En Tunisie, enrôlé de force dans l’armée à 14 ans !

Posted on 9 décembre 2010

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Un gamin de 14 ans enrôlé de force dans l’armée, dans certains pays, cela n’a rien d’original. Mais lorsque la scène se passe en Tunisie et que l’enfant est le fils de Taoufik Ben Brik, poète, écrivain, journaliste, et incidemment opposant au régime, si c’était une fiction, ce serait digne de la plus mauvaise parodie d’Ubu.

Malheureusement, ce n’est pas une fiction. Mercredi 8 décembre, le fils de Taoufik Ben Brik a été interpelé sur le chemin de l’école par des policiers d’élite qui lui ont ordonné de se présenter au même endroit le lendemain, pour l’envoyer au service militaire.

Pour rappel, le journaliste avait été condamné l’an dernier par la « justice » tunisienne à six mois de prison ferme pour « faits de violence, outrage public aux bonnes mœurs et dégradation volontaire des biens d’autrui », à la suite d’une accusation particulièrement douteuse. Entre autres soutiens, il avait reçu celui de Reporters sans frontières.

« Avec ce verdict, la Tunisie entre à nouveau dans le club peu fréquentable des pays qui emprisonnent les journalistes pour délit d’opinion. La seule issue honorable à cette parodie de justice aurait été l’acquittement. Il faut le rappeler haut et fort : Taoufik Ben Brik n’a rien fait d’autre que son métier de journaliste. Avec ce verdict, il paie le prix de son engagement et de sa liberté de ton. La justice tunisienne vient d’adresser un signal inquiétant aux journalistes tunisiens. Tous ceux qui critiquent le président Ben Ali peuvent se retrouver à la prison de Mornaguia, aux côtés de Taoufik Ben Brik”, avait alors déclaré Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans frontières.

Le journaliste avait été libéré le 27 avril 2010 après avoir purgé l’intégralité de sa peine.

Lire le récit dans le Nouvel Obs. Et la suite sur le site de RSF.


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