De la démocratie au Gondwana…

Posted on 8 juin 2011

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Tout le monde connait le Gondwana, non ?

Bon, je résume alors, il y a environ 300 millions d’années, il n’y avait qu’un seul continent sur terre. Mais par suite de dissidences sans aucun intérêt pour notre sujet, aux alentours d’il y a 200 millions d’années, ce continent unique se sépara en deux parties, la Laurasia au nord, et le Gondwana au sud.

Le Gondwana réunissait alors ce qui constitue aujourd’hui l’Afrique, l’Arabie (c’est où dites ? comme nous disait MAM), l’Australie, l’Amérique du Sud, l’Inde, et deux ou trois bricoles du style Papouasie Nouvelle Guinée, Nouvelle Zélande, et même le pôle Sud.

La Laurasia elle, réunissait le reste, c’est à dire en gros l’Europe, l’Asie et, va savoir pourquoi, l’Amérique du Nord. Le pôle Nord, lui, faisait sécession. Et pour Cuba, je ne sais pas.

Bref, c’était le bon temps. En Laurasia, vous pouviez vous faire un Paris – New-York sans devoir apprendre à nager. Et idem au Gondwana pour un Mexico – Dakar. Les loriquets australiens ne songeaient pas à se bourrer la gueule. D’ailleurs, les soviétiques n’avaient pas encore inventé la vodka, ni le bateau à voile pour la transporter de Laurasia en Gondwana.

Ouais c’était vraiment le bon temps ! Mais cela n’a duré qu’environ 100 millions d’années. Puis chacun a décidé de faire cavalier seul, sauf le pôle Nord, dont c’était déjà le cas.

Mais pourquoi je vous raconte ça, direz-vous ? Eh bien c’est simple ! Ce matin, j’avais une grosse envie de zoner, et surtout pas la moindre envie de savoir ce qui se passe dans le monde. Mais comme je ne tiens pas à mourir totalement idiot. Lorsque je zone, j’aime bien me cultiver un peu. Je me suis donc fixé la tectonique des plaques comme sujet de méditation, ce qui m’a permis d’aller faire un tour vers le Gondwana.

Sauf que, bêtement, je suis allé rechercher le Gondwana sur Gogole. Et bien c’est simple, on apprend presque rien sur le Gondwana sur Gogole ! Par contre, si vous tapez DSK, vous avez droit à une érection immédiate de tous les serveurs (oui, je sais, elle est mauvaise, mais vous étiez prévenus, je zone !)

Bref, j’ai donc dû reconstruire un peu. Mais bon, je ne suis pas le seul.

Tiens, en Espagne, un parti socialiste fait une politique d’austérité. Hop ! balayé aux dernières élections. Idem au Portugal ce weekend dernier. En Irlande, il y a quelque temps, c’est le parti de centre (très) droit qui a connu le même destin pour la même politique d’austérité. En Islande, entre deux éruptions de volcans aux noms imprononçables, les islandais ont refusé par référendum le renflouement des banques faillitaires… Et j’en oublie sans doute.

Mais personne ne semble tirer la leçon de cette valse des gouvernances. Non ! Tout un chacun, de gauche à droite, reste campé sur son égo d’autruche, uniquement préoccupé de savoir qui gagne ou perd – comme dans un match de foot, où seul le résultat compte.

Et si l’on se préoccupait de savoir qui trinque !

Celui qui trinque au champagne, il n’est pourtant pas difficile de le voir. Il suffit d’ouvrir son journal pour constater que la crise n’est pas passée sur tout le monde et qu’en dépit de quelques belles paroles dans le vide, la valse des bonus et autres parachutes très dorés a repris de plus belle.

Celui qui trinque à l’austérité, il n’est pas plus difficile de le voir aussi. Il suffit à la plupart d’entre nous d’ouvrir son porte-monnaie lorsqu’il va faire ses courses et de constater que la taille de celui-ci diminue proportionnellement à la taille de son caddy. Pas besoin d’être un grand mathématicien pour comprendre que cela devrait-être l’inverse.

Mais il faut croire que la taille du porte-monnaie de nos politiciens, qu’ils soient de droite ou de gauche, n’est pas proportionnelle à celle de leur caddy. On pourrait d’ailleurs leur demander à nouveau le prix d’une baguette ou celui d’un ticket de métro ! Combien sont-ils à les connaître !

Bref ! Messieurs-dames les politicien(e)s, il faudrait peut-être arrêter de vous regarder la braguette (et je ne parle pas des orteils), et plutôt tenter de comprendre pourquoi, dès qu’il vous a mis au pouvoir, votre peuple n’a qu’une hâte, celle de vous en virer !

Cela me semble assez simple. Que vous vous prétendiez de gauche ou de droite, vous faites la même politique qui consiste à vous faire trinquer au champagne alors que nous trinquons à l’austérité !

Quoi d’étonnant à ce que la plupart vous rejettent, quoi d’étonnant à ce que beaucoup s’abstiennent, quoi d’étonnant à ce que d’autres cherchent refuge dans les extrêmes (généralement à droite) ?

Lorsque vous cesserez de prendre les peuples pour des imbéciles, peut-être cesseront-ils de vous prendre pour des charlots !

Même le peuple « d’en bas », comme le disent certains d’entre vous, a un semblant d’intelligence, de réalisme, ou, pourquoi pas, d’instinct qui lui permet de comprendre qu’un coup de pied au cul ça va, mais que le second fait plus mal, et le troisième… et le quatrième…

Et la valse continue…

Mais ! Bien oui, il y a un mais !

Qu’ils valsent ou non, nos vénérables dirigeants s’en fichent pas mal en fait. Contrairement à leurs peuples, ils auront toujours une place bien au chaud qui garantira que leurs porte-monnaies ne se vident pas trop vite.

Tiens, une petite question, si nous imposions le bénévolat en politique ! Pensez-vous qu’il y aurait beaucoup de candidats ?

Bon allez, je retourne faire un tour au Gondwana. Au moins, je suis sûr de ne pas y trouver l’Amérique et de me perdre dans les méandres d’un Sofitel.

Et pour en savoir plus sur le Gondwana, c’est ici.

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Posted in: Raz-le-bol