Précis de logique par l’absurde

Posted on 26 mars 2011

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Au Japon, de l’électricité est nécessaire, produite sans doute par une centrale nucléaire, pour tenter d’éteindre la fusion d’une autre centrale nucléaire.

En Lybie, Malbrough s’en va-t-en guerre (mironton, mironton…) « au nom du sens de l’honneur », nous expliquait il y a peu un ministre des bords de Gironde qui nous disait pourtant il y a quelques années (et après quelques « affaires ») qu’il ne se mêlerait plus de politique… Et comme cela ne suffit pas, un autre ministre, spécialiste es boulettes bien placées, nous fronde une idée de « croisade » occidentale.

L’honneur, on connait ! Celui des vacances MAMmaires en Tunisie, ou de notre joyeux (luron, pardon) premier ministre en Egypte… Bref passons.

Je ne sais pourquoi, j’ai envie de parler de l’absurde aujourd’hui. Tiens, cette idée géniale du PS et des Verts qui en appellent au « Front Républicain » et à voter pour l’UMP pour contrer le FN. A croire que 2002 n’a jamais existé, et qu’ils ont pompé leurs leçons de choses directement à l’Elysée.

Moi, « le front » quel qu’il soit, ce n’est pas et ne sera jamais mon truc. Mais jamais je n’irai voter pour un UMPiste pour tenter de contrer un Frontiste. Lorsque j’écoute les propos de notre heureux ministre des « croisades », franchement, en dehors de l’étiquette, je ne vois pas ce qui distingue l’UMP du Front National.

« Les agents des services publics évidemment ne doivent pas porter de signes religieux, manifester une quelconque préférence religieuse, mais les usagers du service public ne le doivent pas non plus. » (dixit Claude Guéant)

Il a dû oublier son catéchisme le monsieur, et que les romains ont forcé Jésus à porter sa croix. Je ne sais pas si, comme tout le monde, (sauf Benoit XVI peut-être, et monsieur Guéant) vous avez déjà vu un film porno. Moi si, et il y a une chose qui me fait toujours marrer, c’est de voir les acteurs et actrices effectuer leurs galipettes préférées avec une jolie croix au bout du collier. S’il a une télé avec décodeur, le barbu doit bien se marrer lui-aussi, du haut de son paradis, en bouffant sa pomme.

Mais je divague ! D’ailleurs, lorsque l’on critique Monsieur Guéant, il paraît qu’on lui fait un « procès en sorcellerie ». Evidemment qu’il n’est pas sorcier, monsieur le ministre. Vous l’avez déjà vu se balader dans les airs avec son chapeau pointu et son balai entre les jambes ? Moi non !

N’ayant pas l’ombre d’un sentiment religieux, je n’en porte aucun signe. Mais cela ne me dérange pas de voir un décolleté orné d’une croix, d’une main de Fatma, d’un croissant, d’une étoile, d’un gros bouddha, ou que sais-je encore. Et c’est justement cela aussi qui fonde ma laïcité, le respect du sentiment religieux des autres. D’ailleurs, une kipa, c’est très utile pour masquer une calvitie, et le foulard vous évite aux pellicules de se répandre un peu partout.

Chacun est libre de ses sentiments religieux, tout autant que je le suis de n’en avoir aucun. Et chacun doit rester libre de les exprimer comme il veut. Quant aux extrémismes, il en existe de tous bords ! Est-il utile de rappeler la Saint Barthélémy pour ce faire ? D’ailleurs, n’est-ce pas le propre de toute religion que d’engendrer ses extrémismes (tout comme la politique, mais bon…) ?

Bref ! Croisade, identité nationale, place de l’islam en France, signes religieux… le tout saupoudré d’une petite guéguerre en Lybie (je devrais dire « gré-guerre »)… tout cela nous mène à quoi ?

Deux chiffres me viennent en tête, 400 et 28.000.

28.000, c’est le nombre des « éloignements » qu’il est « impérieux » d’atteindre en 2011 pour que les français aient le sentiment d’être « chez eux ». (dixit Claude Guéant)

28.000 multiplié par trois, cela donne 84.000. N’ayant pas des statistiques précises sous le nez, 84.000 c’est à peu près le nombre « d’éloignements » auxquels à procédé le gouvernement de notre Vénéré en trois ans, afin que, selon lui, je me sente chez moi.

28.000 multiplié par deux, cela donne 56.000. C’est à peu près le chiffre des « éloignements » auquel il procèdera encore pendant les deux années à venir, afin que je me sente chez moi, dit-on. Soit un total de 140.000 en cinq ans de pouvoir.

