Le jour d’après… celui d’avant…

Posted on 8 décembre 2010

3


 

On s’en serait un peu douté, la révolution n’a pas eu lieu hier. Mais même s’il a fait flop, l’appel d’Eric Cantona aura au moins eu un mérite. Nous faire clairement connaître la position de chacun, à gauche, vis à vis du système. Aujourd’hui, c’est sûr, du NPA aux verts, il n’y a plus, chez ceux qui se prétendent de gauche, l’ombre d’un révolutionnaire. Tout au plus peut-on parler de « réformistes ».

Je ne parlerai donc pas des UMPistes et autres droitistes affichés selon qui l’appel à faire « sauter » les banques est « grotesque et irresponsable », dixit François Baroin, mais uniquement de nos chers goachistes.

Pour les socialistes, on le savait, pas question de toucher au système, un petit coup de tête de loup pour nettoyer, et ça suffit.

Selon Martine Aubry, « la réponse (de Cantona) n’est pas la bonne…il marquerait même un but contre son camp, contre la France, contre nous tous, en réalisant cela ». Bref, « nous proposons une taxation de 0,05% des taxations financières… » Et allez hop ! Trois petits tours et puis s’en vont…

Pour Jack Lang, « Eric Cantona a le mérite de tirer la sonnette d’alarme et de dire : Messieurs les banquiers, vous devez d’abord être au service de la société, de l’économie, des citoyens avant d’être au service de vos propres profits ». Mais, à supposer que l’initiative « réussisse, ça aboutirait à une déstabilisation assez préoccupante ». Ben alors ! C’est grave docteur ? Non, faut surtout pas préoccuper !

Au Front de Gauche, on remplace la tête de loup par une brosse.

Jean-Luc Mélenchon ne sait « pas si on gagnerait quelque chose à une faillite générale et instantanée du système ». Il se « représente la chose autrement, avec des élections, avec des programmes ». Et d’ailleurs, « ce système est un tigre de papier » qui « ne marche que par la peur que nous avons de lui et la soumission des gouvernements aux banquiers ». Certes, mais qu’en est-il de brûler le tigre en papier ?… Et bien… Comme aurait pu dire Marchais, est-ce que je vous pose des questions, moi !

Chez les Cocos, on ajoute à la brosse un petit coup d’essuie tout.

Selon Pierre Laurent, nouveau Marchais du PCF, mais en moins drôle, « Eric Cantona met le doigt là où ça fait mal. Son initiative a le mérite de pointer la responsabilité des banques dans la crise. Mais il ne suffira pas de dire « rendez-nous notre argent », il faut aussi nous rendre les clefs du coffre-fort ! Nous avons besoin d’une maîtrise publique du secteur financier pour sortir de la crise ; la création d’un pôle public bancaire portée par le PCF est plus que jamais d’actualité. Les banquiers aussi doivent rendre leurs comptes ». Bref, les clefs du coffre changent de main, mais quant au coffre… Une maîtrise publique du secteur financier pourquoi pas, mais il m’est avis qu’elle finira au pôle… nord !

Au NPA, c’est à peu près pareil, sauf que l’on a pris soin de mouiller l’essuie tout.

Selon Olivier Besancenot, l’idée a « quelque chose de séduisant » et « ce désir de révolution (lui) plaît ». Mais « la réalité, c’est que beaucoup de ceux qui rêveraient de la faire n’ont plus forcément de l’argent sur leur compte en banque » et d’ailleurs, ça ne marchera pas puisqu’ils sont endettés. Même que, « s’attaquer aux banques n’est qu’une partie du problème. On n’est pas face à une crise financière, mais à une crise du système. » Evidemment, on ne sait pas trop où se trouve la clef du coffre… pardon, du système.

Et pour Nathalie Arthaud de Lutte ouvrière, « le problème c’est que les banques, on en a besoin, elles sont utiles ». « Mais par contre les banquiers qui transforment les salles de banque en casino, eux on doit le leur interdire. Et c’est pour ça que nous, nous sommes pour l’expropriation des banques ». Bref, d’un côté, il y aura les gentils banquiers, ceux qui sont utiles, de l’autre… Allez voir au pôle nord si j’y suis.

Bref, une tête de loup, pour ceux qui comme moi ne le savaient pas, c’est brosse sphérique attachée au bout d’un long manche qui sert à nettoyer les parties peu accessibles d’un lieu. En anglais cela se traduit par pope’s head ou turk’s head. Sont vraiment bizarres les zanglais, quel rapport y a-t-il entre une tête de pape et une tête de turc ? Mais passons…

Il paraît que dans les laboratoires du CERN, on a capturé 38 atomes d’antimatière. Ne me demandez surtout pas comment, je n’y comprends rien. Puisqu’il paraît aussi que la matière annule l’antimatière, lorsque ma tête de loup, qui est de pure matière (enfin, je crois) capture de l’antimatière, elle devrait aussitôt l’annuler. Mais au CERN, ils doivent avoir des gueules de loup perfectionnées…

Bien plus perfectionnées en tout cas que celle de nos goachistes pour la révolution… (et je ne sais pas pourquoi non plus, mais j’avais écrit « révultion »… de lard du lapsusse sans doute !).

Dis lapin, c’est pour quand ?

Coa ?

Ben tiens, la révolution, pardine !

 

Publicités
Posted in: Bof Bof...