Dans la série « servez-moi un complot »… Madame est servie !

Posted on 16 mai 2011

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630.000 poulets, 31.000 cochons et 3.400 vaches sont restés dans la zone aujourd’hui interdite aux abords de la centrale nucléaire de Fukushima. D’où j’en déduis, primo, qu’il y a beaucoup plus d’animaux que d’humains au Japon puisque seulement 85.000 humanoïdes ont été évacués de la même zone, et secundo que les japonais préfèrent nettement le poulet à la vache.

Bon, je sais, vous vous en fichez pas mal. Alors je vous donne une autre info bien plus essentielle.

Vous connaissez le Moustérien ? Et bien moi, je ne connaissais pas. Mais c’est un autre terme pour désigner l’homme de Néandertal.

En effet, Néandertal étant situé un peu trop à l’Est du Rhin, il est plus seyant aujourd’hui dans notre France de souche, de racines (pour les ailes, je suis moins sûr) et d’identité, de situer notre lointain cousin du côté de la Dordogne. Et plus précisément, pour ceux qui ajoutent le catho à leur identité, de le situer à Saint-Léon-sur-Vézèle.

Sauf que, y a un hic !

On vient de découvrir que le Moustérien avait exporté sa culture jusque chez les ex-soviets, du côté du cercle polaire, soit bien plus à l’Est et au Nord que Néandertal par rapport à la France profonde. Qui plus est, ces déchets de culture dateraient de 7.000 ans après l’extinction du dernier Moustérien de Dordogne.

Comme le disait Boris Vian, « y a quèk chose qui cloche là d’dans… » (traduction approximative de Boris en patois morvandiau).

Bref ! Je n’ai aucune envie de parler des fresques ou des frasques pro ou anti DSKiennes aujourd’hui.

Non j’ai envie de voyager dans ma tête. Sauf que le bled polaire où l’on a retrouvé des résidus de culture moustérienne, il y fait un peu trop froid pour moi. Alors je redescends vers le sud, et la jolie république ex-soviétique de Bélarussie.

Là, au moins, le climat y est continental et comme la population n’y est que de 49 habitants au kilomètre carré, on peut se dire qu’il s’agit d’un espace presque protégé – à en croire Wikimachin d’ailleurs, certains endroits y sont inchangés depuis la préhistoire (juste après le Moustérien donc) et le bled abrite des espèces animales disparues partout dans le monde. De plus, c’est à moins de trois heures d’avion de Paris, durée assez supportable pour un fumeur invétéré.

Mais c’était sans compter qu’il y a une Bérézina en Bélarussie, qu’une Vistule coule juste à côté. Et que Tchernobyl, pourtant située en Ukraine n’est qu’à quelques pas de la jolie Bélarussie qui s’est ainsi tapée 70% des retombées radioactives dues à l’explosion de la centrale en 1986. Mais bon, c’était du temps des soviétiques, et l’on ne savait pas encore comment détourner les nuages radioactifs (seule la France le savait alors – cocorico !).

Sur le site du ministère des affaires étrangères, on peut d’ailleurs lire : « Il faut d’une manière générale éviter de consommer poissons d’eau douce, baies et champignons et s’abstenir absolument de consommer les produits alimentaires provenant des régions du Sud-Est, proches de la frontière ukrainienne, et de l’Est au Sud-Est de Moguilev, très touchées par la catastrophe de Tchernobyl. » Pas très encourageant pour le tourisme, il faut bien le dire. Mais on pourra toujours se consoler avec de la vodka.

Et le même site nous rassure tout de suite, « la police est bien assurée à Minsk, comme à Grodno, Brest (un effet de la vodka peut-être ?), Gomel, Moguilev et Vitebsk », c’est à dire dans la plupart des grandes villes Bélarusses.

Et pour cause… L’autre jour, je parlais de la gentille démocratie Ouzbèke où le très démocrate président se fait régulièrement réélire avec des scores à faire pâlir d’envie ses collègues démocrates africains. Et bien en Bélarussie, c’est idem.

