L’amende de bois

Posted on 7 décembre 2010

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J’ai reçu une amende hier. Bon, déjà, en soi, c’est rageant.

Dans Paris et dans la plupart des villes de plus de 22 habitants, tu passes parfois des heures à tournicoter avant de trouver une place à près de trois kilomètres de chez toi. Quant tu as fini par poser ta caisse, bien évidemment, il neige, et comme tu as oublié de prendre le parapluie, tu en oublies aussi de mettre la pièce dans le parcmètre.

Mais comme le lendemain matin il fait beau, un 盗 贼 en tenue d’aubergine en profite pour faire sa promenade aératoire, et te coller l’amende juste avant que tu ne reprennes ta bagnole.

Evidemment, il t’arrive d’oublier l’amende au fond d’un placard, et quelques mois plus tard, toc ! Tu reçois la même majorée… du triple. Pire qu’un crédit chez Cofignagna ! Pire aussi que les 10% que te collent les impôts si, ne t’appelant pas Bettencourt, tu as la bonne idée de payer avec un jour de retard.

Bref 他 妈 的, c’est encore plus rageant, et je préfère le dire en chinois, en espérant qu’il n’y ait pas un trésorier des impôts qui le comprennent.

Sauf que là, je ne sais pas pourquoi, ce doit être un de leurs nouveaux trucs, j’ai reçu une amende majorée minorée.

J’explique, l’initiale était de 11 euros, mon placard faisant, elle est passée à 33 euros, mais le je ne sais quoi faisant, on me la propose à 26,40 euros si je la paye dans les délais. Va comprendre le je ne sais quoi.

Mais le plus amusant dans ce je ne sais quoi, c’est que le délai minorant est de 30 jours après le 4 novembre. Et que j’ai reçu cette amende hier, c’est à dire le 6 décembre, avec un cachet de la poste du 3 décembre puisque c’était ouikend.

Donc, lorsque je reçois cette amende, je ne suis déjà plus dans le délai pour obtenir la minoration.

Vous y comprenez quelque chose vous ?

Moi, tout ce que j’en retiens, c’est que soit un fonctionnaire des impôts s’est endormi sur son ordinateur pendant 29 jours – ce qui n’est pas une maladie. Soit… que l’on se fiche littéralement de ma poire !

Quant à poire, en chinois, cela s’écrit comme ça 梨 et ce n’est pas un gros mot.

Bref, l’amende de bois, je n’essaie pas de le traduire en chinois. Mais hier soir, j’ai écouté un débat quatuor, qui s’est assez vite transformé en duo opposant deux ex-socialistes.

Je vous dresse le décor, ils sont donc quatre face à l’intervieweur. Mais il y en a deux, tu te demandes ce qu’ils font là, sauf à servir de décor, un socialiste et une modémiste qui oscillent presque en alternance de droite à gauche. Seuls les deux ex socialistes mobilisent la parole. Et je me suis presque cru revenir au bon vieux temps d’un débat opposant Georges Marchais à Michel Poniatovski.

Dans le rôle de Georges Marchais, Jean-Luc Mélenchon, et dans celui de Poniatovski, Eric Besson.

Passons sur Monsieur Mélenchon, comme Marchais, il a au moins le mérite de la gouaille. Quant à Eric Besson, il a passé la moitié de son temps à ne rien dire, mais avec un sourire en coin, exactement à la manière de Poniatovski dans ses heures de gloire au ministère de l’intérieur. Mais les rares fois où il s’est exprimé, il l’a fait avec une philosophie percutante.

Je vous cite deux de ses petites phrases si longuement méditées qu’elles m’en laissent pantois :

« C’est à la fin du marché qu’on compte les oies. »

Et, « La démocratie, c’est d’abord l’art d’éviter la guerre. »

Cela mérite-t-il un commentaire. Personnellement, j’ai le cerveau qui fume trop fort. Du coup, je suis allé chercher la traduction chinoise de pomme de terre, mais il y en avait trois, et je n’ai pas su laquelle choisir. Mais comme il m’a bien semblé qu’on me prenait pour une patate, 薯, j’ai décidé d’éteindre la télé pour toujours.

Dis la pomme, c’est pour quand la révolution !

 

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Posted in: Bof Bof...