Voulez-vous trader ma truffe ?

Posted on 22 décembre 2010

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On s’étonne que le monde fonctionne à la va comme je te pousse. Hier soir, au journal de France Sarkovision, j’ai entendu deux petites phrases. Un mec en flingue un autre de deux coups de pétard pour une histoire de truffes, et l’on s’écrie « le vol de truffes est un véritable fléau ». Un footeux exilé sur une île (comme Poléon 1er) refuse de rendre sa prime de défaite et l’on hurle au « désastre de… » je ne sais quel bled, comme s’il s’agissait du désastre de Waterloo (morne plaine, on le sait). Et quand j’ouvre Libé ce matin, à côté d’un article sur les 90 ans du parti communiste en Corrèze, j’ai une pub qui m’explique que je peux devenir trader en deux coups les gros.

Les traders, vous savez, ce sont les mecs qui font tellement bien marcher les banques, qu’on est obligé de les ressemeler ensuite. Bien oui, pour devenir trader professionnel, pas besoin de faire math sup, math spé, science po, ou l’ENA, ni même un master de cordonnerie. Non, il te suffit d’ouvrir ton web et en deux ou trois clics, tu as tout compris.

Ouais ! Moi, j’ai surtout compris qu’en deux ou trois clics, si tu pouvais te faire plein de fric, tu pouvais aussi faire péter l’économie mondiale – puisqu’il paraît que même en Chine, on est mondialisant.

Alors oui, franchement, ça ne m’étonne pas que le monde fonctionne aussi mal !

Qu’un mec en flingue un autre pour une histoire de vol de truffes et que ça fasse la Une des infos. Par politesse, je ne vous dirai pas ce que j’en pense, mais ça ne m’empêche pas de le penser… Totalement 傻 瓜 ! Qu’un footeux gagne des fortunes pour taper dans une baballe et nous fasse des cacas nerveux dignes d’un mouflet en pleine crise d’acné… Idem, 傻 子 va ! Et que l’on puisse devenir trader en deux clics de souris. Mouais ! 傻 呵 呵, tiens !

Sont marrant les chinois, pour te parler d’un truc stupide, ils mélangent les sha, les hé, les souris, les melons et les courges. Le français est nettement plus expéditif et moins imagé, il lui suffit d’un simple mot, « con » auquel, lorsqu’il est président, il accole le vocable « pov » pour bien marquer que lui, ne l’est pas.

Quoi que moins imagé, ça reste à voir, puisqu’un « con » peut aussi bien être une cruche, qu’un cornichon, ou un grand dépendeur d’andouilles. Et il existe même des petits dépendeurs d’andouilles, mais ça, c’est un autre sujet, surtout lorsque les grands et les petits sont copains d’enfance.

Bref, je me suis encore barré en sucette.


En fait, je n’avais aucune envie de parler de sottises aujourd’hui, mais de la « présomption d’innocence » (que va savoir pourquoi, j’écris toujours « innoncense »).

La « présomption d’innocence » donc, sur le papier au moins, cela existe bel et bien, chez nous. En théorie, lorsque tu n’as pas été jugé, tu es présumé innocent, mais en pratique, dès que tu es suspect d’un truc, en général, on te présume plutôt coupable du truc. Et c’est d’ailleurs le but du jeu. Si l’on te colle en garde à vue, par exemple, ce n’est pas pour te faire dire que les roses sont roses, mais plutôt pour te tirer les vers du tarin. Et si l’on te consacre une émission télé poubelle du style Faites sortir l’accusé, là n’en parlons même pas… Même dans les JT de France MachinVision, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais l’on parle plutôt de présumé coupable !

Oncques, comme disait tonton, la présomption d’innocence, bien oui, oncques justement !

Mais non, il paraît que cela existe parfois. Et c’est notre brave ministre des Auvergnats, encore lui, qui vient de nous le préciser. Deux fois condamné, le neuillyssois d’Auvergne, et bien ce n’est pas grave, il a fait appel, il veut donc être présumé innocent. Ah que quand même !

Et comme jamais deux sans trois, suite à quelques propos bienveillants sur un jugement « légitimement… disproportionné », on peut à nouveau l’ester (non, pas ma soeur) en justice, où il pourrait se voir à nouveau condamné avant de faire appel… Et comme incidemment il lui arrive d’être ministre… Il doit être bien évidemment « présumé innocent ».

Comme quoi la justice… Surtout lorsque tu es ministre…

Bon, c’est pas tout, faut que je retourne dépendre les andouilles moi. et demain, je m’inscris au master de cordonnerie !

 

Et pour la révolution ? Bien, je vais tenter de la dépendre elle aussi !

 


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Posted in: Bof Bof...