Conversation avec mon bonnet d’âne…

Posted on 8 juillet 2011

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Un français sur 10 n’a pas plus de trois conversations personnelles par an ! Et ce chiffre est pratiquement multiplié par deux chez les personnes pauvres (gagnant moins de 1100 balles par mois) !

Vous avez envie de rire après ça ? Moi bof !

Et lorsque je lis dans le NouvelObs qu’un employé de Monoprix (je ne sais pas combien gagne un Monopriste, mais sans doute pas beaucoup plus de 1100 balles) a été suspendu pour avoir tenté de récupérer des fruits périmés dans les poubelles du magasin… Je me demande vraiment comment tourne le monde.

Et lorsque je lis encore que les sénateurs, qui gagnent déjà 7100 balles par mois avec une petite primette mensuelle de plus de 6200 balles pour se faire tailler le costard, ont tenté de s’offrir une prime de vacances de 3500 balles… J’en viendrais presque à me demander combien de conversations « personnelles » par an peut bien avoir un sénateur.

Bon, il paraît que les sénateurs n’auront finalement pas droit à leur prime de 3500 balles. Mais les patrons du CAC 40, les tradeurs, les banquiers et tous ceux qui nous transforment le monde en poubelle… pour eux, 3500 balles, ce doit être à peine le prix d’un petit déjeuner.

Tiens, le big boss de Michelin 4,5 millions d’euros en 2010, celui de LVMH 4 millions, celui de L’Oréal 3,8 millions… ou encore celui de Total plus de 3 millions, et celui de la Société Générale 2,9 millions.

Je n’ai pas trouvé le salaire du patron de Monoprix, mais celui de Carrefour gagne 2,9 millions d’euros par an. Et ça doit sacrément bien marcher pour le Ricard parce que son boss s’est fait 2,2 millions en 2010.

Si je fais un calcul à la louche, le patron de Michelin gagne à peu près 400 fois le smic et si je multiplie ça par le nombre de conversations personnelles d’un pauvre, cela signifie que le patron des pneus a environ 1200 conversations personnelles par an. Il passe son temps à causer le mec ! Quand trouve-il le temps de bosser ?

Mouais ! C’est pas très joli tout ça ! Et après cela, la droite voudrait me faire adhérer à son pacte de la France profonde, pardon à son pacte social ! Désolé, M’ssieurs’dames, vous pouvez vous le garder votre pacte !

Et la gauche ? Ben tiens, justement, hier comme une asperge bien huilée, j’ai allumé le journal télévisé – je ne sais plus quelle chaîne, France 3 je crois – et je suis tombé sur Martine Aubry. Et de quoi qu’elle causait Madame Martine ?… De sécurité !… J’ai éteint la tv aussitôt !

Mouais ! A force de passer à la gauche de la gauche, de la gauche, de la gauche, de la gauche… tant la gauche dérive à droite au fur et à mesure que la droite dérive à l’extrême… je vais finir par y noyer mon poisson rouge. Et je ne vous raconte pas la tête de ma chatte, si je noie mon poisson.

Si ! Bon d’accord, je vous raconte.

Ben quoi ! Qu’est-ce qu’il t’a fait le poisson rouge, espèce de sauvage ! L’était tranquille dans son bocal ! Qu’est-ce qui t’as pris de lui balancer de l’eau de Javel ? C’est l’apparition de Martine qui t’as fait ça ? L’était teinte en blonde  ? Tu l’as confondue avec la Marine ? Non ! Ben quoi alors ? T’as appris qu’elle allait se marier avec Claude Guéant ?

Tiens, je n’y avais pas pensé à celle-là ! Mais dis donc, toi ! T’avais pas envie de le bouffer le poisson ? Même que j’ai dû mettre du grillage autour de son bocal, des fois que…

Si, bien sûr ! Mais moi, c’est juste par instinct ! Et je sais les réfréner mes instincts ! C’est pas comme certains gauchistes que je connais !

Alors là ! Tu ne manques pas de culot Lulu (Ouais, elle s’appelle Lulu, ma chatte, je vous livre un scoop) ! C’est pas toi qui m’a dit l’autre jour que la peinture à la gôache c’était aussi crado que la peinture à l’huile (de Tron, pardon) de thon, ou à l’huile (de Luca, pardon) de foie de morue (désolé, je ne trouve pas la rime), et même à l’huile (de Guéant, pardon) de néant… Et j’en passe des vertes et même des pas mûres !…

Ben oui, Môssieur ! Vas-y mélange tout, que ça fleure bon le populisme !

