Mystérieuses explosions de… pastèques en Chine

Posted on 18 mai 2011

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Dans le très sérieux NouvelObs, on peut lire que plus de 50 hectares de cultures de pastèques ont subi une mystérieuse vague d’explosions à répétition du côté de Danyang en Chine. Danyang qui, va savoir pourquoi, signifie soleil écarlate.

Ces explosions seraient dues soit à de fortes pluies, soit à l’utilisation excessive de forchlorfenuron, un accélérateur de croissance qui favorise la division cellulaire et permet d’augmenter la taille des pastèques, mais encore d’améliorer leur couleur. Mais les scientifiques et les autorités sont divisés sur la question.

Bref ! Y en a marre…

Dans le non moins sérieux Express, on peut lire qu’une bouteille de pinard a battu un record des ventes aux enchères, cédée pour la modique somme de 87.000 euros à un collectionneur ricain. J’espère que le collectionneur saura apprécier son Romanée-Conti de 1945, parce que le phylloxéra ayant détruit une bonne partie des cépages depuis, on utilise peut être aussi du forchlomachin pour faire pétiller les vignes.

Bref ! Y en a vraiment marre…

Dans Ouest France, célèbre quotidien breton, on trouve une autre information capitale. Le Danemark, après avoir colonisé le Groenland et les îles Féroé, s’apprête à revendiquer le Pôle Nord et ses alentours. Il paraît en effet que le réchauffement climatique et la fonte de la banquise qu’il entraine, y facilite l’exploitation du pétrole.

Et dans Romandie News, qui relaie l’information sur le Danemark et le Pôle, on apprend que les morsures de chien ont provoqué 33 décès en France (et non en Romandie, rassurez-vous) au cours des 20 dernières années. Et qu’en Suisse, « les ventes de deux roues prennent l’ascenseur » du fait de la météo printanière de ces derniers mois.

On y apprend aussi qu’un diamant rose (beaucoup plus rare que les flamands de la même couleur) a été vendu aux enchères pour 10,8 millions de dollars dans un hôtel de luxe de Genève. Et que selon une récente étude américaine, le café ingéré à fortes doses (au moins six tasses par jour) réduit les risques de cancer de la prostate.

Bref ! Y en a vraiment marre de chez marre…

Ouais ! Raz-le-bol de cette affaire DSK. Un peu de retenue et de décence, M’ssieurs-dames s’il vous plaît.

Je ne porte pas particulièrement DSK dans mon coeur et même sans parti-cule (oui, je sais, le jeu de mot est facile). S’il avait été ou devait encore être candidat à la prochaine présidentielle, sûr et certain que je n’irai pas voter pour lui. Après tout, je préfère nettement les droitistes qui s’affichent à droite, plutôt que les mêmes qui se déguisent en rose. Au moins, on sait de quel côté porter la claque.

Lorsque Stéphane Guillon s’était ouvertement fichu de sa particularité sur France Inter, cela m’avait bien fait rire. Désolé de le dire ouvertement, mais les collectionneurs de pipes m’indiffèrent autant que les collectionneurs de timbres. Qu’ils soient présidents du FMI, des Etats-Unis, ou producteurs de pastèques.

Mais au centre de l’affaire actuelle, il s’agit de toute autre chose. On parle de viol et non de simples galipettes !

Alors un peu de retenue, je vous prie. En attendant que les faits soient avérés, démentis, ou je ne sais quoi, cessons d’en faire un tohu-bohu médiatico-peoplo-fait-divers qui risque de n’aboutir qu’à une chose. Faire perdre tout sens de jugement objectif à tout un chacun, qu’il soit partisan ou opposant – et y compris aux juges et aux jurés.

Qu’elle touche Dominique Strauss-Kahn ne doit pas faire de cette sombre histoire une affaire d’état, ce qu’elle n’est pas, ni une affaire de people, de paupaul ou une simple affaire de fesse. Encore une fois, il s’agit d’une accusation de viol ! Et tout le monde sait que l’on a très facilement tendance à banaliser cet acte sauvage.

Alors oui, s’il vous plaît, posez un peu vos plumes, vos caméras, laissez reposer vos ordinateurs, et surtout laissons aux deux parties (sans jeu de mot cette fois) le droit et la possibilité de s’expliquer et de se défendre.

Tiens, dân, en chinois, cela peut désigner une balle, une boulette, mais aussi un obus, ou une bombe, dans ce cas, cela s’écrit ainsi 弹. Mais si vous l’écrivez de la sorte 啖 cela signifie attirer, séduire, entraîner, allécher, et même leurrer. Et dans les deux cas, cela se prononce de la même manière.

Mais pourquoi je vous raconte ça, moi ? Ah si, dans le second cas, cela peut aussi vouloir dire manger. Bon, les pastèques explosives chinoises, je ne sais pas si l’on peut encore les manger. Mais il existe un joli proverbe chinois qui nous explique qu’une fois que la pastèque est mûre, la tige s’en détache, ce qui peut se traduire aussi bien par « à vouloir trop forcer, on gâte l’affaire » que par « tout vient à point à qui sait attendre ».

Bref…

Et pour la révolution, je vais le demander à ma pastèque…

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Posted in: Raz-le-bol