La crise, le schmille-mille et… les milles pattes…

Posted on 11 août 2011

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Faut que je révise mon vocabulaire. Je savais ce qu’était un sémaphore, une métaphore aussi, mais pour le sémafort, je ne connaissais pas. Bref, je vous expliquerai plus tard si j’ai le temps.

En fait, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais en général, en été, il ne se passe rien – en dehors bien sûr, du fait que les méduses envahissent les plages en même proportion que les plagistes, et que l’on profite justement que les plagistes s’urtiquent les mollets pour nous coller tout un tas d’augmentations. Aux infos d’ailleurs, on ne nous balance que du fait divers. Du genre, la chronique des mecs qui prennent l’autoroute à contre sens – si possible bourrés. Ou le crash d’un car de touristes polonais qui se plante dans un ravin en revenant d’un pèlerinage à Lourdes. Bon il arrive parfois qu’un avion se plante au retour d’une visite papale à Rome, mais c’est nettement plus rare.

Mais cette année doit être une année d’exception, on nous fait dans le lourd. C’est le crash général ! Tiens, je viens d’inventer un truc, le crash 40 (si quelqu’un l’a déjà inventé, il n’avait qu’à le breveter, tant pis pour lui.)

Bref, cette fois, ça y est. Paraît que c’est la crise de chez la crise. La vrai crise quoi ! Le krash, comme disent nos boursicoteurs – contrairement à moi qui persiste à dire « crash » parce que je trouve ça plus joli.

Début août pourtant, c’est traditionnellement la nuit des étoiles et le début de saison de la crevette. Mais cette année, rien à foutre des crevettes, c’est la crise !

Ouais la crise ! Ca ne vous rappelle pas quelque chose. Quatre ans que l’on nous rabâche que c’est la crise, puis que c’est plus la crise, puis que c’est la crise quand même, mais que non, c’est vraiment fini, puis ça recommence, et que ce sera pire demain… et que crac ! Pardon, et que krash !

Bon, crac, crash, krash – et même crache – c’est un peu du pareil au même. C’est la merde ! Comme dirait mon psy lorsqu’il est en colère, et qu’il n’y retrouve plus sa névrose.

Ouais, c’est vraiment la merde ! Comme dirait ma chatte lorsqu’il flotte à noyer ton pastis et à ne pas mettre une patte dehors. Ma chatte s’étant planquée sous le lit, je demande l’explication à mon psy.

– J’ai mal aux bourses, c’est grave docteur ?

– Ben non ! Coupez-les !

C’est bien ce que je pensais, il est vraiment nul mon psy. Et moi qui croyais que nos chers politiques s’échinaient pour inventer le viagra boursier – sans se faire aider par un labo pharmaceutique ! On a dû me tromper sur la marchandise. A moins que ce ne soit du placébo de viagra, leur truc.

Bon, le placébo moi, qui ne suis pas politicien, je sais très bien en fabriquer. C’est tout simple, tu prends n’importe quoi, et tu le roules dans la farine… Pas besoin de vous faire un dessin ? C’est un peu comme le cadeau bonux. Le genre de truc que t’en a rien à faire de le trouver dans ta lessive, elle ne lavera pas plus blanc pour autant. Mais qui te fait acheter la lessive quand même, uniquement parce que les mômes veulent le cadeau dedans.

Bon, je ne sais pas s’il y a toujours des cadeaux dans la lessive bonux, ni même si bonux existe encore. Alors disons le kinder surprise. Une sorte de chocolat immangeable pour tout amateur de chocolat qui se respecte, mais que tu achètes quand même parce que les mômes raffolent du cadeau qu’est dedans (tant pis pour leurs dents, et tant mieux pour le dentiste) et peu importe s’ils l’ont déjà en quintuple exemplaire, le cadeau surprise. C’est uniquement la surprise qui compte. Enfin, paraît-il.

Ouais, la crise, c’est un peu comme le kindermachin. Dès que tu as fini de te pourrir les dents avec le choco, tu trouves la surprise. Idem pour la crise, des que tu t’en es pris plein les dents avec une. Allez hop ! Surprise ! On t’en sort une autre du chapeau !

