Le jeu de l’oie avec un gode, ça vous tente ?

Posted on 11 avril 2011

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Il se passe parfois des choses amusantes. L’autre jour, j’avais lu qu’une mamie de 75 ans avait coupé quasiment tout le réseau internet d’Arménie d’un simple coup de pioche. Un peu plus tard, on apprenait que Madame Dati, experte en inflation fellatoire, confondait les codes de bonnes pratiques avec des godes. Puis qu’un inconnu avait réussi à s’introduire, incognito évidemment, au Ministère de l’intérieur, mais que cet incognito avait quand même permis de savoir qu’il était d’origine maghrébine. Un ressortissant tunisien, peut-être ? Il faudrait le demander à monsieur Guéant.

L’invention du gode de bonnes pratiques, ça ne date pas d’hier. L’été dernier, on découvrait ainsi une jolie circulaire sur les roms, sensée passer incognito elle aussi, mais… Signée de la main d’un certain Michel Bart, alors directeur de cabinet du ministère de l’intérieur dirigé par notre bon Brice. Michel Bart qui, après avoir suivi notre joyeux auvergnat de Neuilly dans sa retraite, va bientôt retrouver Claude Guéant au ministère de l’intérieur, avec le poste de secrétaire général. Comme quoi, circulaire ou pas, c’est toujours circulez, il n’y a rien à voir.

Bref, le gode de bonnes pratiques est toujours en circulation. Il y a quelques jours, c’est Le Figaro qui dévoilait une autre jolie circulaire émanant encore du ministère de l’intérieur, sur les tunisiens cette fois. Mais comme l’on ne recommence pas toujours les mêmes erreurs, les tunisiens n’y étaient pas expressément (visés, pardon) mentionnés.

Je ne m’étendrai pas sur le contenu de cette circulaire, préférant nettement m’étendre ailleurs. Mais outre une faute d’orthographe, je note un point. Pour être « autoriser (sic) à  circuler ou à séjourner » en France, un étranger doit « justifier de ressources suffisantes ». Et la circulaire nous fait le détail de ces ressources : 31 euros par jour et par personne si la personne en question dispose d’un hébergement, et 62 euros sinon.

Si je me livre à un petit calcul, 62 multiplié par 30, cela donne 1860 euros pour les mois en 30 jours. Sachant que le smic net mensuel est, en France, d’environ 1073 euros. Comptons le nombre de personnes qui n’auraient pas le droit de circuler en France si elles étaient « étrangères ».

Et sachant que le smig tunisien est d’environ 140 euros par mois… Je vous laisse deviner la suite. A moins que vous ne soyez patron de banque et que vous souhaitiez visiter l’Elysée, vous avez de fortes chances de vous retrouver à la case charter…

Bref, avec l’arrivée de monsieur Guéant à l’intérieur, on en viendrait presque à regretter notre sympathique auvergnat. Et tiens, d’ailleurs que fait-il depuis sa retraite le monsieur ? Pour le savoir il vous suffit de lire Paris Catch qui vous dévoile tout, même le bas. Et bien il mange, le monsieur, même qu’il « a repris quelques kilos »… Toujours aussi édifiante, la lecture de Paris Catch.

Bon, aucun intérêt que tout cela. Ah si le Michel Bart dont je parlais tout à l’heure est un ancien élève de l’ENA, issu de la promotion Léon Blum, tout comme Martine Aubry. Ce qui nous fait une belle jambe. Mais nous les met un peu dans les mêmes paniers. Pas étonnant que le programme du PS pour 2012 soit aussi terne qu’un débat du MEDEF sur la phinance mondiale.


Ouais aucun intérêt, vraiment ! Non ce qui m’intéresse vient plutôt d’Islande.

Vous vous rappelez sans doute qu’il y a quelques mois un volcan islandais au nom imprononçable en public (sauf par Madame Dati peut-être), l’Ejaculmachinchose s’était amusé à paralyser la moitié des avions du monde pour leur apprendre à voler en cercle. Il a dû apprendre quelque chose aux islandais eux-même, leur volcan, parce que ce weekend, ils viennent de voter, et de balancer une bonne claque aux bons penseurs de la phinance mondiale.

On leur demandait en effet par référendum s’ils acceptaient de payer les 3,8 milliards de dettes dues à la faillite d’une banque privée. Et ils ont dit non à presque 60%, nos amis islandais ! Et pour la seconde fois. (Je ne dirai pas ce que je pense des 40% qui ont dit oui, mais…)

On s’en doute, ce « non » ne servira sans doute pas à grand chose. Nos dirigeants trouveront bien un moyen de le contourner, comme ils ont contourné les « nons » à l’Europe du fric. Mais il s’agit au moins d’un petit pavé dans la marre en forme de « vous nous avez jeté dans le trou, allez donc en voir le fond vous aussi ! » Et, il faut bien le dire, cela me rassure un peu sur l’état de santé du monde.

On le sait, je suis un adepte de la non votance et j’ai assez donné mes raisons pour ne pas les répéter aujourd’hui. Mais franchement, si l’on me demandait d’aller voter pour renflouer les dettes d’une banque, sûr que je dérogerais à ma petite déontologie personnelle, et je prendrais bien trois bulletins pour le prix d’un seul !

Elle avait pourtant un joli non cette banque failliteuse. Icesave, qu’elle s’appelait, « sauvez la glace ». Nettement mieux qu’une société pas vraiment générale ou qu’une banque qui n’a de populaire que le nom. Mais en la nommant ainsi, ses dirigeants ont dû un peu trop sucer la glace et suivre de trop près le gode de bonnes conduites…

 

Et pour la révolution, cherchons-la au détour de l’iceberg.

 

P.S. Va savoir pourquoi, j’ai dû oublier l’oie en route.

 

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Posted in: Merdialisation ?