Voulez voir mon nouveau pompon ?

Posted on 14 décembre 2010

6


 

Sont marrants parfois les droitistes, d’un côté, ils voudraient nous faire bouffer de l’identitaire à toutes les sauces pour mieux s’assimiler avec l’extrême droite. Tiens, Jean-François Copé, par exemple, qui veut relancer le débat sur l’identité nationale. De l’autre, dès que tu les critiques un peu, ils te dénoncent comme un coincé de francaouis. Tiens, le même Jean-François Copé, lorsque tu n’es pas d’accord avec lui, il te sort comme un leitmotiv « Ah, c’est une histoire bien française, ça ! » Faudrait peut-être qu’ils se positionnent un peu, un de ces jours. A force de dire un truc et son contraire, ça finit par faire foire d’empoigne. Et qui c’est qui gagne dans l’histoire ? Notre chère marine nationale !

Personnellement, je n’en ai rien à secouer d’être français. Je pourrais aussi bien être belge, serbo-croate, ou cacahuète, cela me ferait le même effet. Simplement, je suis né dans ce bled qu’on appelle la France, où il y a des coins que j’aime bien, d’autres pas. Mais il y en a un peu partout dans le monde. Il y a aussi des gens que j’aime bien, d’autres qui me tapent sur le système épidermique. Mais idem, il y en a un peu partout dans le monde. D’ailleurs, si je reste français sur le papier, c’est uniquement par commodité (non pas celles-là) et pour pouvoir voyager dans le monde justement. Essayez donc d’entrer aux Etats-Unis avec un passeport d’apatride !..

Donc, lorsque je dénonce l’omnipotence du pognon au détriment de tout le reste, et que l’on me dit que c’est bien franchouiard, mon truc, j’ai envie de sortir la tarte à la crème…


Bref, je voulais parler de la marine nationale aujourd’hui. Et je suis tombé sur une interview de ce bon monsieur Copé qui nous explique que pour contrer le FN, il va falloir toucher « le fond ». J’ai dû me tromper quelque part, parce que je pensais que c’était fait depuis longtemps. Ceci-dit, toucher le fond pour remonter, dans une piscine, parfois ça aide.

Mais non, toucher le fond, pour lui, ça veut dire retrouver les fondamentaux de la droite, c’est à dire, « la fermeté ». Franchement, j’aurais mieux fait de lire Marine Le Pen, j’ai l’impression d’entendre le même discours.

S’ils croient encore que c’est en picorant les grains du Front National qu’ils vont faire baisser sa côte, nos chers UMPistes, m’est avis qu’ils se mettent le doigt bien profond dans l’oeil. Il n’y a qu’à voir les récents sondages, plus on mouline les idées d’extrême droite, plus ça les fait mousser. A ce rythme, on risque fort d’avoir un 2012 qui ressemblera de tout près à un 2002. A l’envers ou à l’endroit, peu importe, mais avec du Le Pen au second tour.

Bon, revenons à la marine nationale. Je ne sais pas pourquoi, mais une certaine fille à papa dont je tairais le nom, m’a toujours fait penser à une pompom girl. Va comprendre les associations d’idées parfois. Tiens, Stéphane Guillon par exemple, va comprendre pourquoi un certain ministre, par ailleurs fort sympathique, lui a fait penser à une fouine. Et va comprendre encore pourquoi cela a tant vexé le-dit ministre. Moi une fouine, je trouve ça plutôt mignon. Sauf quand elle vient la nuit bouffer mes poules. Mais bon, il faut bien qu’elle mange. Et bien une pompom girl, c’est pareil, c’est plutôt sympathique, dès qu’elle voit un ballon quelque part, elle se trémousse dans tous les sens en poussant des cris incompréhensibles. Et en plus, elle ne vient pas la nuit bouffer tes poules.

Mais passons, je digresse encore. Je ne m’étendrai donc pas plus longtemps sur les pompom grils, quoi que, ça dépend des jours.

D’ailleurs, sur Wikitruc-chose, j’apprends que chez nos amis du Québec, une pompom girl, c’est une « meneuse de claque ». Z’ont toujours eu le sens de l’humour, les québéquois.

