Un globule sur ma moquette !

Posted on 16 décembre 2010

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J’aurai au moins appris un truc aujourd’hui, globule est un nom masculin et, va savoir pourquoi, ça me fait tout drôle de dire « un » globule. Les mots ont des comportements bizarres parfois. Cela me ferait étrange par exemple, de dire « une » corpuscule, et j’aurais bien raison puisque c’est masculin. Et d’ailleurs, il existe des globules polaires qui sont des petites cellules abortives déclenchées par la pénétration du spermatozoïde dans l’ovocite. Si je ne m’abuse donc, ce sont des globules féminines. Va comprendre !

En fait, en lisant la presse tout à l’heure, je suis encore tombé sur un article sur l’extrême droite. Décidément, c’est à la mode. Et tellement de mode que j’avais décidé de zapper. Mais le titre étant racoleur, « les années 30 hantent toujours la France », j’y jette quand même un oeil – pas trop fort, parce que j’en ai encore besoin. Et je lis que la crise économique et sociale, la montée de l’extrême droite, la remise en cause des élites, et la multiplication des affaires politico-médiatiques phagocytent le débat public. D’une part, ça fait beaucoup pour un seul homme, et d’autre part, je ne vois pas ce que vient faire le phagocyte dans cette histoire.

Moi, le phagocyte, j’ai toujours cru qu’il s’agissait d’une bestiole du genre préhistorique, mais qui par miracle a réussi à subsister. (Merci Jésus). Une sorte de dragon de Komodo vivant dans la steppe brésilienne.

Mais non, un phagocyte, c’est une cellule absorbante, parfois même digérante. Et comme un globule est aussi une cellule, voilà pourquoi j’en suis arrivé à mon histoire de globule et de masculin/féminin. Ce qui me permets de traduire l’article en clair, il y a des globules qui nous bouffent le débat public.

Personnellement, j’aurais plutôt dit le contraire, c’est le débat « public » qui nous pond des globules. Ce débat n’étant pas si « public » que ça, puisque toujours très orienté, j’ai bien fait de zapper la suite de l’article.

Bref, hier soir, étant en panne de clopes, il m’a bien fallu affronter la horde de barbus sauvages qui tapirisent nos rues, les femmes en burqa qui vandalisent nos réverbères, et les crans d’arrêt venus du neuf trois spécialement pour crever les pneus de mon Solex, juste avant de le faire cramer…

Bref encore, il ma bien fallu affronter ma peur pour me rendre au tabac du coin. Et là, ô miracle (encore un), j’ai entendu sortir de l’un des piliers du comptoir une petite phrase d’une exceptionnelle teneur philosophique qui m’a laissé méditant toute la nuit :

Nous ne sommes pas des sauvages, quand même !

Pour une fois, j’ai donc passé une nuit totalement zen en me répétant que tout le monde il était beau, tout le monde il était gentil, merci petit Jésus (oui, je sais, mais c’est bientôt Noël, et moi, Noël, ça me gave, donc j’anticipe).

C’est donc en toute sérénité que j’ouvre ma boîte à méli-mélo ce matin. Evidemment, j’ai trente cinq spasmes qui me proposent de transformer ma bite en super Tour Eiffel, avec les illuminations et le Viagra qui vont avec. J’en ai quarante qui me disent que j’ai gagné à la loterie. Une dizaine qui m’expliquent que je viens de toucher un héritage d’un total inconnu togolais. Et je ne sais combien d’autres qui veulent me vendre je ne sais quelle connerie. Mais zen je suis, zen je reste, et tel un phagocyte, j’efface le tout d’une main alerte. Et ne me reste qu’un tout petit méli-truc émanant de la Cimade :

« Avec la politique du chiffre actuellement menée par le gouvernement, le nombre  d’enfants placés dans les centres de rétention a doublé en six ans, passant de 165 en 2004 à 318 en 2009. Pourtant un mineur étranger ne peut pas être reconduit à la frontière, et donc ne peut pas être enfermé en centre de rétention. En officialisant le placement d’enfants en centres de rétention, la nouvelle loi sur l’immigration banalise l’enfermement des mineurs en dépit des conventions internationales. Sans compter qu’avec l’allongement de la durée de rétention à 45 jours, ce projet de loi va aggraver les conséquences psychologiques de l’enfermement pour ces enfants. Comment accepter que des enfants, parce qu’étrangers, puissent être maltraités ? »

Il faut bien le dire, ma zenitude en pâlit quelque peu. Mais zen je reste, je me dis que cela fait trois ans que cela dure, et que deux miracles ne venant jamais seuls, 2012 sera peut être l’année de tous les miracles. (Là, il faut vraiment que je me force, mais on peut toujours rêver).