Bref, je ne vous raconte pas la suite de l’engueulade, ça a duré toute la nuit !

Me traiter de populiste, moi ! J’en ai vu aussi rouge que Mélenchon, c’est tout dire !…

Bon, du coup, je suis sacrément mal poilé aujourd’hui, et ma chatte aussi. Mais ça nous passera.

Et tiens, à propos de populisme justement, il parait que la Cour des comptes vient d’agrafer notre Vénéré sur sa politique de sécurité. Paraît que ça coûte bonbon son jouet, et que cela n’est pas aussi musclé qu’il le dit.

Mouais ! Ca dépend pour qui ! Vous avez déjà reçu une sandale de CRS dans les fesses vous ? Non ? Je vous laisse imaginer l’état de vos dents après…

Mais bon, ce n’est pas le sujet. 248 pages qu’il fait le rapport de la Cour des comptes (si c’est vrai, j’ai compté). Et à peine cinq minutes après sa publication, chacun de droite à gauche y est allé de son petit couplet, Mais non, mais non, mais si, mais si…

A croire qu’ils sont aussi fortiches en lecture que le boss de Michelin en conversation, nos chers politiques. Moi, pour lire 248 pages, il me faut au moins quelques heures, surtout pour lire un rapport de la cour des comptes ! Mais eux non, sitôt paru, sitôt commenté !

Populiste, moi ! Tu ferais mieux de t’occuper de tes souris ! Et d’abord, je n’ai même pas mis de la Javel dans le bocal du poisson ! Juste du Ricard.

Ouais, bon, où c’est que j’en étais moi ! Ah oui, le petit couplet du « Mais non, mais non, mais si, mais si… »

Dans le rôle du « mais non, mais non… » c’est évidemment Claude Guéant qui s’y est collé le premier. Que la Cour des comptes, c’est du parti-pris, que son rapport c’est de l’approximation et des erreurs… Ben oui, quoi ! Y a que des gauchistes et des post soixanthuitards à la Cour des comptes !  Et du coup, toute la droite de la droite d’y aller de son petit couplet.

Dans le rôle du « mais si, mais si… » je retiendrais Manuel Valls, le petit plaisantin de la gauche (de droite à gauche et vice versa, mais surtout à droite) selon qui la Cour des comptes c’est sacré. On n’y touche pas quand on est ministre, ou on démissionne !

Vous voyez Claude Guéant démissionner, vous ?… Sacré rêveur que ce Manuel Valls !

Tout le monde connait Guignol ? Bien, dans les spectacles de Guignol, il y a quatre personnages principaux. Guignol bien sûr, un petit niais, un peu alcolo sur les bords, mais plutôt sympatique dans le rôle de monsieur tout le monde. Il y a Gnafron, son alcolyte de beuveries, mais plutôt sympa aussi dans le rôle de monsieur la gaffe. Mais il y a aussi deux personnages nettement moins sympathiques, la Madelon, femme et surtout mégère de Guignol, et… le gendarme bien sûr ! Je vous laisse le soin de distribuer les rôles dans notre jolie arène politique…

Mouais, je vous l’avais dit, je suis vraiment de mauvais poil. Tiens, d’ailleurs, je viens de lire un truc marrant :

« La plus grosse erreur de la gauche française, ces dernières années? – Ne pas oser être elle-même. Etre trop sous la pression de l’extrême gauche et du parti communiste. Ne pas oser affirmer clairement ce qu’elle pense. Quant à ce qu’elle pense, ça, ça mériterait un programme ! « 

Non ! Ce ne sont pas les propos d’un mec de droite (enfin pas tout à fait). Ce sont les phrases que Tristane Banon attribue à DSK dans une partie raturée de son livre « Erreurs avouées ».

S’il vous plaît M’ssieurs-dames les ricains, vous ne voudriez pas naturaliser DSK, notre spectacle de Guignol nous suffit amplement.

Remarque, un mariage entre Martine et Claude, c’est mieux qu’un mariage princier à Monaco ! Bon allez, arrête de faire la gueule !

T’as raison, allez, on va se taper un petit pernod, histoire d’augmenter le salaire de monsieur Ricard, et son sens de la conversation avec…

PS. A l’Assemblée nationale, les guignols sont des loges situées au-dessus de l’hémicycle, dans lesquelles se trouvent les équipes de télévision.

Et pour…

Les amélaniniques ou la révolution ? On verra demain !

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Posted in: Raz-le-bol