’ai eu beau essayer tous les trucs, ceux de mon poulailler n’ont jamais prononcé autre chose que cot, cot. J’ai même tenté de leur faire peur avec un drapeau rouge et un couteau entre les dents. Rien à faire, uniquement ce lamentable cot, cot.

Dans Le Figaro, célèbre organe de la bien pensance, on peut lire que les syndicats de police regrettent ou même déplorent le caractère anonyme de ces vidéos. Mais lorsque l’on sait qu’aujourd’hui on peut se faire virer uniquement pour avoir critiqué sa boîte sur Facebook, ou même sur un blog, et que l’on écoute certains propos tenus dans ces témoignages, on comprend un peu mieux pourquoi ils se cachent. Comme le disait San Antonio, ils n’ont sans doute pas envie de finir en poulets vinaigrette.

Tiens, cela me rappelle le poème d’un certain gendarme, « Il pleut sur nos képis » qui, en son temps, avait déclenché les foudres de sa hiérarchie.

Trois petites vidéos donc, dont j’extrais le best of pour ceux qui (je les comprends) n’auraient pas envie de les voir jusqu’au bout.

La première porte sur les gardes à vues…

« Dans la police on est pas des hommes, on est des animaux… Pour nous faire bosser dans des conditions comme ça, on est des animaux, je ne vois pas d’autres termes. Je ne suis même pas sûr qu’à la SPA ils oseraient mettre sérieusement un chien dans nos cellules ! Et nous on est obligés d’y mettre des gens ! »


La seconde porte sur les suicides dans la police…


La troisième enfin, la plus intéressante, porte sur les objectifs…

« Il faut faire du chiffre, du chiffre, du chiffre, interpeller, interpeller, interpeller. mais auparavant on interpellait une personne qui faisait vraiment quelque chose. Le fonctionnaire de police travaillait bien et convenablement. Et aujourd’hui on en arrive à une situation où il faut ramener tout et n’importe quoi, il faut balayer la rue quoi. »

« En réquisition du parquet sur les contrôles d’identité, en fait c’est assez simple, c’est l’administration de police qui demande d’avoir cette réquisition. On monte ce qu’on appelle une opé, une opération, on met un officier à la tête de cette opération, on prend 2, 3 véhicules de police et le but du jeu c’est de faire du chiffre. Donc, avec ces réquisitions, qu’est-ce qu’il y a de plus simple à faire sur Paris, pour faire du chiffre, c’est du sans papiers. Donc on va dans les quartiers où on sait qu’il y a des sans-papiers, on contrôle ce qu’on suppose être un sans-papiers, et s’il est sans-papier on l’embarque et à la fin, on fait un télégramme et on dit super, 2 interpellations ! »

« Nos chers commissaires, en fait notre hiérarchie pardon, a des chiffres à faire, donc ils nous donnent pour instructions de faire tant de PV rouges, tant de PV verts. Il faut qu’on interpelle tant de personnes pour cannabis, tant de personnes en situation irrégulière et autres délits. Donc tout ça ils le mettent dans leurs petites cases et à la fin de l’année ça leur rapporte une petite prime. 40.000 euros… pour ceux qui ont de la chance, qui ont réussi à motiver leurs troupes, 40.000 euros, je crois que ça fait plus qu’un salaire de gardien de la paix ! Ca fait rêver ! Moi je touche 1.800 euros. je me fais casser la gueule pour 1.800 euros… »

« Je ne suis pas là pour défendre les politiques qui de toutes façons sont là pour se faire réélire. On a eu le cas il y a pas longtemps de quelqu’un qui s’est servi de la police pour se faire élire. Soit, c’est moche. C’est moche quoi. Je ne me lâche pas parce que je vais être grossier… »


A 5 minutes 10, on peut lire un petit texte signé par le directeur départemental de la sécurité publique de l’Hérault  : « Le métier pratiqué par chacun d’entre nous élimine par définition les pédants, les illusionnistes et les froussards. Je sais ce que je veux obtenir de vous et je l’obtiendrai. »

Ca au moins, c’est clair.

Bref, j’aurai encore appris un truc aujourd’hui. Un slic, c’est une structure légère d’intervention et de contrôle, rien à voir avec la culotte du gendarme (j’avais failli écrire gendrame).

Et si vous voulez un scoop : première neige sur Paris cet après midi. Mais elle n’a même pas tenu, et mes poulets n’ont toujours pas prononcé un mot.

Dis le poulpe, c’est pour quand la révolution !

 

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Posted in: Raz-le-bol