Jeux de massacres…

Posted on 13 septembre 2011

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Il paraît que les astronomes ont trouvé un système infaillible pour nous sauver de la crise du capitalisme, une planète entièrement composée de diamant et cinq fois plus grosse que notre ridicule petite planète bleue. On n’a qu’à les y envoyer en charter, nos chers capitalistes, et qu’ils se repaissent de diamants. Bref, passons…

Selon notre Vénéré, au soir du 11 septembre « nous nous sentions américains ». Ben non ! Pas moi. Rien à secouer que leurs pieux symboliques du capitalisme s’écroulent. A vouloir péter plus haut que son cul, disait ma grand mère, on risque fort de se salir le nez. Et d’ailleurs, pour qui il se prend, notre Vénérable, pour se donner du « nous ». Ferait pas un culte de la personnalité, par hasard ? Qu’elle aurait ajouté Mémé. Et comme elle avait fait toutes ses classes au parti communiste, elle aurait appuyé, il n’a qu’à se laisser pousser la moustache, il serait un peu plus populaire avec, le petit père du peuple.

Bon, le 11 septembre, moi, j’ai zappé les beni-oui-oui pleurant des larmes de crocodile en oubliant que c’est le capitalisme qui a armé et fabriqué le terrorisme de la misère. Que ce terrorisme soit cynique et sinistre, certes. Mais les marchands de canons le sont tout autant, et ils seraient d’ailleurs bien emmerdés, si le terrorisme et les guerres cessaient !

D’ailleurs, comme le rappelait le chroniqueur Paul Tian dans le NouvelObs, un certain 11 septembre 1973, un coup d’état avait lieu au Chili pour destituer la démocratie jugée un peu trop « socialiste » de Salvador Allende et la remplacer par l’honorable dictature de Pinochet. Coup d’état soutenu et financé par… la suprême puissance américaine.

Oui, je sais je digresse, mais pour en revenir à ce 11 septembre 2001, on pourrait aussi se demander qui a gagné la bataille ce jour-là. Les marchands de canons, indéniablement, y ont trouvé plus que leur compte ! Mais entre la démocratie version Bush et le terrorisme version Ben Laden c’est, à mon sens, le second qui y a gagné.

La démocratie mode ricain a entrainé une bonne partie du monde dans une guerre qui, si elle a fini par tuer Ben Laden 10 ans plus tard, laissera bientôt en plan un Afghanistan exsangue (pour ne pas parler de l’Irak et, bientôt de la Libye) et qui, très probablement, tombera sous peu dans les mains des terroristes talibans. Quant à l’islamisme quasi, ou totalement fanatique, il n’a jamais pris autant d’ampleur qu’au cours de ces dix dernières années.

N’était-ce pas ce que souhaitait Ben Laden ? Qui plus est, il y a gagné d’ailler rejoindre ses 70 vierges en son paradis des (tordus, pardon des) barbus , ce qui est nettement plus agréable que de se repaître de vidéos pornographiques.

Alors oui, quel fut le grand gagnant du loto ce jour là ?

prague

A vrai dire, peu importe qui a gagné ou perdu cette bataille le 11 septembre 2001. Ce qui est sûr, c’est que l’humanité, elle, n’y a strictement rien gagné – en dehors des marchands de canons, évidemment.

Et pour en revenir à notre planète en diamant, elle se situe à 4000 années-lumière de la notre. Faut vraiment qu’ils se dépêchent le charter, nos capitalistes, s’ils veulent l’exploiter. Les vénusiens pourraient bien la coloniser avant eux.

Tiens, il paraît que « ballotée par les rumeurs, la bourse de Paris fait du yo-yo », puis qu’elle « retrouve des couleurs ». C’est marrant, mais on assiste à une personnalisation des bourses aujourd’hui, comme s’il n’y avait personne pour les tripatouiller (sauf les rumeurs), et que le crash qui risque de nous tomber sur la poire n’était l’effet de personne. Une sorte de malédiction immanente, ou, non pourquoi pas, une malédiction divine, ou encore un coup de ben Laden, va savoir !

Et sans aucun rapport, quoi que… dans Le Point, on peut lire une interview d’Umberto Eco à propos de son dernier roman, Le cimetière de Prague. Je ne résiste pas à un petit extrait :

« L’histoire n’a rien de vertueux ! Elle se déplace par le massacre, le crime… La construction du faux est l’un des instruments dont les États comme les individus ont fait usage pour modifier le cours de l’histoire. Parfois pour le meilleur (la science, les arts…), mais le plus souvent de manière négative. D’ailleurs, le mensonge de l’un est souvent la vérité de l’autre. Supposons que vous soyez musulman : alors vous considérez que tout ce que disent les catholiques, les bouddhistes, les Peaux-Rouges… est faux. De même si vous êtes catholique. Donc, de toute façon, 90 % de l’humanité est dans l’erreur ! À ce compte-là, nous vivons depuis des millénaires sous l’empire du faux, et l’histoire a été le théâtre d’une illusion… Les grandes religions sont des faux qui ont fait avancer l’histoire, vers le bien (la morale), ou le mal (les guerres de religion). »

P.S. Dans l’article de Paul Tian, à lire aussi le dernier message d’Allende.

Et re P.S. J’ai fait une fôte, mais je la laisse. J’ai dû un peu me mélanger les ailes un moment !

Et pour la révolution… Ben…

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