L’élire d’élytre, quand à l’élite… Et je ne vous parle pas des litres !

Posted on 17 juin 2011

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Sur l’ensemble de la France, un tiers des abeilles disparaissent chaque année. Mais va comprendre pourquoi, dans les villes, où la pollution règne en maîtresse, elles se portent plutôt bien ! Dans nos campagnes, ce sont les pesticides qui règnent en maîtres, la France étant en effet le premier consommateur européen en matière de pesticides pour l’agriculture. Et il paraît que les pesticides nouveaux ne sont pas polluants ! Mais il faudrait le demander aux abeilles.

Bon, une abeille, pour ceux qui comme moi ne l’auraient pas su, possède cinq yeux. Deux gros, disposés sur les côtés de la tête, ce qui, en soi, n’est pas très pratique pour loucher, mais comme ils sont à multiples facettes, ils lui donnent une vue panoramique, ce qui lui évite de marcher comme un crabe – et en plus ils lui servent d’horloge. Quant aux trois petits yeux restants, ils sont situés au sommet du crâne, mais on ne sait pas trop à quoi ils servent. Pas à repérer les pesticides, en tout cas.

Mais pourquoi cet engouement soudain pour les abeilles, me direz-vous ! Et bien c’est comme ça, les abeilles m’ont toujours fait penser à de petits nounours volants, et j’aime bien les nounours.

Et puis comme je ne sais toujours pas pour qui je pourrais bien voter l’an prochain (mais que je sais parfaitement pour qui je ne voterai pas), je tente depuis quelques temps de me lancer en politique.

Mais mon anarchisme n’ayant aucune chance de me faire élire (et pour cause, même moi, je n’irai pas voter pour moi-même), je fais le pari de l’écologie.

Tiens, au large du Japon, même les baleines sont devenues radioactives. Les baleiniers nippons vont peut-être arrêter leurs chasses sauvages ! Ce serait au moins un bien fait de Fukushima ( mon amour).

Et j’ai lu il y a peu que chez nous, un type avait été condamné à une amende pour avoir chanté le Gorille de Brassens au passage des pandores. Pauvres gorilles, même chez nous, ils ne sont plus protégés.

Alors oui ! L’écologie à vraiment un sens !

Et tiens (encore), dans le Point, j’ai lu un article édifiant sur le buisson.

Le buisson, tout le monde le sait, c’est un truc extrêmement écologique, mais complètement stupide. Lorsque vous regardez les étoiles et que vous vous foutez les pieds dedans. Aie ! Ca pique !

Et bien je viens de comprendre pourquoi le buisson pique ! C’est parce qu’il souffre d’un « atavisme familial », l’anticommunisme, ce qui lui donne une allergie systémique envers « l’antifascisme pavlovien ».

Je saisis donc parfaitement la stratégie de défense du buisson. Bien qu’écologiste, je souffre moi-même en effet d’un atavisme familial, le communisme justement, qui me condamne à un réflexe pavlovien, celui de sortir ma faucille et mon marteau dès que je croise (même de loin) un fasciste. Et, je dois bien l’avouer, dès que je me prends les pieds dans un buisson.

Ce à quoi le buisson, extrêmement cultivé en dépit de son aspect désordonné, me rétorque : ton coup de faucille, « c’est neuf seaux de merde pour un dé à coudre d’oranger. »

J’en reste bouche guéante, pardon béante, ce dont le buisson profite pour ajouter, « ce qui est excitant intellectuellement, c’est d’être fidèle aux valeurs éternelles du catholicisme et du même coup de se retrouver dans la marge. »

A l’évocation des « valeurs éternelles du catholicisme », mon réflexe pavlovien me fait immédiatement m’armer de la faucille et exécuter une « danse du scalp » à laquelle mon buisson rétorque, « va donc ! grande nouille solennelle ! »

Là, il a dû me prendre pour quelqu’un d’autre, parce que je suis plutôt petit. Tiens (oui, encore) Chirac par exemple, il me met presque une tête dans la vue. Mais bon, je digresse.

