Balade OGM ?

Posted on 26 septembre 2011

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Je m’en fiche de l’actualité aujourd’hui. Si vous êtes droitier, vous devez l’avoir plutôt morose (et sans jeu de mots). Et si vous êtes gaucher, vous devez l’avoir plutôt remontante, la rose, évidemment, ou piquante, pourquoi pas. Moi, je suis toujours heureux de voir mes rosiers refleurir, mais depuis que l’on nous a créé des rosiers sans odeur, ni saveur… Bref, je ne vais pas ultra gauchiser aujourd’hui. La « chambre des bouseux », comme l’on disait naguère, a viré rose bonbon. Ah que, j’en suis fort aise, et j’en cabriolerais presque de joie si… Bien ouais, si le rose n’était pas aussi terne…

Je suis donc allé me faire une petite balade hier, et…

Un petit déjeuner champêtre.

On commence par une terrine, quelques tranches de jambon cru, une salade de tomates et un melon, un peu de fromage, une bouteille de Bordeaux et des pèches pour finir.

Les petits oiseaux folâtrent, et les bourdons s’empiffrent du dernier pollen. Les petits lapins se cachent dans leurs trous pour préparer la prochaine génération, et les oies sont bien gardées. Pierrette s’en charge, merci pour elle.

Et mince, un chasseur déguisé en pécheur déboule près du lac et allume son transistor. Une donzelle déguisée en joueur de foot le suit, tiraillant un mouflet qui, visiblement, préférerait être devant la télé, tant il braille en un chinois totalement incompréhensible. La footeuse le gifle pour bien lui faire comprendre qu’elle est sa mère et le gosse redouble de criailleries. Bon, je me dis qu’elle va finir par le noyer et j’attaque la terrine quand même.

Zut ! C’est une terrine de lapin ! Et moi, je n’aime que les lapins en liberté qui n’aspirent qu’à faire prospérer l’espèce.

Et le môme n’est toujours pas noyé, alors j’ouvre le Bordeaux pour l’aérer un peu et j’attaque le jambon. Si tu ôtes le goût du sel, il n’a pas vraiment de goût ce jambon, pas beaucoup plus qu’un Paris-beurre noyé dans le beurre. La radio du pécheur pousse un rap à te faire vomir le ragoût de la semaine dernière et la footeuse vocifère :

« T’as vu ton gosse ! L’es aussi dégueulasse que toi, il pisse dans l’étang ! »

Et le chasseur s’en pète de rire :

« Bravo Lulu ! Tu vas appâter les perches ! »

Ils commencent à me la fatiguer, ces trois là, heureusement qu’ils ont oublié la grand-mère !

Ben non, justement, la grand mère arrive. Elle était juste partie chercher les fraises pour le dessert, et son caniche nain, perdu dans la forêt, à suivre la piste des lapins. Et il faut dire qu’elle vaut le coup, la grand-mère. J’en oublie presque que mon jambon à un goût de crabe et les tomates aucun goût du tout.

Elle porte un tablier bleu, blanc, rouge, un chapeau de paille et des chaussettes en tricoté façon maison. Le genre de truc auquel ils n’ont même pas pensé dans le Père Noël est une ordure. Et elle vocifère contre son caniche autant que la mère sur son mioche. Doit pas se marrer, le gendre pécheur, lorsqu’il retrouve son deux pièces à Pantin, après une journée de boulot, coincé entre la vieille, la baleine en short de rugby, le niare imbécile et le caniche.

Et justement, le caniche ! J’en étais sûr de celle-là. Il suffit que la vioque le lâche à nouveau pour qu’il me reluque méchamment les mollets et se jette sur mon jambon avarié. Saloperie de clebs !

Mais comme personne ne s’occupe de lui, ni de moi, je lui balance un coup de savate à lui faire descendre le dentier jusqu’aux couilles. Ils se plie en quatre, n’arrive même plus à faire ouah ouah, et j’en profite pour le balancer dans un coin du lac.

Le temps qu’ils le retrouvent, j’aurai fini mon pique nique, et serai tranquillement retourné sous la couette à imiter le lapin des forêts.

J’attaque le melon. Il doit être bon le Tarascon, parce qu’aussitôt tout un nid de frelons se jette dessus. Ce doit être des frelons asiatiques qui n’ont pas bouffé tous les jours, à voir comme ils lui tètent la peau. Raté pour le melon. Avec le fromage au moins, je me dis qu’il n’arrivera rien, et comme le Bordeaux est bien aéré, je m’en sers un verre…

Et merde, le cri de Rahan qui s’est coincé le doigt dans la porte des chiottes, Superman qui s’est frotté le bidule à la cryptonite, Ben Laden qui a raté les tours de New-York, ou pire, le Pape qui hulule aux fond des bois par une nuit de pleine lune…

Ben non, c’est juste la grand mère qui a perdu son clebs et vient de le retrouver, les yeux tout hagards, la langue pendouillante, pendu à l’hameçon de son pécheur de gendre. Et l’est même pas mort le cabot, c’est vachement résistant le caniche. Mais quand même dans un sale état.

Faut dire que mes savates, c’est des spéciales pour montagnard que j’ai acheté dans un dépôt de la légion étrangère, t’as pas intérêt de les prendre dans les burnes. Et l’est dans un tel état le caniche, que la famille remballe fissa la pèche à la ligne et tout le fourbi pour courir au village le plus proche à la recherche d’un vétérinaire.

Ouf ! Enfin tranquille ! Je vais pouvoir déguster mon verre de Bordeaux !

Ben non ! Ca se met à hurler pire que tout à l’heure, pire que la vieille et Jonnhy Halliday réunis en concert de rap… Dans leur hâte à sauver le caniche, ils ont oublié le mouflet près du lac. Et il vient d’y glisser justement, dans le lac, le morveux. Et ils ne lui ont pas appris à nager au club Dorothée !

Alors là, c’en est vraiment trop ! Pour un pique nique de merde, c’est vraiment un pique nique de merde ! Et tant pis pour les pèches, de toutes façons, comme les tomates, le jambon et même la terrine, ce devaient être des OGM. Je remonte sur mon Solex et file me vautrer sous la couette.

Quant au môme, il sera peut-être propre demain, s’ils arrivent à le retrouver.

Bon c’est quoi ce charibia ? Ben rien, je voulais seulement parler des OGM et de la méthode Ogino, mais je me suis perdu en route. Ce sera pour une autre fois.

Dis caniche, c’est pour quand la révolution !

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