Le Père Noël rouge…

Posted on 20 décembre 2010

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On a piqué le père Noël ! Ben oui ! Même que c’est pas la première fois.

L’histoire se passe à Fretin qui, contrairement à ce que l’on pense, n’est pas menu du tout, mais juste un bled nordiste du côté de Lille. Les fretinnois donc, avaient eu la joyeuse idée d’installer le père Noël sur la place du village dans un joli chalet en bois. Et hop, disparu le Noël. Comme il ne s’agit pas d’un vrai, mais d’un mannequin, on présume qu’il ne s’est pas envolé, mais qu’on l’a volé, surtout que cela s’était déjà passé l’an dernier. Il doit y avoir un collectionneur de pères Noël à Fretin. Quitte à piquer un truc, moi, j’aurais plutôt volé le chalet. Mais chacun ses goûts. Deux mètres de haut qu’il fait le bonhomme en rouge. Il doit avoir de la place, le collectionneur.

Tiens, le bonhomme en rouge, ça me donne une idée. Et s’il était coco le père Noël ! Est-ce qu’il accepterait toute cette débauche de fric à laquelle on assiste chaque année, alors que les trois quarts du monde crèvent de faim ?

Bon, je ne vais pas vous gâcher les fêtes, mais quand même. On pourrait se poser la question. Un père Noël du genre téléthon, ça n’existe pas ? A chaque fois que l’on achète une saloperie de jouet chinois à nos mouflets, si l’on refilait un ou deux euros pour les pauvres, ça lui redonnerait peut-être du sens à cette fête du capitalisme chrétien.

Dis, tu crois pas, Jésus ? Pour ton anniversaire, ça ne te ferait pas plaisir un petit geste symbolique ?

Ou tiens, pour l’anniversaire de ta première semaine ? On a inventé un truc qui s’appelle les étrennes, même que ce sont les romains qui l’ont inventé, bien avant de te clouer au poteau. Bref, les étrennes, comme les mômes ont déjà eu leurs cadeaux pour Noël, on pourrait peut-être les recycler en un truc utile.

D’ailleurs, il y a certaines étrennes que je recyclerais volontiers. Celles du facteur, par exemple. J’ai cette grande chance d’habiter un numéro en bis. Et bien lorsque quelqu’un m’écrit en oubliant le bis, le courrier lui est réexpédié. Pourtant, entre le numéro simple et son bis, il n’y a que dix mètres à faire. Mais non, les facteurs ne savent pas compter les numéros bis, chez moi.

Et tiens, le fretin, lorsqu’il est menu, ce peut être aussi de la bigaille, « l’ensemble des pièces de peu de valeur », les pièces jaunes de mamie Chirac en quelque sorte – depuis l’euro, on devrait dire les pièces oranges d’ailleurs. Bref, la bigaille orange, elle est déjà utilisée, mais un petit euro sur la Barbie chinoise pour aider ceux qui crèvent la dalle. En dehors des poches des capitalistes, ça se verrait même pas. Et cela redonnerait un peu de couleurs à la charité chrétienne, tu ne crois pas, Jésus ?

Deux cent et quelques euros, il paraît que c’est le budget « moyen » des français pour les cadeaux de Noël. Moyen, évidemment, parce que le smicard, m’étonnerait qu’il balance 200 balles de cadeaux, sauf à faire un crédit chez Cofigaga. Bref, sur 200 balles, c’est quoi un ou deux euros ?

Moi, cette période de fêtes, ça me gave. Tu as à peine fini de digérer la première que toc ! Et c’est reparti pour un tour. Franchement, on pourrait faire un tir groupé – comme disent nos amis militaires. Et en plus, il y a toujours des petits malins qui ont eu la joyeuse idée de naître tout début janvier. Que t’as même pas fini de digérer la seconde, et on te colle l’anniversaire. Il y en a même qui sont nés juste entre les deux. Alors là, c’est le pompon ! Ils ne pouvaient pas décaler d’un jour ou deux, non !

Moi, je me colle la totale, la fête à Jésus, ceux qui sont nés entre les deux, la Saint-Sapin, et ceux qui sont nés juste après. Je ne vous raconte pas l’état de mon foi(e) fin janvier. Il se remet à peine que bling, on me refile la frangipane sur la galette.

Alors non ! Je proteste !

Oui, je sais, je me suis encore barré en route depuis mes histoires de facteur, et j’ai un peu paumé mon père Noêl rouge, comme les fretinnois.

Bon, c’est promis, dès demain j’arrête le gros rouge et je me rince au château La-Pompe avant de me faire gaver comme une oie. Mais franchement, un euro ou deux sur la Barbie chinoise… Non ? Dis Benoît, t’en penses quoi ?

 

Dis la pompe, c’est pour quand la révolution !

 


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