Une étoile… Peut-être…

Posted on 15 janvier 2011

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Depuis quelques jours, je bouillonne de parler de ce qui se passe en Tunisie, et de cette fin, j’espère, d’une dictature, dont presque personne ne voulait jusqu’alors dire le nom. Mais je ne trouve pas les mots pour parler à tous mes amis d’outre la grande bleue. Nous passons bien trop souvent et trop vite d’une illusion à une désillusion… Et je ne veux pas répandre mon pessimisme… Espérons surtout qu’au delà de la colère et des larmes, il y aura un bâtir de joies. Et espérons aussi que cette colère parviendra à briser les frontières que certains hommes ont posées, uniquement pour mieux dominer les autres….

Les mots de Matoub Lounes, poète assassiné par la stupidité humaine, diront bien mieux que moi ce que je pense…

Et un petit texte écrit, il y a bien longtemps et en de toutes autres circonstances. Mais pourquoi pas…


Une étoile dans le ciel
sur un fond bleu
de peupliers damnés
ou damés
comme la mort des autres
sur un échiquier rouge et noir
noir de rose
et rouge de deuil
comme la guitare
aux mains brisées
par la corde de l’étrangleur
et répandues
sur un sol nacré de givre
comme la montagne prophétique
où la silhouette du chien crevé
se profilait
pour mordre au dedans
quelques mains tendues
par le désespoir
et travesties de solitude
comme aussi celles des maniaques
– princes charmants des nénuphars –
en ces zones dangereuses d’absence(s)
comme la montagne prophétique
d’ailleurs
où le chien crevé mord l’étoile
qui crie
et demande l’ailleurs du monde
à de jeunes vieilles insomniaques
qui passent
et repassent
autour d’une fontaine
– elle s’appelait saint pierre –
en quête d’une avalanche
ou d’un simple grossissement de poche
pas celle de devant
bien sûr
où il n’y aurait qu’un oiseau mort
ou papillon aux ailes vides
comme celui qui passe
et repasse
de même
auprès d’une trop grosse vieille
en rêvant que l’eau est un songe
mais l’eau est bien eau
et pas songe
de même que le chien crevé
et seul un certain feu l’éteint
autour duquel jamais
les vierges ne danseront
si ce n’est celles des enfers
et de danser avec la lune
ce jour là
où l’étoile mourra pour de bon
et pas seulement d’une mort-image
ou d’un soupir en trompe l’œil
mais les doigts frappés par la règle
du prince aux nénuphars fanés
sans un cri
ou peut être d’un cri silencieux
ne déchirant que l’intérieur
et la nuit même
se taira……

………………………… A Santiago… Pour  Victor Jara


Alors oui, espérons… Merci à Albatros qui m’a ouvert la voix…

Et pour la révolution ?….




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