Je pompe, tu pompes… ils pompent…

Posted on 19 septembre 2011

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Je pompe, tu pompes… Ils pompent… Disaient les Shadoks…

Plus de 13 millions de gens ont regardé la grande messe DSKienne hier soir. Ils ont dû compter les mômes, les chats, et les ratons laveurs.

Bon, moi, je n’ai pas regardé, et je serais très heureux que ce cher homme soit rayé définitivement de la carte politique. Et pas simplement pour ses frasques hôtelières (ou autres). Dans ces histoires, je me fiche éperdument de sa sexualité, chacun est libre de vivre la sienne comme il l’entend, du moment qu’il respecte celle de l’autre, comme disait le bon vieux Kant, et là… Bien c’est précisément là, que le bât blesse…

Non, si je suis heureux qu’il soit rayé de la carte politique, c’est surtout en tant qu’homo politicus, justement. Entre DSK et notre Vénérable, c’est aussi là que le bât blesse, il n’y a pas beaucoup plus de différences qu’entre une chouette et un hibou, sauf que la première n’a pas d’aigrettes sur la tête. Et ce n’est pas sympa pour les chouettes ni pour les hiboux, cette comparaison. Sont pas capitalistes pour un sou, ces bestioles !

Malheureusement, l’on ne risque à grand chose à parier que, d’ici un an ou deux, l’on assistera au grand retour politique du brave homme. La machine à laver de la mémoire aura fait son office, et personne ne s’en offusquera.

Tiens, cela me rappelle un truc, notre bien bon monsieur Juppé, aujourd’hui ministre à faire le ménage en Libye n’avait-il pas juré un jour qu’il ne reparaîtrait plus en politique. C’était, si je ne m’abuse, après avoir été condamné à 14 mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité, dans l’affaire des logements fictifs de la ville de Paris et du financement pour le moins occulte du RPR. C’était fin 2004, mais hop ! Dès octobre 2006, il redevenait maire de Bordeaux, et ministre de notre Vénéré l’année suivante.

La machine a laver de la mémoire avait bien vite fait son office !

Mouais, on est mal barrés !

Tiens, l’autre jour, j’ai entre-zappé le débat des primaires « socialistes ». Figés comme des piquets à nous réciter une leçon mal apprise, qu’ils étaient nos rosiers (et rosières). Les uns, tu avais l’impression qu’ils allaient avaler le prompteur, les autres, qu’il leur manquait une loupe pour lire leur papier. Et quant au « socialisme » là-dedans ? Z’ont pas dû lire Marx à l’ENA ! Ou entre les lignes, ou dans le blanc de la marge.

Et comme j’ai boudé la fête de l’huma, cette année, pour cause de surplus d’épines et de mélenchonite aiguë, je me suis quand même lu le discours de Pierre Laurent, ce matin, le PDG du Parti Communiste.

Ah que ! C’est beau, ça parle même du « peuple de la Révolution française » qui « doit se relever » et dire « NON » (avec majuscules, s’il vous plaît !). Que son président, au peuple de la Révolution, c’est un « valet à la tête d’une armée de valets » (pour la valeyette, je ne sais pas). Que « son règne est fini » et qu’il entrera bientôt « au panthéon des dangereux inutiles ».

Ah que, c’est beau ! J’en ai les larmes plein les yeux ! 

« La liberté du peuple, c’est la politique, par, pour, et avec le peuple. » (Si c’est par et pour, on ne voit pas pourquoi ce ne serait pas avec, mais bon !)

Et que ça te mentionne même Robespierre, Marx, Jaurès, et le Mahatma Gandhi (l’a oublié Lenine, mais passons !) pour te dire qu’il « faudra nationaliser les banques », yes ! 

Et que ça te met Mélenchon sur le même palier que Marx. Et que Marine Le Pen n’est « qu’un boureau déguisé en amie du peuple ».

Ah que ! Vraiment, j’en pleure de joie. On va enfin « se désintoxiquer du libéralisme ! »

Ah que mais… ! Ben oui mais !.. 

