L’antipicole fait aussi la révolution…

Posted on 22 avril 2011

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Le badminton, tout les plagistes ont dû le pratiquer pendant leurs vacances, entre une partie de pétanque et un (ou deux) verres de Pastaga. Mais je ne savais pas qu’il y avait des tournois internationaux, que ce jeu était devenu professionnel, et qu’il y avait même une fédération internationale. Maintenant je le sais, et je sais même que cette fédération veut imposer aux joueuses de raquette le port de la mini-jupette.

Ca, c’est de l’info ! C’est en tout cas ce que l’on peut lire dans 20 Minutes, entre une photo de notre Vénéré tendant le pouce (ou tapant du poing, on ne sait pas trop), une histoire de prime à mille balles mise en (petites) boîtes, celle d’un shérif ricain qui lance un concours de sales gueules, et un « projet tatanes » qui nous apprend que « dans le foot, dès que tu parles, tu te marginalises. »

Ouais ! Je n’ai pas besoin de baballe pour me marginaliser, mais ce n’est pas le sujet. Et lorsqu’un footeux parle… mieux vaut qu’il joue de la godasse ! Quant aux badmintonniènes en mini-jupes, il paraît que c’est pour attirer plus de badauds (j’ai failli dire de bedeaux).

Et tiens, pendant que j’y suis, je vous donne la définition du « bedeau », c’est un employé laïque d’une église qui a pour insigne une verge.

Bon, une verge, tout le monde sait ce que c’est, enfin je pense. Mais en dehors de ce à quoi vous (mal) pensez, ce peut aussi être un bâton de berger, ou de CRS.

Et je ne sais pas si vous vous souvenez, mais il y a quelque temps, les poulets (dieu soit loué) se mettaient en grève parce parce que deux ou trois d’entre eux avaient été condamnés à la cage (non, je ne le ferai pas celui-là !). Et bien aujourd’hui, ce sont les CRS qui vont se mettre en grève, pour cause de prohibition forcée.

Lors des manifs de l’automne dernier, un petit plaisantin s’était amusé, en effet, à photographier une cohorte de CRS en train de picoler de la bière, et ces images avaient atterri dans les pages de feu Backchich. Et comme il faut prendre des pincettes avec les CRS, il a fallu attendre plusieurs mois pour que la direction CRSésienne réagisse en leur interdisant la picole de la bière et du kil de rouge.

Plus question de toucher au litron pendant les manifs, ni même pendant les repas. Du coup, c’est la grogne chez les as de la verge. Un de leurs syndicalistes (si, cela existe des syndicalistes CRS) aurait même expliqué à TF1 qu’en supprimant le quart de rouge, on empêchait « un moment de convivialité » ! C’est quoi la convivialité chez les CRS ? On est parfois en droit de se poser la question… Et dans le très sérieux Figaro, on peut lire que le même syndicat « n’exclut pas d’entrer dans un conflit ouvert si la circulaire (antipicole) n’est pas retirée. » A défaut de pinard, ils vont avoir du pain sur la planche, nos joyeux pandores.

Une circulaire antipicole, m’est avis qu’elle aura autant d’effet que les photos qu’on nous balance désormais sur nos paquets de clops. Ce n’est pas cela qui va m’empêcher de fumer. Des tronches éclatées par des coups de matraques (non, je n’ai pas dit de qui proviennent les coups), j’en ai tellement vu, qu’une gorge éclatée par un cancer, cela ne fait plus aucun effet.

Mais au fait, cela donne quoi un CRS rond ? Ils doivent faire ça en privé, parce que je n’en ai jamais vu. J’ai plutôt vu de grands baraqués, si tant baraqués que je peux me tailler deux costards dans un seul de leur uniforme.

Bon, il est vrai qu’entre baraque et barrique, il n’y a qu’une voyelle de différence. Mais il ne faut quand même pas confondre… Un peu de respect, je vous prie !

Bref, il doit être sacrément embarrassé, notre joyeux ministre de l’intérieur. Non seulement il déprime ses escadrons en réduisant leurs effectifs, mais en plus il leur interdit l’antidépresseur le plus répandu en France. Sûr que si j’étais CRS, j’entrerais de suite en conflit ouvert…

Mais revenons à nos badmintonniènes. Si l’opération mini-jupettes de la Fédération internationale des joueuses de volant réussit à attirer le badaud dans les tournois. Les hooligans du badminton vont se multiplier, et on va pouvoir les antidépresser nos braves CRS. Il suffira de les envoyer donner de la verge autour des moineaux.

Oui, désolé, mais le moineau, c’est ainsi que nos amis Québecquois nomment le jouet auquel doivent s’attaquer nos raquetteuses. Et elles doivent le toucher selon des règles très précises, en diagonale, la raquette inclinée vers le bas et selon un mouvement continu qui va vers l’avant. Il peut y avoir arrêt de jeu lorsque le service est exécuté avant que le receveur de moineau ne soit prêt. Et l’une des manières de savoir qui va commencer à jouer est de pointer son manche vers l’autre joueur.

Sûr qu’avec la mini-jupette, il va y avoir foule dans les tournois. De quoi rassurer nos chers CRS, ils ont encore du boulot devant eux.

Alors une petite suggestion pour les déstresser un peu plus, et si l’on changeait leurs costumes, à nos déprimés de la picole.

P.S. Un badaud, cela peut aussi être un gobe-mouche, ce qui n’est pas sympa pour les zoizeaux.

Et pour la révolution… Tiens une bonne vraie grève de CRS…

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