Si vispacem, parabellum !

Posted on 23 septembre 2011

3


Hier, suite à mes petites digressions lyriques contre la peine de mort en général, et aux Etats-Unis en particulier, pays pratiquant exemplaire, s’il en est, de cette très jolie coutume, mon ami Fatizo, me posait la question de la pertinence du prix Nobel de monsieur Obama.

Mea culpa, je dois l’avouer, j’avais oublié que le monsieur avait été nobélisé. Mais je me souviens très bien en revanche, qu’à l’époque je m’étais posé la question de savoir pourquoi on lui attribuait ce prix moins d’un an après son investiture. Alors qu’il n’avait fait jusque là que des annonces électoralistes que, comme chacun le sait partout dans le monde, tout candidat qui se respecte s’empresse d’oublier aussitôt élu. Voire même de faire le contraire.

Pourquoi ne pas attendre un peu et voir les faits concrets ? M’étais-je dit alors. Et je n’étais pas le seul, un bien plus illustre que moi, et prix Nobel de la paix lui aussi, Lech Walesa s’était interrogé de même.

Mais c’est vrai, je ne m’étais pas posé la question de la légitimité d’attribuer un Nobel de la paix à un adepte de la peine de mort. Et l’on peut pourtant se la poser !

Et l’on pouvait se la poser alors. Monsieur Obama n’ayant jamais caché son opinion sur le sujet, « J’ai dit à plusieurs reprises que je pense que la peine de mort devrait être autorisée dans un nombre très limité de circonstances, pour les crimes les plus extrêmes… «  avait-il annoncé lors de sa campagne. Il est vrai que comme le soulignait Philippe Cohen dans Marianne, cette question avait été plutôt passée sous silence.

Ceci-dit, je ne vous referai pas l’histoire des Nobel de la paix. Mais je présume qu’en grattant un peu, on devrait pouvoir trouver d’autres adeptes ou praticiens de la peine de mort.

Bref, à mon sens, c’eut été déjà un mauvais point pour ce Nobel. Mais le 9 octobre 2009, il reçut néanmoins le prix, « pour ses efforts extraordinaires en faveur du renforcement de la diplomatie et de la coopération internationales entre les peuples ».

Extraordinaires efforts en effet, à l’époque, son seul mérite en matière de diplomatie avait été de faire adopter à l’ONU une résolution appelant les pays nucléarisés à démanteler leurs arsenaux ! Moi, lorsque ma chatte veut se planquer quelque part, j’ai beau l’appeler, crier, siffler, et même en chinois… Mais je ne suis pas président des Etats-Unis, et je ne dispose pas d’arsenal nucléaire.

Et d’ailleurs, où en est-elle, cette dénucléarisation ? Bonne question, tiens ! Je pense que l’on aurait des surprises en fouillant un peu. M’est avis qu’il doit rester encore assez de bombinettes sur la planète pour nous faire péter tous, la lune avec, et jusqu’à Saturne. Quant aux centrales… n’en parlons pas !

Mais je digresse. Outre la peine de mort et les bombinettes. C’est bien aujourd’hui qu’il faudrait se poser la question de cette légitimité du prix Nobel. Et je ne suis pas le seul.

Oui qu’en est-il trois ans après ?

La prison de Guantanamo aurait-elle fermé cette nuit ? L’Irak serait-il devenu le paradis des touristes ? Les tapis afghans, certifiés d’origine (ceux made in Taiwan ne valent pas un clou), pourraient-ils réorner nos murs sans les maculer de taches de sang ? Le Pakistan en aurait-il terminé avec son invasion de bourdons qui, va savoir pourquoi, s’appellent drones en américain. Israéliens et Palestiniens feraient-ils copains-copains autour d’un pâté au cochon ?… Et j’en oublie sûrement des bien meilleures.

« I had a dream », disait l’un. Auquel l’autre répondait « Yes we can »…

Mais oui ! Mais oui bien sûr !…

Bref… En terminant ce papier, je suis tombé sur un truc totalement ignoble.

Tout le monde connaît le ball-trap. Cette pratique à laquelle s’adonnent les chasseurs pour s’entrainer avant la saison de la chasse.

Au moyen d’un mini canon, vous balancez le plus loin en l’air une espèce d’assiette en argile. Et celui qui tire dedans a gagné le gros lot. C’est stupide, ce truc, mais ça les occupe, et pendant ce temps, ils ne tuent pas de piafs.

Sauf que certains humains sont très raffinés. Et qu’ils ont trouvé le moyen de remplacer le plateau d’argile par… des piafs justement. Ben oui, c’est nettement plus ressemblant avec la chasse !

Et je ne vous raconte pas la suite, c’est vraiment crado et à lire ici si vous êtes caillophiles.

Cette joyeuse pratique a lieu en Espagne, et il paraît que c’est tout ce qu’il y a d’officiel, avec fédération nationale, championnats, et tout le tra-la-la. Et dire que la Catalogne vient d’interdire la corrida !

Comme quoi l’humain…

Et pour le prochain prix Nobel de la paix. Tiens, pourquoi pas notre Vénéré (s’il ne prend pas d’ici-là un bateau pour Karachi) ? Bien oui, c’est-y pas génial son truc, aller faire la guerre en Libye pour y faire la paix ?

Dis la rose, c’est pour quand la révolution !

Publicités