Un nid de putois chez les mammouths

Posted on 14 janvier 2011

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Va savoir pourquoi, il y a des jours j’ai mal au peigne. Je viens d’apprendre que le putois ce n’est pas seulement le nom d’une petite bestiole, au demeurant fort mignonne, mais qui a la fâcheuse manie de ne pas se laver les dents, et qui pue autant que le pet d’un mammouth à qui tu viens de chatouiller les tripes. Non, le putois, c’est aussi le nom d’un hippodrome situé à proximité de la fort jolie ville de Compiègne où l’Oise coule, lorsqu’elle ne déborde pas.

Un hippodrome, chacun le sait, ce n’est pas un panier de crabes. C’est un lieu où tu réunis tout un tas de personnes qui ne se connaissent pas, comme par exemple la femme d’un ex-ministre, un ancien conseiller de cet ex-ministre, un sénateur-maire du même parti que l’ex-ministre, un président d’une société de courses proche du sénateur-maire, quelques chevaux et leurs jockeys, et bien évidemment l’ex-ministre lui-même, et pardonnez-moi si j’en oublie. Tu fais ensuite tourner le manège de telle sorte que personne, sauf les chevaux et les jockeys, ne se rencontre. Et, si tu gagnes le grand prix, tu achètes l’hippodrome, et la hachette qui va avec, parce qu’étant situé en forêt, il te faudra en couper quelques arbres pour en faciliter l’accès.

Moi, les chevaux, je les aime bien, mais je n’aime pas trop monter dessus. Et pour bien me faire comprendre qu’eux non plus n’aiment pas ça, les deux seules fois où cela m’est arrivé, la première, je me suis retrouvé illico le cul dans la gadoue, la seconde je ne vous raconterai même pas l’état de mon fond de culotte lorsque j’en suis redescendu. Cela ne regarde que le cheval et moi.

Bref, j’en étais où dans tout ça ? Ah oui ! Il y a des ex-ministres qui n’ont vraiment pas de bol. Il y en a même, tu as l’impression qu’ils le font exprès tellement qu’ils manquent de pot. On va jusqu’à délocaliser des juges pour les examiner. Et comme ça ne suffit pas, c’est trois nouveaux juges qu’on leur colle sur le dos. Et tout ça pour quoi ? Une ridicule histoire de famille entre une mamie et sa fifille, ou une histoire de dadas s’ébrouant dans la forêt de Compiègne !

Je te jure ! Si on ne peut même plus laisser les dadas cavaler là où ils veulent ! On va vraiment droit dans le mur !

Tiens, moi à Compiègne, je ne savais même pas qu’il y avait un hippodrome et je n’en étais pas plus malheureux pour autant. Et je ne savais pas non plus que mamie et fifille habitaient presque porte à porte à Neuilly avant de se crêper le chignon, puis de se réconcilier.

A Compiègne par contre, (et n’y voyez aucun rapport avec notre temps, ni aucun point G.) je savais qu’aux temps joyeux où le régime de Vichy rivalisait de politesse avec l’occupant teuton, une ancienne caserne du joli nom de « camp de Royallieu » avait été rebaptisée « Frontstalag 122 », d’où 40 trains sont partis vers les camps d’extermination nazis.

Le tout premier, venu de Drancy le 27 mars 1942 avec 565 hommes juifs, pour la plupart raflés le 20 août 1941 dans le 11ème arrondissement parisien, repartira le soir même de la gare de Compiègne vers Auschwitz-Birkenau avec 547 autres hommes juifs également, et parmi eux nombre de nationalité française, arrêtés lors de la rafle dite des « notables » du 12 décembre 1941. Parmi ces « notables », le hasard faisant parfois bien étrangement les choses, un certain René Blum, frère d’un autre Blum prénommé Léon.

Pour l’anecdote, il s’agira du premier convoi parti de France vers l’extermination. Et du seul équipé de wagons de troisième classe, avec jolies banquettes en bois, les suivants seront équipés de wagons à bestiaux.

Mais je digresse encore. Bon, caserne, ça rime avec caverne, non ? me dira-t-on. Pas avec hippodrome !

Quoi que ! Un hippodrome, ça ressemble un peu à une caserne à dadas, non ? Mais pour le nid de putois ou le panier de crabes, je n’ai jamais tenté de mettre le nez dedans.

Bon allez, je termine sur une note joyeuse (mais j’aurais pu choisir aussi une veuve). Il y a des gens qui font tout un tas de trucs risqués pour devenir millionnaires. Par exemple, entourlouper des mamies gâteuses, ficeler des affaires que même les juges (délocalisés ou non) n’y comprennent rien, entuber leur percepteur (alors là c’est dur, faudra qu’ils me donnent la recette). Il y en a même qui arrivent à se faire nommer ministres, d’autres présidents à vie, et certains empereurs, mais c’est nettement plus rare.

Et bien moi, il m’a suffit d’ouvrir ma boîte à méli-mélo ce matin, et j’ai reçu ça :

Bonjour
Je me nomme Mme H… de nationalité Française résident à Londres je suis mariée à Mr P… de nationalité Française ingénieur consultant en république du Bénin pendant 9 ans décédé suite à un accident de circulation. J’envisage de faire une donation des biens de mon mari car je suis malade et mon docteur m’a dit que je ne survivrais plus longtemps. Il dispose de UN MILLION VINGT CINQ MILLE DOLLARS U.S(1.025.000 dollars) qu’il avait gardés pour un projet. Je serai grée de vous donner cet argent qui pourra vous aider dans vos projet, je vous prie d’accepter cela car c’est un don que je vous fais et cela sans rien demander en retour. Contactez-moi dès que possible si vous êtes d’accord pour mon offre tout en me laissant vos coordonnées a l’adresse:

Suivent une adresse mail, et une signature.

Alors ! L’est pas belle la vie ? J’en suis tout spasmé.

Et si vous croyez qu’avec ça je vais me mettre les doigts dans un nid de putois, vous vous les mettez bien profond dans l’oeil. Quant au panier de crabe, je vais peut être m’en servir pour régler mon contentieux avec le cheval, avant d’aller vérifier l’état de mon compte en Suisse.

Et pour les mammouths ? Ben euh ! Je ne sais pas ! Demandez-le donc à nos chers socialissss qui nous font la fête à tonton en oubliant soigneusement que le 12 novembre 1954, un certain ministre de l’intérieur déclarait « l’Algérie, c’est la France, et la France ne reconnaîtra pas chez elle d’autre autorité que la sienne… » Il s’appelait comment le Monsieur ? Ben euh !… François Mitterrand.

P.S. J’avais pas de putois dans nos stock, alors tant pis, je vous ai mis un nécureuil.

Dis tonton, c’est pour quand la révolution !

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