On a découvert le P 4 de Pluton !

Posted on 23 juillet 2011

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Tout le monde sait que Pluton a trois lunes. Une grosse dénommée Charon, et deux petites, Nix et Hydra. Mais tout le monde n’en connait pas l’histoire, si ? Bon, je détaille un peu.

Charon, c’était un vieillard pas si sénile que ça puisqu’il savait parfaitement mener sa barque, étant notamment l’inventeur du péage.

Chez les Grecs en effet, pour accéder au séjour des morts, il fallait traverser un fleuve putride dont Charon avait le monopole de la barque.

Euréka s’est-il dit un jour, puisque je suis le seul à disposer d’une barque, pourquoi ne pas faire payer la traversée. Du coup, seuls ceux qui avaient du fric pouvaient accéder au séjour des morts. Les autres étant condamnés à errer un siècle sur l’autre rive du fleuve.

Pour simplifier, on pourrait donc dire que Charon est l’inventeur du capitalisme, ce qui explique pourquoi l’on en fit une lune de Pluton.

Pour Nix, c’est plus compliqué. On l’a d’abord appelée S/2005 P2 (preuve que ce ne sont pas les arabes qui ont inventé le zéro, non mais !)

Puis on a tenté de la nommer Nyx, du nom de la déesse grecque de la nuit, et incidemment soeur de Ténèbres avec lequel elle eut quelques fornications (aujourd’hui prohibées chez les grecs) qui lui donnèrent deux fils, l’Ether, qui sentait mauvais, et le Jour, qui était en tout son contraire.

Du coup, elle décida de se démerder seule. Ce qui lui fut très profitable puisque par parthénogenèse, elle eut une tripotée d’enfants plus ou moins recommandables dont, par exemple, Philotès autrement nommé Petite-Mort, ou Thanatos, surnommée aussi Mort-tout-court, et Charon justement.

Sauf que l’on ne pouvait faire de Nyx un satellite de Pluton. Quelques années auparavant, l’on avait en effet découvert un astéroïde aréocroiseur (ne me demandez pas ce que c’est, je n’en sais rien) dénommé 3908 Nyx (autre preuve que les arabes n’ont pas inventé le zéro, non mais !).

Bref, deux Nyx dans l’espace, ça foutait un peu le bordel, surtout qu’un aréocroiseur, ça ne doit pas être facile de vivre avec, mais bon…

Impossible donc d’appeler Nyx Nyx, et l’on a dû aller chercher la traduction égyptienne de Nyx qui, comme chacun le sait est Nix. L’on avait ainsi le nom de la seconde lune plutonnienne.

Personnellement, j’aurais plutôt choisi la traduction latine qui est Nox, mais je ne suis pas astrophysicien.

Et Hydra ! Bon Hydra c’est une île grecque, mais à part ça. En chinois, Hydra se dit 冥卫三 mais ça, c’est wikimachin qui le dit, dans mon dico chinois, cela n’existe pas. Mais encore… !!!

Ouais, Hydra, c’est un truc pas glop, et je ne comprends pas pourquoi on l’a collée satellite de Pluton.

Déjà, elle est née des amours d’un Thyphon et d’une Araignée, ce qui est d’assez mauvais présage. Puis elle a été élevée sous un platane, ce qui est assez dangereux au bord d’une route nationale. Et c’est Héra qui l’a élevée. Héra, la femme trompée de Zeus qui passait son temps à vouloir lui faire enfiler des ceintures de chasteté. N’importe quoi, comme si le dieu des dieux pouvait être chaste ! Tiens, ça me rappelle une histoire de DS… mais passons !

Bref, Hydra, c’est une créature monstrueuse, une sorte de gros serpent qui aurait cherché à se déguiser en clébard. Un dragon en somme, mais avec neuf têtes, au début en tout cas, parce que dès que tu lui en coupes une, il lui en pousse deux à la place.

Mais Hercule, qui n’était pourtant pas très doué en calcul mental, a quand même fini par les lui couper toutes. Et Hop ! Crevée la bestiole.

Evidemment, cela n’a pas plu à Héra, et d’autant moins qu’il était alors de notoriété publique qu’Hercule était un bâtard, issu du fornicage de Zeus avec Alcmène. (Salopard de Zeus !) Pour se venger donc, Héra a décidé d’envoyer la défunte Hydra dans les cieux sous forme de la constellation du cancer.

Hydra étant déjà donc aux cieux, théoriquement, comme Nyx, elle ne devrait pas pouvoir être satellite de Pluton. Mais les astrophysiciens ont parfois d’étranges coutumes, et ça les regarde ! Ils ont donc prénommé Hydra la troisième lune de Pluton. Peut être pour faire la nique au cancer.

Et mon histoire devrait s’arrêter là. Mais non !

On vient en effet de découvrir une quatrième lune à Pluton, génial non !

Sauf que là, les astrophysiciens ne se sont vraiment pas foulés, ils l’ont simplement baptisée P 4. Merdre alors ! Qu’est-ce que vous voulez que je vous raconte avec P 4.