Du coup, ça me donne envie d’en savoir un peu plus. Et je lis que le premier cri enregistré de pompom chose, en 1884, était Ray, Ray, Ray ! TIGER, TIGER, SIS, SIS, SIS ! BOOM, BOOM, BOOM ! Aaaaah ! PRINCETON, PRINCETON, PRINCETON ! répété sur un rythme de locomotive. Et cela a tellement plu que quelques années plus tard, d’autres les imitaient avec un Rah, Rah, Rah ! Sku-u-mar, Hoo-Rah ! Hoo-Rah! Varsity ! Varsity ! Varsity, Minn-e-So-Tah ! Slogan toujours à la mode aujourd’hui. Il faut dire qu’à l’époque, c’était des mecs qui faisaient le pompom, les filles ne reprirent leurs hurlements que dans les années 1920.

En France, il paraît, toujours selon Wikitruc, que le phénomène pompom girl n’en est qu’à ses débuts et que le cliché « pompom girl = fille sans cervelle » n’arrange rien. Mais on ne dit pas quels cris elles poussent. Quant au pompon de la pompom girl française, il ressemble à une cocarde.


Mais trêve de plaisanteries. A force que nos UMPistes se soient droitisés à l’extrême, on peut en effet se demander quels cris peut encore pousser l’extrême droite aujourd’hui. Et bien ils ont trouvé quand même, ceux de la droite apéro saucisson boudin.

Vous vous souvenez de cette histoire d’apéro saucisson lardons. Un rassemblement totalement apolitique et pas raciste ni islamophobe, dont on a pourtant rapidement appris qu’il visait surtout à lutter contre l’envahissement de certaines rues par des tapis sur lesquels quelques mâles velus s’essayaient à la gymnastique du genou (un peu comme des pompom mecs d’ailleurs, mais en moins drôles). Et gling, c’est devenu le nouveau slogan du Front National.

Aujourd’hui, chez les FNistes cultivés (s’il y en a), on ne dit plus « boutez ces immigrés hors de France, ils viennent bouffer notre pain ». On conserve la première partie de la phrase, et pour la suite, c’est « ils occupent nos rues avec leurs tapis et leurs génuflexions. » Et comme il est de mode de tout comparer avec la belle époque vichyssoise, évidemment, on compare cela à l’occupation teutonne.

Ils ne doivent pas trop fréquenter les rues en question les FNistes cultivés (s’il y en a), à moins qu’ils ne confondent la génuflexion et le pas de l’oie. L’une comme l’autre faisant travailler les genoux, en effet. N’étant pas un spécialiste en matière de religions, je ne sais pas si le port du casque est autorisé pendant la prière musulmane, mais je sais en tout cas qu’il est d’usage d’ôter ses bottes.

Oui, je sais, je redigresse, et vous allez me dire c’est quoi ce bordel ? Quel rapport entre Jean-Francois Copé, la marine nationale, les pompom girls et le pas de l’oie dans nos rues ? Et vous auriez raison, moi même je m’y perds quelques fois. Sauf que je vous ai parlé de la mousse quelque part. Non, pas celle du foi(e) gras ! Pour celle là, il vous faudra attendre Noël, et si vous êtes pauvre, ce sera pour la Saint Glin-glin.

Non, la mousse dont je veux parler, c’est celle du discours extrême, qui fait que plus on le prononce, plus on s’enfonce dans l’extrême.

En général, cela commence par un droitiste qui se sent assez mal dans ses bottes, et s’en va rechercher ses fondamentaux à la droite de sa droite (dont il n’est jamais loin). Evidemment, tous ses potes inflationnent, (il y en a même qui en profitent pour fellationner), et cela monte de quelques crans encore. Ce qui crée un espace vide à la gauche de la droite (qui n’est jamais très à gauche), dans lequel la gauche s’engouffre, dérivant ainsi un peu plus vers la droite. Et ainsi de suite de crans en crans. Du coup, tout le monde se précipitant vers la droite de la droite, il y a inflation aussi à l’extrême droite. Mais comme tout le monde lui repique son discours, elle tente aussi d’en rajouter quelques couches, quitte à tomber dans l’absurdité la plus complète. Ce qui n’est strictement pas grave, puisque à ce stade on n’est plus à une sottise près.

Et voili-voilou comment les pompom girls se retrouvent au second tour d’une élection présidentielle. Même si elles confondent la prière et le pas de l’oie.


Quant à moi, je cours de ce pas m’acheter un pompon, et bien rouge, comme il se doit. Ben oui, il paraît qu’il va reneiger, et notre bon Jean-François Copé, encore, nous a dit qu’il fallait « ouvrir les portes et les fenêtres »… En grand, cela va de soi !

Dis la pomme, c’est pour quand la révolution !

Advertisements