De la paupaulisation des glands dans le monde…

Posted on 20 mai 2011

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Si vous ne le saviez pas, il paraît que la fin du monde aura lieu le 21 mai, c’est à dire demain. Enfin, pas tout à fait la fin du monde, mais son début. Le 21 mai, ce sera le jour du jugement dernier où les bons seront séparés des mauvais et envoyés se balader au paradis, alors que les mauvais en seront privés et resteront sur terre pendant 5 mois encore, jusqu’à la vraie fin des fins qui, elle, arrivera le 21 octobre.

C’est en tout cas ce qu’affirme un certain Harold Camping qui nomme le jugement dernier jour du « ravissement ». De quoi en réjouir certains. Sauf que selon lui, ils ne seront pas nombreux les heureux élus, à peine 200 millions. Aucune chance donc que je figure parmi eux, pas plus que Dominique Strauss-Kahn d’ailleurs, il n’aura pas encore été jugé.

Et comme monsieur Camping se veut précis, le début de la fin du monde commencera le 21 mai à 18 heures dans toutes les villes du monde. Harold étant californien, si l’on tient compte du décalage horaire entre Los Angeles et la France, cette fin annoncée ne nous arrivera que le lendemain vers trois heures du matin, ce qui nous laisse largement le temps de voir. Et de nous planquer s’il y a lieu…

Il paraît que nous aurons droit à des tremblements de terres à côté desquels le récent tsunami japonais ressemblera à un pet de lapin. Mais le bon Harold avait déjà prévu une fin du monde en 1994 et, en dehors d’un génocide au Rwanda, de l’émergence des talibans en Afghanistan, et d’une recrudescence d’attentats suicides au proche-orient, il ne s’est pas passé grand-chose en 1994. Donc…

Bon, en fait, je n’en ai rien à secouer de la fin du monde. Non, je voulais parler de la paupaulisation des glands, pardon des grands de ce monde aujourd’hui.

C’est étrange en effet de voir comment, lorsque certains évoluent dans la sphère du paupaul, ils ont tendance à se lâcher en ce moment.

Il y a peu, je ne sais quel haut-couturier bourré vomissait son antisémitisme dans une buvette huppée. Tout récemment, on découvrait (avec stupéfaction ?) la blanquignolisation des hautes instances footballistiques. Il y a quelques jour, c’était le tour d’un éminent journaliste de nous expliquer que le « troussage domestique » n’était pas une « violente tentative de viol » (sic). Il y a quelques jours encore, un remarquable cinéaste nous faisait part de sa « sympathie » pour Hitler. Je passe sur les nouvelles botuleries d’un célèbre écrivain qui nous éclairent sur la différence entre les « brigades de ménage » et « l’homme des cavernes ».

Et je ne parle même pas du lapsussage de nos chers politiques. On est tellement habitués à leur guignolades. C’est à croire qu’ils organisent un concours permanent pour savoir qui va nous sortir la plus grosse – non, je ne parle pas de ce à quoi vous pensez, mais simplement de bourde.

Il doit y avoir un truc !

Bon, d’accord, à force de n’évoluer qu’entre eux et entre le Fouquet’s et le Ritz, nos glands, pardon, nos grands de ce monde, finissent peut-être par ne plus rien voir de ce qui se passe au delà de leur bocal bien doré. Je sais bien aussi que l’étude comparative des mérites d’une Porsche et du tout dernier coupé Ferrari n’est pas spécialement propice à l’éveil de l’intelligence. Pas plus que de théoriser sur l’essentialité de la Rolex à cinquante ans. Et peut-être aussi qu’une surmédiatisation rend sujet à la surdité.

Mais je m’interroge parfois.

On entend souvent reprocher à internet aujourd’hui d’être une porte ouverte à la liberté de dire n’importe quoi, n’importe comment. Et certes ! Mais ne serait-ce pas aussi tout simplement une poutre dont les médias ne voient pas qu’ils se la sont aussi pris en pleine poire.

A force de médiatiser à la même sauce tout ce qui fait pognon et paupaul, du joueur de foot à l’acteur de cinéma, en passant par le journaliste, le politique, l’écrivain, n’en arrive-t-on pas à une baballisation de l’esprit, pardon, banalisation, qui permet à tous ces paupauls de dire la moindre insignifiance (et je suis sympa aujourd’hui) qui leur passe par la tête ? Sans la moindre retenue, ni un semblant de réflexion.

Bref, je n’ai pas lu l’explication de l’Apocalypse selon Harold Camping. Mais la bible nous raconte une bien jolie histoire de bébélisation. Il paraît qu’un jour, les humanoïdes, lassés du bordel ambiant qui régnait sur terre et auquel ils ne comprenaient rien, décidèrent de s’unir pour créer une ville avec une grande tour au centre. Pour ce faire, et incidemment pour se faire comprendre, ils décidèrent aussi de se créer une langue commune, sorte d’espéranto avant la lettre. Evidemment, cela n’a pas plu à dieu qui, lui, était très fier de son bordel. Il détruisit la ville à grands coups de lattes, dispersa les hommes aux quatre coins de la terre à coup de savate, et les obligea à baragouiner leurs patois respectifs de telle sorte qu’ils ne se comprennent plus…

Y a-t-il une morale à cette histoire ? Je ne le pense pas. C’était juste une réflexion baballo-bébéla-banale de ma part.

Et d’ailleurs, si la fin du monde n’arrive pas demain. Il paraît qu’une autre est programmée pour décembre 2012.

Et pour la révolution ? Peut-être le 22 à trois heures du matin. Qui sait !

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Posted in: Les essentiels