Et les patrons dans tout ça, tu vas leur faire quoi ? Et les boursicoteurs, tu vas leur faire quoi ? Et je ne parle même pas des flics, des militaires et… Non ? Ben si ! les curés de tous bords ? Tu vas leur faire quoi ?

Ben euh !… C’est pas la question. On verra plus tard !

Ouais ! J’ai bien fait de bouder la fête de l’Huma ! Z’ont vraiment oublié le marteau et la faucille avec !

Mouais ! On est vraiment très mal barrés !

Mais, désolé, je me suis encore barré en sucette. Revenons donc à nos sucres d’orge et à nos hiboux !

DSK, le retour ! M’est avis qu’il ne va pas falloir attendre longtemps ! Et tout beau, tout propre, comme lavé par le nouveau Momo – qui lave même les noeuds, comme ne disait pas Kant, mais Coluche.

Et pour me laver de mon odieuse comparaison entre les chouettes, les hiboux, et nos braves politiciens, je suis allé faire une petite recherche sur les liens entre les chouettes et les hiboux, justement. Et je suis tombé sur une jolie allégorie d’un illustre inconnu. Chapelain de Monval, qu’il s’appelait l’écrivain, ou encore Pétard de la Pétardière.

En gros, c’est l’histoire d’un vieil hibou tout grigou qui se fait draguer par une hirondelle, et toc, il tombe raide amoureux, le vieillard (aucun rapport avec l’histoire contemporaine, je précise, le texte ayant été publié en 1873). Une chouette, remarquant le manège et chevêche comme sont les chouettes, ne manque pas de railler la papi. 

Et voici ce que monsieur Chapelin, ou Pétard, c’est selon, fait dire la chouette au hibou :

« Il en tient, se dit-elle, allez ! notre bonhomme !

Comme Adam, le voilà qui savoure la pomme,

Ce saint, que l’on croyait tout entier au bon Dieu,

Et fixe dans le bien comme un solide pieu ;

Qu’on entourait partout d’une estime profonde,

Qu’on venait écouter de tous les bouts du monde ;

Qu’on croyait pur enfin comme un lis au printemps

Que n’a point maculé le souffle des autans ;

Le voilà, comme Hercule, aux pieds d’une mégère

Qui, venant d’arriver d’une terre étrangère

Pour recueillir la fleur de nos riches moissons,

S’en ira le laissant cracher sur ses tisons.

N’eut-il pas bien mieux fait de prendre une servante,

D’un âge canonique, habile, intelligente?

Il se fût comporté comme un homme d’esprit ;

Agissant autrement il perd tout son crédit.

Tous les brillants joyaux qui fondaient sa couronne,

Vont tomber devant lui comme ces fruits d’automne

Que le vent déchaîné jette aux pieds des passants ;

Sa honte va jaillir sur tous ses partisans.

Puisqu’à de bons avis il ne veut pas se rendre,

Qu’il aille donc chercher quelqu’un pour le défendre !

Du reste, c’est bien fait qu’il soit ainsi dupé ;

Quand on fait à sa tête on doit être trompé ! » 

Bon, pour le « quant on fait à sa tête… », je ne commente pas. Pas plus que la morale de cette histoire, et d’ailleurs, il n’y en a pas vraiment… Ou à lire comme nos socialistes l’ont fait de Marx, entre les lignes…

Et s’il y en avait une, c’est celle-ci que je choisirais.

– « J’ai parcouru la moitié de la terre et je me suis enrichi de plus d’expérience que tout autre oiseau », dit le hibou à l’hirondelle.

– « Comment est-il possible que l’on vénère ta sagesse, alors que tu vis la nuit et ne quittes pas tes falaises ? », lui demande alors l’hirondelle.

– « C’est les yeux fermés que je vois le mieux et mes pensées voyagent bien plus loin que tes ailes ! », lui répondit le hibou.

– « Et pour la révolution ? », demanda encore l’hirondelle.

– « Attends, il faut que je mette mes lunettes… »

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