Vive le Paris Drakkar…

Posted on 18 juillet 2011

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En réponse à Monsieur Plenel, grand pourfendeur de saucisses. Et très souvent à bon escient

Cher Monsieur Plenel,

Une fois n’est pas coutume, je vais m’installer dans un fauteuil de droite – et même de « droite populaire » s’il le faut… Et tenter de lui redorer un peu le blason quelque peu terni (et de plus en plus terne, il faut bien le dire)… L’indignation étant à la mode, j’essaierai de la jouer droitière. Ah que ! Et advienne que pourra !

Certains droitistes jouant d’ailleurs les anarchistes, rien n’empêche un nanar dans mon genre de singer le droitiste ! Merdre alors ! Après tout, va savoir où l’ambiguité se cache…

J’ai donc lu attentivement votre article « En défense d’Eva Joly » et je m’interroge singulièrement sur votre sentiment d’appartenance à la culture et à la tradition Française. Feriez-vous une aversion au saucisson et au gros rouge, cher Monsieur ? Ou une crise de foi(e) ?

Et d’ailleurs, ça vient d’où ce prénom Edwy ? Ce ne serait pas norvégien, par hasard ? Ne sortiriez-vous pas tout juste de votre drakkar et ne serait-ce pas la raison qui vous pousserait à soutenir l’une de vos compatriotes qui, en mal de son pays natal, voudrait remplacer nos joyeux défilés militaires par des défilés de colonies de vacances et de vieillards en fauteuils roulants ?

Ne seriez-vous pas quelque peu bi quelque chose, vous aussi ? Et n’auriez-vous pas également quelques leçons d’histoire de France à réapprendre ? Auriez-vous séché la leçon d’éducation civique, ou celle de morale, en votre école d’assimilation ?

A moins que vous ne soyez à l’image du vert de la pastèque (tel que nous le décrit l’un de nos meilleurs peintres actuels, que je ne nommerai pas pour ne pas lui faire trop de pub, mais dont les initiales sont les mêmes que celle de Lucky Luke). Bref, que vous ne soyez vert en dehors, mais très rouge au dedans. Il est vrai d’ailleurs, que la Norvège de votre jeunesse n’était qu’à trois rames de drakkar de l’Union Soviétique.

Et lorsque je me pose ces petites questions, ne croyez surtout pas que je me fasse adepte du Front National. Ce Front National sans idées, mais qui pourtant semble vous aduler.

Ne peut-on lire sur le blog fdecouche(s).truc (pas de pub svp), « nous ne pouvons que tirer notre chapeau à Edwy Plenel et à toute l’équipe de Médiapart… nous souhaitons leur rendre hommage, saluer leur courage et leur apporter notre soutien. » A leurs yeux, vous auriez eu le grand mérite de lancer un véritable débat national en sortant l’histoire des quotas dans le foot ! Et en effet, il eut mieux valu l’étouffer (ce qui fut rapidement fait d’ailleurs). Mais bon…

Le coeur a ses raisons que la raison ignore, nous disait un grand moraliste, et incidemment inventeur de la calculette, instrument très utile pour compter le nombre de militaires défilant un 14 juillet. Et le nombre de ceux qui les saluent… sur les trottoirs. (Et vous remarquerez d’ailleurs que le 14 juillet est la seule manifestation où les trottoirs comptent, merci Pascal).

Mais je digresse, pardonnez moi. Le coeur à ses raisons, et les couches de même… Revenons donc à nos leçons d’histoire de France dont, à la manière d’un « soixante huitard attardé », d’un « pacifiste béat », vous semblez avoir fait fi en 68, préférant exhiber vos pastèques vertes plutôt que d’étudier votre bacho et les mémoires de notre Grandissime général.

Vous vous fourvoyez cher Monsieur, et vous induisez vos lecteurs en erreur, lorsque vous affirmez péremptoirement que, « Bientôt, si notre vie publique continue de dévaler la pente à ce rythme, coincée entre une droite égarée qui assume sa xénophobie et une gauche frileuse qui oublie sa propre histoire, il deviendra subversif de chanter Georges Brassens. »

Sachez que c’est déjà fait, et qu’à Rennes, par exemple, lorsque qu’au passage des pandores, vous chantez que vous les adorez sous la forme de macchabées, vous êtes passible du tribunal. Et si vous accompagnez la chanson de Brassens de quelques insultes de votre cru, vous écopez de 40 heures de travaux d’intérêt général et de 200 euros d’amende.

Et j’en profite pour remercier au passage l’Hadopi de si bien respecter les droits d’auteur de Brassens. Ce serait un comble de déformer les mots d’un si grand poète, gloire de notre pays, et grand amateur des défilés de 14 juillet.

Car, contrairement à ce que vous affirmez, sa « Mauvaise réputation » n’est aucunement une « invite à flemmarder le jour du 14-Juillet, par résistance passive aux automatismes guerriers et aux conformismes nationalistes ». Non, il s’agit d’un hommage à nos fabricants de plumes d’oies – destinées à garnir les meilleurs matelas du monde, de fabrication française, bien sûr. Ainsi qu’un hommage à l’inventeur des boules Quiès, un pharmacien parisien et contrairement au nom de ses boules, français d’origine contrôlée (et certifiée par toutes les couches).

Vous nous dites ensuite que nous partageons cette tradition d’un défilé militaire avec la Corée du Nord ou la Russie. Mais sachez cher Monsieur que cette Corée est un pays éminemment respectable qui, en vertu de ses compétences en matière nucléaire, va présider la conférence de l’ONU sur le désarmement. D’ailleurs, son ex président, papa du président actuel, et grand père du probablement futur, n’a-t-il pas été nommé « président éternel » !