Et comme il sait que je tente d’entrer en politique, avant de se prendre le coup de marteau, mon buisson essaie de m’en coller un et de m’asséner que « Sarkozy, c’est un chapitre du roman de l’énergie nationale. Très barrésien. Ce vitalisme est ébouriffant. » Et il ajoute même que mon antisarkozysme « est une forme d’antisémitisme qui ne s’assume pas. »

Alors là, il faut bien le dire, mon écologisme en a pris un sacré coup. Et en plus de ma faucille et de mon marteau, j’ai ajouté un élément à ma panoplie, une pelle, pour déraciner à jamais ce buisson…

Ouais ! Vraiment, mon écologisme en a pris un coup !

Mais revenons à nos abeilles, ou plutôt non j’en reviens d’abord aux baleines japonaises.

Bon, la dernière trouvaille des baleines japonaises pour échapper aux baleiniers, c’est de se rendre radioactives. Bien oui, imaginez la tête d’un japonais lorsqu’il se retrouve avec une baleine radioactive dans son assiette ! M’est avis qu’il débride tout sec hors de sa cuisine.

Et le débridage à la japonaise, c’est ce qui est aussi arrivé à l’un de nos chers ministres.

Pour ceux qui ne le sauraient pas, nous avons en effet, un ministre chargé de tout un tas de choses dont, notamment, d’aller faire la causette à la tévé lorsqu’il s’agit de nucléaire.

Sauf que lorsqu’on lui parle de nucléaire à notre brave ministre, il se « casse » en courant en disant « fait chier » ! Exactement comme un japonais à qui vous collez une baleine radioactive dans la gamelle.

Mais quel rapport avec le buisson, me direz-vous ! Attendez un peu, je cogite.

Ah oui, le « barrésien » du vitalisme ébouriffant de l’énergie nationale sarkozyste !

Au premier abord, on pourrait penser qu’il s’agit d’une histoire de petites culottes. Mais j’ai du mal à imaginer mon buisson ébouriffé se trémoussant en bas résilles (pas plus que notre brave ministre du nucléaire). Non, il s’agit d’une référence très cul-turelle à un certain Barrès, Maurice pour les intimes. Qui du « culte du moi », a fini par se voir comme l’incarnation du « moi social ». Préfiguration en quelque sorte de ces zanars de la droite (extrême) qui d’Eric Zemmour à Causeur, se cachent parfois sous mon buisson en évoquant les bonnes minutes des valeurs actuelles.

Et dire que le moindre propos antisorkozyste aujourd’hui se fait immédiatement accuser de GégéGodwinage (une histoire de petites culottes aussi) !

Mais lorsque mon buisson compare notre ultra Vénérable président à Maurice Barrès (auteur notamment de l’incomparable thèse intitulée « barrez-vous d’ici que je m’y mette »). Outre que je trouve la comparaison flatteuse, plus rien ne m’étonne dans ce monde de buzz (ou de buses si vous voulez). Et surtout pas qu’un ministre en charge du nucléaire se débride d’un « fait chier » lorsqu’on veut lui faire bouffer une baleine nucléaire.

Bon, allez, j’en reviens cette fois-ci à mes abeilles. Outre qu’elles font buzz-buzz elles aussi (si vous les écoutez attentivement et que vous retranscrivez leur langage en chinois). Elles ont donc cinq yeux, et deux antennes. L’une de ces antennes leur sert de main, l’autre de nez. Ce qui leur confère quelques avantages considérables sur l’être humain, celui de n’être jamais ambidextre (mais tous les humains ne le sont pas), et surtout celui de n’avoir pas à poser leur nez n’importe où.

Quant à mon titre idiot, je vous laisse en deviner le sens, les abeilles n’ayant pas d’élytres.

Et pour ceux qui ne sauraient pas quoi faire ce weekend et qui n’en savent pas plus que moi sur le sens visuel des abeilles, ce sont les Apidays, avec tout plein de choses à découvrir, dont le sens politique des abeilles.

Dis zabeille c’est pour quand…

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