Dis, tu m’passes ton moignon ?

Posted on 22 juillet 2011

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J’habite un carrefour. En soi, cela n’a pas le moindre intérêt. Sauf qu’à Paris et dans certaines grandes villes, cela vous donne le grand privilège d’avoir du soleil et une vue assez dégagée sur la ville. Mais cela a aussi un certain inconvénient, le boum !

En moyenne deux fois par mois, deux bipèdes n’ayant pas respecté les feux rouges, verts, ou daltoniens, peuvent goûter à la joie suprême de se faire la bise.

Ces bipèdes ayant la faucheuse, pardon fâcheuse manie de remplacer leurs pieds par des roues, sans nécessairement compter sur la pertinence de leur nombre, ni sur l’utilité de leurs pieds, il arrive donc fréquemment qu’un bipède à deux roues embrasse un bipède à quatre roues, ce qui donne le boum suprême. Mais ne jetons pas la pierre avant qu’elle ne se noie… (et vous avez le choix entre noix et noye).

Bref !…

J’ai moi même une fâcheuse manie, celle, en tant que bipède fumeur et sans roues, d’aller chercher ma provision de clopes quotidiennes juste avant le repas du soir, histoire d’éviter les sornettes que les JT de France Sarkovision vont me balancer à la tronche.

C’est ainsi que j’ai fait ce soir. Et bien m’en a pris, je suis tombé pile poil sur une embrassade en direct de ces deux types de bipèdes, l’un armé de quatre roues, l’autre uniquement de deux.

Mais rassurez-vous, je ne vous ferai pas le détail des tâches de sang que cette rencontre a laissé sur mon carrefour, ni sur la couleur du sable que quelques joyeux poulets ont tenté de répandre dessus, ni sur le fait que, deux heures plus tard, l’un de ces deux bipèdes (devinez lequel) était encore dans le camion de réanimation des pompiers auquel s’était joint celui du SAMU, ce qui laisse présager de son état s’il s’en sort.

Non ! Ce qui m’a frappé, c’est qu’entre ma sortie du bureau de tabac d’où j’ai entendu le boum, et mon arrivée au carrefour où il s’est produit, il y a environ 150 mètres, soit l’équivalent, disons, d’une minute à pieds. Et qu’en l’espace de cette minute, environ 50 à 100 personnes s’étaient rassemblées au carrefour pour…

Et bien pour rien précisément !

Juste regarder !…

Le JT de 20 heures en direct et gratuit !…

Mais avec une véritable tâche de sang….

Et si vous cherchez une morale à cette histoire. Vous n’en trouverez pas plus qu’à celle d’hier !… C’est simplement la terre qui tourne !

Tiens, et si j’allais jouer à l’Euromillion… Avec roulettes évidemment !

Dis l’euro… Ah non ! Surtout pas aujourd’hui !

P.S. En écrivant ce petit billet hier soir, n’ayant pas regardé les journaux du soir, je ne savais rien du sinistre et imbécile carnage qui s’était produit en Norvège. J’avais simplement besoin d’évacuer dans un peu d’humour, la rage qu’avait fait naître en moi cette assistance béate devant ce mini carnage du quotidien.

L’autre jour, en parlant du record du monde de la saucisse, de l’armée des nibards poutinesque, ou du traitement des Roms en Hongrie, c’est sur la permanence de cette connerie humaine que je m’interrogeais.

Que dire aujourd’hui ? Un nouveau record vient sans doute d’être battu !

Mais lequel ? Et jusqu’à quand ?…

Si l’on écrivait un jour un Guinness de la connerie humaine, il serait vraiment difficile à clore !

Ouais ! Vraiment pas aujourd’hui !

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