Je me prépare donc mon thermos de café matinal, fais une rapide toilette de chat, me dis que ma barbe n’ayant que trois jours, je vais encore faire des économies de rasoir. Pour me déconnecter de ce jeudi pluvieux, je lis quelques maximes de Pierre Dac. Et comme j’ai décidé de glander aujourd’hui et de rester zen, je branche mon ordinateur sur la presse qui m’envoie sur l’extrême droite, les histoires de globules, et quatéra et quatéra…

Je fais donc l’impasse sur toutes les petites globules de la politique française. Je passe sur la guerre civile qui menace de s’installer en Côte d’Ivoire. J’évite le choléra qui décime Haïti ou les conséquences des inondations au Pakistan, et ça tombe bien, on n’en parle plus. Comme je ne prends pas le train aujourd’hui, je me fiche que la neige perturbe le TGV reliant Nice à Antibes. Pas envie d’entendre parler de marée noire, rouge, verte, ou de quelque couleur qu’elle soit, et ça tombe bien… Rien à faire que le président russe se comporte en bon soviétique, mais que le notre tente de lui vendre des bateaux de guerre. Aucune envie non plus de savoir ce qui se passe en Chine…

Non, j’ai décidé de rester zen aujourd’hui.

Je vais donc faire un tour du côté de la plus grande démocratie du monde. Celle dont les joyeux cow-boys ont fait rêver toute mon enfance lorsqu’ils massacraient les sauvages indiens. Celle qui a inventé toutes mes idoles, de Madonna à Lady Gaga (dont j’ai d’abord cru que c’était le clone), en passant par Michaël Jackson. Celle qui a élaboré mon repas préféré, le macchose au plâtre arrosé de coca-pepsi. Celle qui a rassuré mes nuits d’angoisse, et me permet aujourd’hui d’aller presque sereinement au tabac du coin, avec mon déguisement de klu-klux-Klan. Celle qui n’a pas hésité à assassiner ses présidents lorsqu’ils étaient anti-esclavagistes ou sortaient avec une actrice. Celle qui, à la plus grande joie de notre marine nationale, pratique encore différentes formes de peine de mort, toutes aussi raffinées les unes que les autres. Et j’en passe des meilleures ou j’y reste pendant une semaine.

Et bien j’apprends que cette joyeuse démocratie vient encore de trouver un moyen radical pour se débarrasser des taupes. Une taupe, tout le monde le sait, c’est une bestiole extrêmement embarrassante, parce que non seulement elle louche, mais qu’elle vient toutes les nuits nous faire des trous dans la moquette. Et précisément là où tu n’as vraiment pas envie qu’il y ait un trou. Que toutes les nuits, quand tu te lèves pour aller pisser, crac ! Tu te pètes la cheville dans le dernier trou.

Bon, chez le ricains, une taupe, ce peut être aussi un soldat fichtrement malveillant qui profite de fuites pour abreuver le moulin de grossiers terroristes virtuels qui, eux, inondent le monde de petites choses insignifiantes que le monde voudrait taire.

Et la taupe en question s’appelle Bradley Manning, soupçonné d’être  en partie la source des informations malveillantes diffusées depuis quelques temps par Wikileaks, dont le boss, par une étrange coïncidence se trouve justicié pour des affaires n’ayant aucun rapport.

Donc, pour se débarrasser d’une taupe, je vous donne la recette ricaine. Tu l’embastilles depuis un an. Tu la changes de bastille de temps en temps, et lorsque tu trouves la bonne, tu l’enfermes dans une cellule bien close 23 heures sur 24. Comme il s’agit d’une taupe, elle n’a besoin ni de drap, ni d’oreiller, donc tu ne lui en donnes pas. Et comme c’est vraiment chiant une taupe, même mise à l’isolement le plus complet, tu la gaves d’anti-dépresseurs histoire de lui apprendre à aller trouer la moquette du voisin. Et comme tu ne sais pas trop comment la procéïser, tu la laisses ainsi ad vitam aeternam, en espérant que le monde l’oublie.

Génial, non ?

C’est fou ce que je suis zen aujourd’hui.

Ben voui ! Nous ne sommes pas des sauvages, quand même !

Bon allez, je retourne à mes globules.


 

Dis globule…

Ben quoi ?

Demande donc au phacochère c’est pour quand la révolution !

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Posted in: Raz-le-bol