Z’avez pas 42.700 milliards de dollars…

Posted on 14 novembre 2011

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Z’avez pas 42.700 milliards de dollars… pour m’acheter un sandouiche, s’iou plait ?

« Les revenus des plus riches ont augmenté de 9,7 % en 2010.
Le chiffre 9,7 %, c’est la croissance des revenus en 2010, des 11 millions d’individus les plus riches du monde, selon Capgemini et Merrill Lynch. Cette population cumule un patrimoine de 42.700 milliards de dollars. »

C’est un petit entrefilet que j’ai lu sur L’Express. Il semble tellement insignifiant qu’il tient en cinq lignes et a sans doute fait l’objet d’une traduction automatique, j’ai dû en rectifier les fautes d’orthographes.

Insignifiant, certes ! Mais lorsque l’on nous parle de rigueur… les petits chiffres sont parfois utiles !

14.300 milliards de dollars, c’est le chiffre auquel s’élève la dette américaine. 12.000 milliards de dollars, c’est celui de la dette publique japonaise. 1.600 milliards d’euros, c’est celui de la dette française. En Allemagne, il est de 2.000 milliards d’euros. Au Royaume-Uni, il est de 1.300 milliards d’euros…

Si j’additionne les dettes de ces cinq pays parmi les plus riches du monde, je suis encore loin des 42.700 milliards de dollars qui constituent le patrimoine des 11 millions de personnes les plus riches en ce même joli monde !

Et l’on se demande encore où chercher l’argent pour payer ces dettes publiques !

Dans les poches des pauvres ? Ou tout simplement là où se trouve le pognon : dans celles de ceux qui s’enrichissent en paupérisant le monde ?

Mouais… ! Je dois être très mal doué en capitalisme !

Dans Slate, j’ai lu un article assez édifiant sur l’avenir du monde intitulé,  » Faut-il choisir les espèces menacées à sauver ? »

Et c’est du genre sérieux l’article, une enquête menée auprès de 583 scientifiques sur le « triage » des espèces menacées à sauver ou non. Or, 60% de ces éminents savants sont d’accord pour le triage. En gros, cela signifie que si le panda des alpages est destiné à s’éteindre, autant le laisser crever selon eux, et s’occuper du destin de la chauve-souri des bocages qui, elle, a plus de chances de subsister.

Je l’avoue, cela me laisse un peu perplexe.

J’adore le cri perçant de la chauve-souri des bocages lorsqu’elle s’est perdue dans ma cuisine où j’ai malencontreusement enfermé ma chatte. Mais j’aime tout autant le ronron du panda des alpages lorsque je le caresse entre les oreilles.

Si je devais « trier » entre les deux, j’aurais beaucoup de mal à choisir. Même ma chatte ne s’y retrouve pas. Coincée dans ma cuisine en tête à tête avec la chauve-souri perdue, elles en ont pourtant longuement débattu. Au matin, je les ai retrouvées bien sagement endormies l’une contre l’autre. Elles m’avaient juste laissé un petit mot sur la table :

« Le triage ne passera pas ! »

Une belle leçon de capitalisme en somme !

P.S. Le joli graphique n’est pas une toile d’un peintre abstrait ayant forcé sur le cognac (ou d’un scientifique qui…), c’est un truc Gogole montrant l’état des dettes en nos jolis pays d’Europe. Comme quoi l’abstraction…

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Posted in: Les essentiels