Le degré zéro de la politique

Posted on 2 décembre 2011

1


Presque cinq ans de poilades avec la droite la plus stupide au monde. Et presque cinq ans de désopilade avec la gauche… la plus stupide au monde aussi ! Et nous atteignons aujourd’hui le presque point culminant, avec Babar versus Zorro monté sur talonnettes et son allié Bismarck ! Et six mois que cela va durer à nous faire avaler le clou que l’on enfonce le plus bas possible.

Tout cela pourquoi ? Dans six mois, sauf déferlante de la marine (fort possible, malheuresement), on prend les mêmes, on secoue vaguement la sauce, et l’on continue comme si de rien n’était. De toutes façons, on n’y peut rien, c’est la crise ! Et l’on ne touche surtout pas au système !

Ouais, il faut bien le dire, j’en ai raz-le-bol de cette politique qui n’est plus de la politique, même plus du cirque, mais rien d’autre qu’un déballage de n’importe quoi pour que pousse-toi de là que je m’y mette, et veille à me laisser la place bien chaude.

Il y a une expression que l’on n’emploie plus guère aujourd’hui, « foire d’empoigne », et pourtant, il traduirait bien le néant de l’arène politique actuelle (et même, parfois, si on la prend dans son sens premier*).

Babar, Flamby, capitaine de pédalo, et j’impasse sur les autres… N’importe quoi ! Tiens, pourquoi pas Tartiflette !

Je ne suis pas un fervent adepte de François Hollande et moins encore de son programme inexistant. Et si j’apprécie la raillerie, la moquerie, ou la dérision en tout genre… Au moins peut-on les manier avec humour, et sur un contenu, pas sur le contenant.

Que l’on raille l’accord aréviste (ou arriviste, c’est selon) entre le PS et EELV, certes ! Mais de se complaire, et surtout de penser que l’on fait de la haute politique, en traitant François Hollande (ou n’importe qui d’ailleurs) de Babar, de Flamby, ou autre, est aussi dérisoire que de se gausser de la taille de notre Vénéré ou de l’accent d’Eva Joly.

Il pourrait bien porter des talons aiguilles et se promener en jupette, notre Vénéré, que je n’en aurais rien à faire. Par contre, lorsqu’il nous explique que de vouloir sortir du nucléaire, c’est vouloir s’éclairer à la bougie ! Alors là oui ! Il y a matière à se gausser. On peut même lui demander à quoi elles lui servent, ses bougies, s’il ne s’éclaire pas avec.

Ou lorsque l’on compare son discours de « moralisation » du capitalisme version Toulon 2008, à celui totalement empêtré dans le capitalisme version Toulon 2011. Alors là oui ! Il y a de quoi se péter de rire. Même au JT de FranceSarkovision hier soir, il a fallu qu’ils se retiennent  pour ne pas rire ! Et la gauche, ben rien !

Ah si ! Le dernier truc, c’est de comparer la chancelière allemande à Bismarck ! Et de trouver ça drôle ! Dans un dessin de Plantu, de Chimulus, ou de Siné, peut-être serait-ce drôle. Mais dans la bouche d’un politicien, cela ne ressemble à rien d’autre qu’à une piqure de moustique.

Certes, l’on pourrait m’objecter que, comme beaucoup, je ne me suis pas privé de comparer le traitement de l’immigration par notre gouvernement à certaines méthodes de Vichy – et je le revendique. Mais de là à comparer Eric Besson, Brice Hortefeux ou Claude Guéant à René Bousquet, non !

Quant à Madame Merkel, si je n’apprécie en rien son ultra capitalisme, je ne vois pas en quoi sa politique s’apparente à l’expansionnisme de celle de Bismarck.

Aurait-elle le désir de réunifier l’Allemagne, bien non, c’est déjà fait ! Aurait-elle la secrète ambition de reconquérir l’Alsace et la Lorraine ? Mince alors, faut qu’on se dépêche de reconstruire la Ligne Maginot !

Et quant à l’argument d’Arnaud Montebourg nous expliquant que « La vieille politique d’expansion et de puissance dans l’ordre territorial s’est aujourd’hui portée sur le terrain de la domination économique. » Certes, c’est une lapalissade (comme le dit mon ami Marcel), mais il serait préférable de s’en prendre aux véritables acteurs de « la domination économique », dont madame Merkel n’est rien d’autre qu’un petit pion.

Bref, comme le dit Daniel Schneidermann, cette comparaison est tout simplement « stupide ».

Stupide, oui ! Mais comme Babar ou les talonnettes, bien révélatrice de cette politique de basse-cour qui s’est répandue de droite à gauche et qui si, comme on peut le penser, elle s’amplifie dans les six mois à venir, me fait vraiment craindre une déferlante de la marine. La marine d’ailleurs, qui nous voit déjà dans une « Europe à la schlague » !

Comme aurait pu le dire Audiard, cela hume un peu les tontons schlingueurs, « d’accord, je dis pas qu’à la fin de sa vie, Jo le Trembleur, il aurait pas un peu baissé… »

Mesdames, Messieurs les politiciens, reprenez-vous un peu si cela vous est encore possible, vous courrez à votre perte, et surtout… à la notre.

*Bon allez, « être de la foire d’empoigne », au XVIIIème siècle, cela signifiait « être porté aux attouchements avec les femmes ». En argot, « acheter à la foire d’empoigne » signifie « voler », et en ricain, « foire d’empoigne » se dit « rat race », en gros, il s’agit d’une course de rats. Mais rien à voir avec la politique, bien sûr.

P.S. En écrivant ce petit billet de mauvaise humeur, je n’avais pas lu l’édito publié par Patrick Besson dans Le Point « parodiant » l’accent d’Eva Joly, si tel avait été le cas, j’aurais aussi pu intituler mon billet, « le degré zéro du journalisme ».

Dis le rat, c’est pour quand…

Publicités
Posted in: Raz-le-bol