Un sandouiche à la glace ? Ou un théorème d’Hortefeux ?

Posted on 9 décembre 2010

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Notre vénéré nous avait fait le coup des trottoirs, que sur l’un tu peux bouffer des sandouiches aux fraises, alors que sur l’autre tu crèves la dalle, ce qui est fort injuste pour les touristes belges qui n’ont pas le sens de l’orientation. Hier, c’est notre joyeux ministre de la désinformation qui nous a lancé le scoop des routes inclinées :

« Ce qui pose problème dans ces épisodes neigeux qui sont extrêmement forts… ce sont les routes quand elles sont inclinées. »

Evidemment, tout dépend du sens de l’inclinaison. Pour faire de la luge, rien ne vaut une route en pente. C’est lorsqu’elle remonte que cela se corse.

Bref, il y a des jours comme ça. Il tombe trois flocons de neige, et c’est un capharnaum monstrueux. Mais selon nos chers ministres, ce n’est pas la pagaille. Une autre fois, ce sont les raffineries qui sont en grève, et heureusement que certaines routes sont inclinées, parce que tu es obligé de pousser ton scooter. Mais selon nos chers ministres encore, il n’y a pas de pénurie d’essence.

Et je ne cite que ces deux exemples, mais on pourrait les multiplier par x.

Loin de moi l’envie de polémiquer sur les capacités intellectuelles de nos ministres. Mais on peut quand même se poser une question : un (ou une) ministre a-t-il nécessairement la science infuse ?

A priori, il faut croire que oui, puisqu’au gré des remaniements, ils peuvent se trouver un jour ministre des pompes et chaussées, le lendemain ministre de la marée chaussée, et un autre jour… je ne sais pas… Tiens pourquoi pas ministre des pompes funèbres. Aujourd’hui, il y en a même qui sont ministres de tellement de trucs que tu ne sais plus lequel au juste, et il y en a même d’autres qui sont ministres auprès des ministres…

Prenons l’exemple de l’un de mes préférés, un ex-socialiste que je ne nommerai pas. Non, pas Jean-Luc Mélenchon, l’autre.

En à peine trois ans, il a été d’abord secrétaire d’Etat chargé de la prospective et de l’évaluation des politiques publiques. Déjà, tu te demandes ce que ça veut dire, mais pas lui sans doute, puisqu’il a accepté le poste, et comme ça ne suffisait pas, on lui a refilé le développement de l’économie numérique. De quoi chauffer dans les chaumières…

Un petit coup de remaniement, et il devient ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire. Tout ça, en gros, pour dire ministre des charters (même en commun).

Et allez hop, un autre petit coup de remaniement, et il devient ministre auprès de la ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, chargé de l’Industrie, de l’Energie et de l’Economie numérique. Vous avez bien branché le décodeur ? Si je ne m’abuse, il y a deux fois industrie là-dedans. D’où je ne sais plus qui est ministre de l’industrie, lui, ou sa ministresse en chef ? Mais, passons…

Je n’ai rien contre le Monsieur en particulier, mais tout ça en l’espace de trois ans, avouez quand même que cela fait beaucoup pour un seul homme. Pas étonnant qu’il se lâche parfois, ce qui nous donne des petites phrases du genre : « C’est à la fin du marché qu’on compte les oies. »

Bon d’accord, il y a des constantes, l’économie numérique par exemple, après l’avoir perdue pour les charters, il la retrouve après remaniement. Et d’ailleurs, entre le numérique et les charters, il y a des liens. Wikileaks, par exemple, que notre bon ministre souhaiterait bouter hors de France.

Mais constantes ou pas, liens ou pas, il lui faut quand même une sacrée capacité d’ingestion, à notre cher ministre, pour assimiler tout cela en trois ans.

Prenons un autre exemple, notre chère docteur en pharmacopée, Roseline Bachelot, elle au moins, pendant trois ans, on l’a laissé s’occuper d’un truc qu’elle connaît, les vaccins. Et puis toc, un remaniement, et la voilà ministre des solidarités et de la cohésion sociale… J’espère qu’elle a embarqué le stock de vaccins contre la grippe porcine, parce que pour faire la cohésion sociale, il va en falloir des vaccins.

Alors oui, franchement je me pose la question : un (ou une) ministre a-t-il nécessairement la science infuse ?

Moi, si l’on me nommait ministres des mathématiques, je pourrais sans doute vous refaire la théorie d’Einstein à ma manière. Tiens, vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi l’on disait « l’espace d’un instant », mais jamais « le temps d’un espace » ? Bref, je serais à peu près aussi nul qu’un camion de 35 tonnes à qui l’on tenterait d’apprendre à danser.

Mais évidemment… je ne suis pas ministre… Et c’est sans doute pour cette raison.

Comme disait mon ami Jésus à ses copains de l’équipe de foot (les onze plus un remplaçant), si tu veux être  un bon ministre, il suffit de ne pas le voir pour le croire…


Dis la pente, c’est pour quand la révolution !

 

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