S’il est réélu en 2012 pour cinq ans de plus, en 10 ans, au moins 280.000 personnes auront été « éloignées » afin que je me sente chez moi, comme ils disent.

400, c’est à peu près le chiffre des candidats FN qui seront présents aux second tour des élections cantonales.

Bon d’accord, mais quel rapport, me direz-vous, surtout si vous penchez la tête à droite.

N’étant pas mathématicien, je ne vous ferai pas le coup de l’équation. Mais il est clair pour moi que ces deux chiffres sont liés.

Ce chiffre annuel de 28.000 « éloignements », n’est que l’un des symboles de la politique d’exclusion, d’autisme intellectuel (j’allais dire de BHLisation), de repli sur soi… dans laquelle notre Vénéré et ses tendres amis s’enferment et tentent de nous enfermer. Et le chiffre des 400 candidats FN présents au second tour des cantonales, n’en est rien d’autre que l’un des résultats. Comme le dit la chanson,

Sur la plus haute branche,

Mironton, mironton, mirontaine,

Sur la plus haute branche

Le rossignol chantait.

Ouais, je sais, ce n’est que d’une drôlerie douteuse. Mais la drôlerie ambiante prête assez difficilement à sourire, sauf peut-être pour 400 disciples d’Ubu qui ne l’auraient lu qu’au premier degré…

Et pour en revenir à mon petit raccourci de l’absurdité ambiante, si je divise 84.000 par 400, cela me donne 210. D’où je déduis que « l’éloignement » de 210 personnes en trois ans aura conduit à la mise en avant d’un seul candidat du Front National (souvent fantôme d’ailleurs). Et si je pousse mon petit raisonnement par l’absurde jusqu’au bout, il en faudra 140.000 d’ici 2012 pour la mise en avant de notre Marine nationale.

Et tout cela pourquoi ? Que je me sente « chez moi », comme nous l’affirme Monsieur Guéant ?

Et bien non ! Ce « chez moi » de monsieur Guéant, n’est pas mon chez moi ! Et ne le sera jamais.

La digression fut un peu longue, je vous l’accorde. Mais c’est tout comme de tenter d’éteindre une centrale nucléaire en fusion, en rallumant une autre centrale nucléaire qui… je vous passe la suite… et elle explique pourquoi je n’irai jamais voter pour un UMPiste afin de tenter de faire front au Front National, j’aurai bien trop la sensation de voter pour la même cause.

Et puis après tout, autant que l’adversaire soit clairement identifié, plutôt qu’il se masque derrière déguisement façon Malbrough.

Tiens, Malbrough, je l’avais presque oublié celui-là.

Malbrough s’en va-t-en guerre,

Mironton, mironton, mirontaine,

Malbrough s’en va-t-en guerre,

Ne sait quand reviendra.

Comme tout le monde, je connaissais quelques mots de la chanson de Malbrough. Mais je ne savais pas qu’elle avait été popularisée par une certaine Geneviève Poitrine, nourrice de son état (cela ne s’invente pas). Et nourrice de pas n’importe qui en plus, mais du fils de Louis XVI et de Marie Antoinette. Dame poitrine qui fut accusée d’avoir transmis la tuberculose au petit Louis (nous évitant ainsi un Louis XVI et demi). Tuberculose ayant coûté la vie au petit Louis sans chiffre quelques jours avant la révolution. Lui évitant ainsi de passer à la guillotine avec ses parents, ou de finir sa vie en pauvre orphelin à la prison du Temple, comme son frère le presque Louis XVII, mort lui aussi de tuberculose, deux ans et quelque après le guillotinage de ses parents.

Désole, je digresse encore, et cette histoire de dame Poitrine, n’a rien à voir avec notre quotidien. Loin de moi l’idée d’avoir ne serait-ce que l’envie de guillotiner qui que ce soit.

Mais lorsque notre valeureux Malbrough s’en va-t-en guerre, que son joyeux ministre des chiffres (et des lettres) tente de nous encroisader en se glorifiant des « éloignements », que 400 FN sont présents au second tour des élections, le tout au nom du mieux être « chez moi »… Ce n’est vraiment pas la Marseillaise que j’ai envie de chanter. Et lorsqu’une certaine gauche me parle d’un « front républicain », je me dis que je fais bien d’apprendre le chinois. Nouille, en chinois; cela peut se dire 傻 auquel je rajoute même un 子.

Et va savoir pourquoi, au figuré, en chinois, une nouille se prononce chat. Les chats sont pourtant bien moins mouilles que les hommes.

 

Dis le chat, c’est pour quand la révolution !

 

 

 

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Posted in: Raz-le-bol