C’est étonnant comme les gens ont la mémoire courte. Il y a un an et quelques, on nous contribuait de sauver les banques pour sauver le monde. Aujourd’hui, tout va bien pour les banques, merci ! Tout va tant et si bien pour elles qu’elles nous contribuent pour sauver nos états et, incidemment pour sauvegarder leurs intérêts (aux banques, évidemment). Ben oui, quoi ! Si les banques perdent leurs intérêts, elles vont à nouveau se cracher, ce qui…. etc, etc. Quant aux intérêts des états… Il paraît que l’état c’est moi, disait l’autre…

Sauf qu’à force de nous contribuer au début, au milieu, et même un peu partout en route, il ne va plus rester grand’chose à la fin ! Mais ça… On verra à la fin justement…

C’est vraiment chouette le capitalisme !

Tiens, il y a un truc qui me fait marrer. C’est que ce sont les capitalisto-cocos chinois qui financent l’essentiel de la dette ricaine aujourd’hui. Le monde est drôlement fichu. Dommage que le mur de Berlin soit tombé, on aurait fini par voir les soviets financer la dette capitaliste !

Et pendant ce temps, nos joyeux lurons du gouvernement cherchent des solutions pour sortir de la crise. Lister tous les pauvres dans un joli fichier et battre des records historiques d’expulsions !

Quant à ficher les riches… !

Sont étonnantes les bourses des capitalistes d’ailleurs, lorsque tout va bien, elles s’apaisent, ce n’est que lorsque tout va mal qu’elles s’affolent ! Comme quoi le viagra bousier, on a dû l’inventer à l’envers.

Ouais bon ! C’est la crise. Et nos chers capitalistes s’étonnent que ça commence à vraiment péter chez les pauvres !

Et moi qui croyais qu’ils aimaient ça, les révolutions, nos capitalistes. Même qu’on allait inventer un ministère de la révolution – bon c’est vrai, il y a déjà la CIA et tout un tas d’officines pour ça, il suffirait de les rebaptiser.

Mais j’avais dû oublier que nos chers capitalistes n’aimaient les révolutions que lorsqu’il s’agissait de remplacer un tyranneau par son semblable pour continuer à se bourrer la gueule – et les poches – au pétrole, tout en donnant deux miettes au peuple, histoire de faire belle illusion.

Mais lorsqu’elles commencent à frapper à leurs portes, les révolutions, alors là, ça ne va pas du tout ! C’est quoi ce bordel ? Dis, tu me passes ton karsher ! Et d’abord c’est même pas des révolutions ! Des riots, qu’ils disent nos amis anglais. Chez nous, on n’a même pas de mot pour traduire, alors on dit « émeute », ça fait toujours moins peur que « révolution », c’est plus rassurant !

Bref, c’est la crise, et ça riot chez nos amis britishs. Mais aucun rapport avec la crise. Aucun rapport avec une révolution, elle n’a même pas de couleur leur riot ! C’est juste des petits voyous de banlieusards qui profitent des vacances pour se défouler. Sales mioches ! Un petit coup de karsher, et puis s’en va ! Et pour les punir, on va leur piquer leur smartophone – qu’ils ont d’ailleurs dû voler – et les interdire de Faceboubook. Non mais ! Sales mômes !

Ouais, la crise ! Moi, ça me fout l’humour qui fatigue et le zanar en berne. Va falloir que je me tape 15 plaquettes de viagramme pour me remonter la pensette et au moins 20 kilos de spéculos pour me remonter le… Ouais, bon ! Passons ! Je dois vieillir, tout bêtement et tout simplement.

Sauf que tous les vieux  c…ns vous le diront, plus on vieillit, moins on anarchise. Ce doit être un effet Rolex. Mais j’ai dû me taper l’effet  Xelor – où y a pas le cadeau surprise dedans. Et plus je vieillis, plus j’anarchise. Faudrait que j’invente le placébo de zanar – quoi que, m’est avis que ça existe déjà.

Mais au fait, vous savez pourquoi le lama crache ?  Tout simplement parce qu’il est en colère. Et lorsqu’il crache une seconde fois, alors là, c’est parce qu’il est vraiment en rogne. Autrement, c’est plutôt un animal sociable…

– Et quant au sémafort ?

– Ben euh ! Je l’ai oublié en route celui-là. Ce sera pour une autre fois.

Et pour la révolution ! Ben eueuh… !

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Posted in: Raz-le-bol