Quant à Monsieur Poutine, si quelques pastéquistes de votre espèce ne s’y étaient pas opposé, il aurait dû recevoir en octobre prochain le prestigieux prix Quadriga, récompense suprême de personnes « exemplaires ». Notons aussi que, de même que ses prédécesseurs les tzars, il est considéré en son pays comme un envoyé de dieu !

Alors oui ! Nous sommes heureux que nos défilés militaires figurent aux premiers rangs du monde, aux côtés de ces illustres pays que sont la Corée et la Russie.

Je passerai sur le fait que vous tentiez de faire passer nos militaires pour des intellectuels de gauche, alors qu’on ne leur impose que de marcher au pas, de fermer leur gueule, et de temps à autre d’aller se faire tuer. Bien oui, il faut bien tester de nouvelles armes, et on ne va pas les tester sur des poulets, cela n’a pas les mêmes réactions qu’un homme, un poulet !

Je passerai encore sur le fait que vous souhaitiez une France « qui assume son origine étrangère ». On y reconnaît trop le norvégien qui sommeille en vous. Ou pire, que vous souhaitiez « une France qui reconnaît son origine populaire », on y sent par trop le descendant de soviétique.

Je passerai également sur votre apologie du Général de Gaulle, rassembleur des légions étrangères au secours de la France, qui fleure un peu trop le populisme de gauche. Lorsque les chênes sont abattus, il ne reste qu’à ramasser les glands, disait un autre grand poète.

Mais je ne puis laisser passer une autre grossière erreur historique. Vous nous dites que c’est la première fois depuis les années 1930 (je souligne) que l’on assiste à une dérive qui « fait ressurgir une droite extrémisée, faisant de la peur et de la haine de l’étranger son fonds de commerce marécageux ».

Cher Monsieur, fouillez donc un peu le fond (et le fonds aussi) du marécage. Outre que vous oubliez l’un des épisodes les plus glorieux de notre histoire, où la France s’incarnait dans les sublimes valeurs que sont le travail, la famille et la patrie, et n’hésitait pas à expédier certains vers une « destination inconnue » pour cause de « surnombre dans l’économie nationale ».

Outre que vous oubliez aussi un certain 17 octobre 1961, lorsque Maurice Papon, alors préfet de police, sous les ordres de Michel Debré (tiens, ce nom me dit quelque chose) alors premier ministre, lui même aux ordres de notre grandissime Général, décidait courageusement d’apprendre à nager à quelques algériens.

Vous oubliez surtout quelques superbes épisodes de notre histoire contemporaine, marqués par des ministres de l’intérieur d’une extrême sensibilité et d’une remarquable humanité, tels que Michel Poniatowski ou Charles Pasqua (pour ne citer que les plus méritants).

Et vous oubliez aussi qu’une partie de l’élite qui nous dirige aujourd’hui, si elle était trop jeune pour recevoir la Francisque (contrairement à certains) s’est forgée à la force de ses poings aux valeurs de l’Occident. Un Occident ouvert à tous, évidemment (s’ils savent nager) !

Bref, c’est un déni de l’histoire, cher Monsieur, que vous faites en déniant à la droite ses véritables traditions. Traditions rappelées d’ailleurs récemment par un conseiller de notre Vénérable président qui le trouvait très « barressien ».

Qu’on le veuille ou non, oui, ce cher Maurice Barrès, figurera toujours sur les tables de chevet de toute droite qui se respecte et qui est fière de commémorer le médecin de Bezons et d’inscrire la tauromachie à son patrimoine historique (ce que même l’Espagne nous envie, c’est tout dire !).

J’en viens enfin à votre apologie de l’antimilitarisme que vous déguisez à peine sous couvert d’un hommage à Boris Vian. J’y aurais appris au moins une chose, c’est que même Johnny Halliday aurait chanté « Le déserteur » !

Non ! Dites-moi que cela n’est pas vrai ! Que cela n’est que pure invention ! Etes-vous sûr de ne pas confondre avec Alain Delon ?

Bref, un peu de sérieux, je vous prie !

Selon l’inventeur de la pastèque verte, « le karcher n’a pas été passé » dans les banlieues. Ou à propos des UMPocentristes qui rejoignent Jean-Louis Borloo, « les rats quittent le navire avant qu’il coule ».

Et à propos de l’apéro saucisses organisé pour l’anniversaire de la droite populaire, il n’a rien à voir avec l’extrême droite, « c’est surtout une référence au Front populaire ». Quant à Christian Vannneste, on est heureux d’apprendre que, selon le même inventeur, c’est « un intello. Il est professeur de philosophie… »

CQFD, « la droite populaire n’est pas antisociale ».

Et comme il est de notoriété publique que le vespa velutina nigrithorax, communément appelé frelon asiatique, est un prédateur du vespa crabo, parfois appelé frelon européen… Je vous laisse deviner la suite…

Vous avez dit raciste et xénophobe ? Attention, vous risquez l’outrage !…

Tiens, vous me donnez une idée. Je vais faire une proposition de loi. Remplaçons les charters d’expulsion par des drakkars. Cela nous fera faire des économies. Surtout s’il l’on colle les expulsés à la rame !

Et vogue la galère…

Bien à vous Monsieur Plenel, et surtout, ne vous exilez pas en Norvège, vous nous manqueriez.

Et pour la révolution, faudra pas compter sur moi aujourd’hui ! J’ai la flémingite droitière !

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