Le 19 décembre 2010, le très estimable et honorable Alexandre Loukachenko était, dès le premier tour, réélu avec 79,65% des voix. Il avait été élu une première fois avec 80 % en 1994, réélu en 2001 (et dès le premier tour) avec le même score, et en 2006 avec 82,6% des suffrages. (Tiens, même score que Chirac en 2002… Mais c’est une autre histoire).

Bref, tout allait pour le mieux en la belle démocratie Bélarusse jusqu’à un certain 19 décembre 2010 où quelques malintentionnés de l’opposition, frustrés de leurs si faibles scores, ont eu l’idée saugrenue d’aller le hurler dans les rues – alors que le thermomètre affichait moins 15 degrés.

Selon certains observateurs malveillants, il y aurait eu ce soir-la entre 30 et 40.000 manifestants. Mais selon le pouvoir en place, il ne s’agissait que d’une réunion de 3.000 marginaux alcooliques, dont plus de 600 seront arrêtés. Parmi eux figuraient, bien évidemment, quelques journalistes étrangers venus semer le trouble et six des neufs candidats malheureux aux élections présidentielles…

Depuis le début de l’année 2011, 27 opposant biélorusses ont ainsi été « légitimement » condamnés, dont 22 à des peines de prison ferme, pour avoir participé à cette manifestation d’alcooliques du 19 décembre. Le dernier en date, Andreï Sannikov, condamné à 5 ans de prison le 14 mai, étant le principal candidat de l’opposition à l’élection présidentielle. Mais qu’ils se réjouissent, il n’existe pas de prisons de Bélarussie, mais de jolies « colonies pénitentiaires »…

Aujourd’hui, c’est Irina Khalip, l’épouse d’Andreï Sannikov, qui vient d’être condamnée à deux ans de prison. Mais comme cette condamnation est accompagnée d’un sursis, elle ne bénéficiera peut-être pas des colonies bélarussiennes.

Bref… Tout le monde a entendu parler du KGB, et tout le monde pensait qu’il s’était éteint avec la chute de l’URSS en 1991. Mais non, il ne s’est pas éteint partout. Tradition oblige, la police secrète de Bélarussie, se nomme KGB, et son siège à Minsk est situé dans de jolis locaux ornés de colonnes corinthiennes que la population locale affuble du surnom d’Amerikanka.

Et pour en revenir à Tchernobyl, située à quelques kilomètres de la frontière bélarussienne, et qui a balancé 70% de ses déchets au sud du pays, pas loin d’un million de bélarusses (10% des dix millions d’habitants que compte le pays) vivent aujourd’hui dans les zones encore contaminées par l’explosion de 1986. Et selon l’association Enfants de Tchernobyl Belarus, 500.000 enfants seraient aujourd’hui contaminés par les retombées radioactives et leurs séquelles.

Alors ouais, c’est vraiment chouette la Bélarussie. Peut-être irai-je y passer mes prochaines vacances. Ah non ! J’oubliais, je n’aime pas la vodka.

Et tiens, à Fuku sur machin, il paraît que l’on vient encore de déplacer 7.000 personnes. Mais bon, je digressse.

Revenons donc à notre jolie Bélarussie. Si l’on sait aujourd’hui comment ont été financées les « révolutions » colorées qui ont animé il y a quelques années certaines ex républiques soviétiques, l’on pourrait aussi se demander pourquoi une telle révolution n’a pas touché la Bélarussie.

Bon, je sais, il n’y a pas la mer en Bélarussie. Et si vous rayez de la carte touristique les régions contaminées par Tchernobyl, il n’en reste plus grand-chose d’exploitable – sauf par les biélorusses eux-mêmes, et encore. Qui plus est, il n’y a ni pétrole, ni gaz de schiste. Pas le moindre intérêt donc à tenter d’aller capitaliser ce bled paumé entre Vistule et Bérezina. Pas plus que s’en prendre à son très démocrate président. Il se contentera d’un petit coup de tapette sur les doigts de temps à autres, et longue vie à lui…

Et pour le décompte des poulets, cochons et vaches contaminées en Bélarussie… Attendons sans doute la prochaine explosion !

De même peut-être pour la révolution !

P.S. De même que les Etats-Unis, la Bélarussie est encore adepte de la peine de mort.

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