Ah si ! Quand j’étais môme, les clopes pour pauvres s’appelaient P 4, et c’étaient bien des clopes de pauvres, elles étaient vraiment dégueulasses, le genre à te refiler illico le cancer. Et quand j’étais un peu moins môme, P 4, c’est la désignation que m’ont trouvé les militaires, lorsqu’ils ont enfin compris que nous ne serions jamais copains.

P 4, chez les militaires, cela signifie psychiatrie de niveau 4. En gros, c’est que vous oscillez entre le débile profond et le débile irrémédiablement débile. Chic alors !

D’ailleurs, dans l’article 433 de l’instruction « relative à la détermination de l’aptitude médicale à servir » (la soupe, pardon) les armées, on peut lire la jolie réflexion suivante :

« La cotation du sigle P doit résulter d’une démarche clinique concrète, globale, fondée sur la richesse d’une relation intersubjective, dépassant une simple évaluation nosologique, nécessairement réductrice. La rigueur séméiologique, la réflexion pathogénique et l’hypothèse pronostique se conjuguent alors pour étayer une décision rationnelle d’aptitude. »

Si vous additionnez les iques du truc, m’est avis qu’ils peuvent prendre la place de la prochaine lune de Pluton, les mecs qui ont pondu ce machin.  Au moins P 5 qu’ils seront. Bref…

Le P 4, c’est aussi l’appellation chimique du « phosphore blanc » (qui peut d’ailleurs être jaune), une arme chimique, elle aussi bien connue des militaires, et extrêmement pratique. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, elle vous dissout entièrement son bonhomme, sans aucun dégâts sur ses fringues. Et vous pouvez les refourguer à Emmaüs ensuite (les fringues évidemment, pas les restes du bonhomme !)

Bon, j’ai perdu le fil. Ah oui ! La P 4, il paraît que c’était aussi une bagnole, mais ça, je n’ai pas connu.

Bref, avant la découverte de P4 comme lune de Pluton et alors que les joyeux militaires préféraient le napalm au P4 phosphorique dans leurs panoplies à vivifier (ou vitrifier, c’est selon) le vietcong, et avant aussi que ces joyeux drilles ne me classifient comme P 4, il y avait deux clans qui s’affrontaient chez les jeunes fumeurs pauvres.

Celui des fumeurs de P 4, et celui des fumeurs de Scaferlati.

Contrairement aux P4 qui étaient vendues par paquets de 4 et déjà bien roulées, comme un groupe de chanteuses très célèbres à l’époque (à qui elles doivent d’ailleurs leur nom, ou l’inverse, je ne sais plus trop), le Scaferlati lui, était vendu en vrac sous forme de tabac à rouler.

Le Scaferlati avait donc un avantage évident, celui de vous obliger à une certaine dextérité. Et un autre avantage encore plus évident pour celui où celle qui savait habilement enrouler son zig-zag autour du tabac, celui de se faire draguer par toutes celles ou ceux qui vous fabriquaient des clopes à l’aspect extrêmement douteux (c’est d’ailleurs à la même époque que l’on a découvert le joint, dont on se fichait éperdument de l’aspect douteux – à l’époque du moins).

Pour ces avantages, j’ai donc rapidement délaissé mes P 4 au profit du Scaferlati. Et c’est en son hommage que je propose à nos chers découvreurs de lunes de dénommer Scaferlati le quatrième satellite de Pluton.

Bon, il faut bien le dire, le Scaferlati, tabac du pauvre lui aussi, était aussi dégueulasse que les P 4. Et dès que j’ai été un peu moins pauvre, je me suis américanisé en passant à la marque qui vous fait prendre des dromadaires pour des chameaux (et l’inverse également d’ailleurs). Mais je ne vous referai pas l’histoire du capitalisme aujourd’hui.

Non, j’en reviens à Pluton. Depuis sa découverte en 1930 (elle est toute petite, ce qui explique cette découverte tardive, et jusque là d’ailleurs, on ne savait pas nettoyer les lentilles des télescopes). Bref, depuis sa découverte, on la considérait comme la neuvième planète du système solaire.

Mais les astrophysiciens sont parfois d’humeur changeante, et en 2006, ils décidèrent que Pluton était trop petite pour être une planète, mais comme c’était une planète quand même, on la qualifia de planète naine. Et comme c’était un peu le bordel cette histoire de planète, pas planète, mais planète quand même, en 2008, ils décidèrent de la requalifier. Pluton est alors devenue une… plutoïde ! Génial non !

Bon allez, ça fume un peu trop cette histoire ! Je m’en vais cloper mon chameau sur mon dromadaire…

– Gros capitaliste, va ! qu’elle me dit, ma chatte !

– Ben non ! Euh ! J’ai postulé à la direction du FMI (Fonds Monétaire des Indigents, ndrl)

– Et alors, quel rapport ?

– Ben eueuh ! Aucun, mais je n’ai pas envie de parler d’actualité aujourd’hui, elle est trop sinistre !

– Et en plus t’es moche quand tu louches !

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